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Le haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi « invite les acteurs à nouer des partenariats et à se regrouper pour répondre aux appels à projets »

Le plan d’investissement dans les compétences (Pic) entre de plain-pied dans sa phase de déploiement. Le rythme s’accélère et l’année 2019 marquera une étape-clé dans sa mise en œuvre. Haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, Jean-Marie Marx fait le point, pour Le Quotidien de la formation, sur les avancées des appels à projets et la signature des pactes régionaux. Les candidatures aux programmes de ce grand plan d’investissement doté de 15 milliards d’euros sur cinq ans sont nombreuses. Mais les critères sont très sélectifs. «~Nous sommes exigeants dans l’examen des projets. L’objectif est d’impulser de nouvelles approches.~»

Par - Le 05 décembre 2018.

Le haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi ne s’en cache pas. Il veut faire du Pic un levier de transformation des dispositifs à destination des publics les plus éloignés de l’emploi. « Les programmes du Pic sont pluriannuels et évolutifs. Nous avons donc la durée pour engager les transformations. » Le caractère innovant des outils de pilotage et des parcours de formation est examiné de près par le jury des appels à projets constitué de quinze personnalités indépendantes.

Engagement financier des Régions

Les pactes régionaux qui mobilisent au total 52 % des crédits du Pic — 1,5 milliard d’euros en 2019 –, sont soumis à des conditions rigoureuses. Premier prérequis, les Régions s’engagent à maintenir leurs investissements sur le champ de la formation au niveau de ceux de 2017. « C’est le socle que nous avons défini. Le Pic est un financement additionnel et ne peut se substituer aux budgets existants », rappelle Jean-Marie Marx. On comprend qu’aucune dérogation n’est possible. Pour être éligibles, les pactes régionaux doivent également s’inscrire dans une démarche d’innovation. Les Régions sont ainsi appelées à construire leurs dispositifs en adéquation avec des compétences stratégiques identifiées par les entreprises locales. L’Occitanie s’est ainsi rapprochée de Microsoft pour développer un outil d’analyse des data. Autre sujet de transformation porté par le Pic, un process d’achat de formation plus souple autour de plateformes et une logique de parcours « sans couture ». « Nous enregistrons près de 80 % de taux de rupture entre la phase de remobilisation et l’action d’une formation certifiante. Nous devons mettre en place des outils comme les prépa-compétences et mieux gérer les départs suscités par une offre d’emploi. » Dans le cadre du Pic, les Régions devront expérimenter trois actions innovantes et partager leurs bonnes pratiques. Enfin, elles sont invitées à injecter dans leurs formations certifiantes des modules complémentaires afin de répondre aux évolutions rapides des compétences. À ce jour, les discussions ont abouti pour dix régions. Auvergne-Rhône-Alpes, Paca et la Corse les poursuivent encore.

Expérimentation

L’autre volet du Pic se déploie à travers une série d’appels à projets. Celui de l’analyse des compétences au niveau des branches avance bien. Vingt projets ont été retenus. Là aussi, il ne s’agit pas seulement de renforcer les moyens des observatoires. « Les métiers se transforment très vite. Il faut développer des analyses avancées des données en temps réel en élargissant les sources statistiques. Ce travail d’identification des compétences doit permettre de déployer rapidement sur le terrain des actions de formation ciblées », précise Jean-Marie Marx. Les trois autres programmes, le 100 % inclusion [Voir notre [article du 7 juin.[/footnote] — sur lequel dix projets ont déjà été retenus –, l’intégration professionnelle des réfugiés [Lire notre [article du 2 octobre.[/footnote] et la « prépa-apprentissage » [Lire notre [article du 11 octobre.[/footnote] encouragent des approches collaboratives. Les prépa-apprentissage prévues par la loi devraient profiter à 75 000 personnes les plus éloignées de l’emploi sur deux ans. « Nous invitons les acteurs à nouer des partenariats et à se regrouper pour répondre aux appels à projets. »

Évaluation

Un prochain chantier sera lancé autour du repérage des publics invisibles. « Les appels à projets sont permanents. Nous cherchons à évaluer pour adapter et améliorer les solutions en continu. » Cette exigence s’applique au Pic lui-même. L’impact de ses actions sera mesuré par un comité scientifique doté d’un budget de 18 millions d’euros. Il faudra du temps pour générer des résultats tangibles. Mais Jean-Marie Marx se montre confiant : « Nous avons avec le Pic une occasion exceptionnelle de dynamiser nos politiques d’emploi et d’insertion des publics invisibles, les plus éloignés du travail. »

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