L’objectif de former 2 millions de décrocheurs et de demandeurs d’emploi en 2022 sera atteint (Carine Seiler)

Malgré les effets de la crise sanitaire sur les parcours de formation et les perspectives d’emploi, le plan d’investissement dans les compétences (PIC) tient ses promesses. L’objectif de former deux millions de personnes – demandeurs d’emploi peu qualifiés et jeunes éloignés du marché du travail – sera atteint en 2022, selon le Haut-Commissariat aux compétences, qui a dressé un bilan provisoire lundi 12 avril.

Par - Le 13 avril 2021.

C’est l’effet le plus visible du plan d’investissement dans les compétences (PIC) : la barre du million de demandeurs d’emploi formés chaque année a été dépassée en 2019 et en 2020. Hormis en 2016, année marquée par les mesures exceptionnelles du plan « 500 000 formations », ce niveau n’avait jamais été atteint, la moyenne se situant aux alentours de 650 000 auparavant. En termes quantitatifs, le PIC déployé en 2018 par l’État pour « changer d’échelle » en matière de formation des personnes éloignées de l’emploi porte ses fruits.

Former deux millions de personnes en cinq ans

En trois ans, « un peu plus d’un million d’entrées en formation supplémentaires ont été financées grâce au PIC », indique Carine Seiler, haut-commissaire aux compétences, soit « un peu plus de la moitié de l’objectif fixé sur l’ensemble du quinquennat ». Au niveau financier, 7 milliards d’euros ont déjà été engagés depuis 2018 sur les 15 milliards planifiés sur cinq ans. Sur la base des prévisions faites pour 2021 et 2022 et au vu de la bonne dynamique enregistrée ces derniers mois (+41% d’entrées en formation par rapport au 1er trimestre 2020), l’objectif des deux millions de parcours supplémentaires financés sur cinq ans sera atteint, souligne Carine Seiler.

Priorité aux plus vulnérables

L’effet du PIC centré sur les demandeurs d’emploi peu qualifiés et les jeunes éloignés du marché du travail se mesure également au taux d’accès à la formation. En 2020, un chômeur sur six (16%) a bénéficié d’une formation contre un sur dix en 2015. Cette progression « ne se fait pas au détriment des publics les plus vulnérables », souligne Carine Seiler. Le taux d’accès à la formation des personnes peu qualifiées (niveau inférieur au bac) est quasiment identique à la moyenne des demandeurs d’emploi (15,5% en hausse de deux points en deux ans). Cet indicateur s’améliore aussi pour les jeunes (17%) et les bénéficiaires du RSA (24%, en hausse de 6,5 points en un an).

Des performances dégradées par la crise

A travers le financement d’appels à projets notamment, le PIC vise aussi à déployer des parcours plus adaptés aux profils des bénéficiaires et des besoins en recrutement pour garantir un retour à l’emploi rapide et durable. Des enjeux qualitatifs qui commençaient à se faire sentir jusqu’à ce que survienne la crise sanitaire. Le taux d’abandon en cours de parcours qui s’était amélioré en 2019 (7,7% contre 8,2% avant le PIC) s’est détérioré de près de deux points au cours des douze derniers mois. Même tendance pour le taux de réussite à la certification : il est passé de 81,8% à 76,3%. La dégradation du marché du travail a aussi eu un impact négatif sur le taux d’accès à l’emploi six mois après la formation. Cet indicateur qui était en progression jusqu’à mars 2020 (57,6% contre 56,1% avant le PIC) est passé à 50,8% depuis la crise sanitaire.

Former aux métiers de demain

Ces difficultés ne doivent pas remettre en question les efforts de formation. Au contraire. « C’est le moment de préparer les actifs privés d’emploi aux métiers de demain », souligne Carine Seiler, pour qu’au moment de la reprise, « on puisse sans attendre disposer des compétences dont notre économie a besoin. » Orienter les bénéficiaires vers des emplois d’avenir : c’est déjà un des enjeux du PIC. En trois ans, les entrées en formation ont ainsi augmenté de 70% dans le domaine du numérique et de 18% dans les secteurs stratégiques de l’industrie. Cette adéquation aux enjeux de demain devrait s’accentuer avec les moyens supplémentaires alloués à la formation dans le cadre de France Relance et l’adaptation des priorités des pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric). « Le PIC a vocation à être un outil de la sortie de crise », souligne Thomas Audigé, directeur de cabinet de la ministre du Travail.

 


Depuis 2019, plus d’un million de personnes en recherche d’emploi formées chaque année avec l’appui du PIC.

Depuis son lancement en 2018, le PIC a déjà permis de financer un million d’entrées en formation supplémentaires. L’objectif des 2 millions sera atteint et même dépassé avec les formations additionnelles financées dans le cadre du plan de relance.

Source : Haut-Commissariat aux compétences (avril 2021).

Plan d’investissement dans les compétences : le bilan détaillé publié par le ministère du Travail

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