Grand oral des candidats au Cnam - Catherine Fabre, députée de Gironde, et maître de conférences en gestion des ressources humaines ; et Jean-Claude Bellanger, secrétaire général ·des Compagnons du Devoir et du Tour de France.

Grand oral des candidats au Cnam – Catherine Fabre, députée de Gironde, et maître de conférences en gestion des ressources humaines ; et Jean-Claude Bellanger, secrétaire général ·des Compagnons du Devoir et du Tour de France.

Grand oral des candidats : la compétence, grande cause nationale ?

Convoqués à un grand oral sur la « compétence, grande cause nationale » par les Acteurs de la compétence, le Cnam et CCI France, les représentants des candidats à l’élection présidentielle ont présenté leurs propositions en matière de formation, avec en filigrane une certaine vision de la société.

Par - Le 10 mars 2022.

En partenariat avec le média Loopsider [ 1 ]Revoir le débat. Cinq représentants ont accepté de présenter les propositions de leur candidat pour ce grand oral. Dans l’ordre : Damien Abad (LR), Françoise Baran (PCF), Julie Garnier et Hadrien Couet (LFI) Catherine Fabre et Jean-Claude Bellanger (LaRem), Jean-Frédéric Poisson (Reconquête)., ce grand oral débute par une question iconoclaste : la compétence du candidat pour exercer la fonction… Damien Abad, député de l’Ain et conseiller éducation de Valérie Pécresse, estime qu’en tant que présidente de la plus grande région de France, sa candidate connait très bien le sujet. Elle souhaite d’ailleurs redonner aux régions le pilotage de la formation « pour être au plus des métiers, des qualifications et des emplois d’avenir, et renforcer le lien entre le territoire, l’enseignement et le monde économique » (lire notre article).

La France de Valérie Pécresse sera celle de la « méritocratie républicaine », où l’on donnera « sa chance à ceux qui ont envie de réussir ». Notant la persistance de deux angles morts, sur la question de la reconversion professionnelle et l’accès à la formation pour les demandeurs d’emploi, Damien Abad évoque un Grand plan sur la formation, avec une vision pour le quinquennat et des aides aux entreprises par des crédits d’impôt ou des réductions de charges. Une demande des Acteurs de la compétence, à laquelle accède également Jean-Frédéric Poisson, représentant Éric Zemmour.

Un tiers de la vie professionnelle en formation

Pour Florence Baran, représentante de Fabien Roussel (PCF), c’est l’État qui reprend la main, via la création d’un grand service public de l’emploi et de l’orientation, visant à éradiquer le chômage et à « réorienter la formation pour que l’humain soit dans une dignité au travail ». Remettant les qualifications au cœur du système éducatif, supprimant le compte personnel de formation, le PCF souhaite que les salariés passent le tiers de leur vie en formation : un tiers des salariés en formation étant remplacés par un tiers des salariés formés. Un système de vase communicant pour assurer le plein emploi, étayé par des conventions tripartites État, salariés, employeurs. Une cotisation sociale supplémentaire est imaginée, qui devrait rapporter 540 milliards d’euros pendant le quinquennat.

Les jeunes et l’apprentissage

Surfant sur le grand succès de l’apprentissage pendant le quinquennat, Catherine Fabre, rapporteure de la loi de 2018, a indiqué que la prochaine préoccupation de LaRem était l’aboutissement de la réforme du bac professionnel, qui offre moins d’insertion (35 %) que l’apprentissage (65 %). Jean-Claude Bellanger, ancien secrétaire général des Compagnons du devoir et « relais société civile sur les sujets d’enseignement professionnel et apprentissage », a soumis l’idée d’une forme d’alternance pour les jeunes en lycée pro, afin de répondre à l’enjeu de l’employabilité.

En lien avec une réforme de l’orientation, des découvertes des métiers « pour qu’il n’y ait plus un jeune qui soit orienté par défaut », les propositions de LaRem sont focalisées sur la jeunesse. « Nous sommes résolus à soutenir les financements pour l’apprentissage, a souligné Catherine Fabre, c’est une bonne dépense, un investissement pour l’avenir. »

L’orientation

Jean-Frédéric Poisson, porte-parole d’Éric Zemmour, a indiqué vouloir créer une « meilleure articulation entre la formation initiale et les débouchés professionnels » et pour cela « reconnaître la différence de talents ». Le nouveau système éducatif signe la fin du collège unique et l’orientation précoce pour ceux qui n’ont pas vocation à intégrer l’enseignement supérieur… Jean-Frédéric Poisson plaide également pour plus de liens entre les entreprises et l’enseignement, afin de rendre certains métiers plus attractifs.

Pour financer la formation, Reconquête n’exclut pas une plus grande contribution des pouvoirs publics mais met fin à une « logique de guichet ouvert et d’individualisation de la formation ». Il s’agirait de mieux flécher les crédits selon les impératifs de l’entreprise, de « sérier de manière plus opérative » les formations utiles. L’idée de planifier n’effraie pas le parti d’extrême-droite, qui donnerait une part plus grande aux acteurs privés (branches, entreprises, voire salariés eux-mêmes).

Filières d’avenir ?

La perte de souveraineté a été révélée lors de la crise sanitaire, et à nouveau avec le conflit en Ukraine. Ce défi de reconquête a inspiré les représentants des candidats, questionnés sur trois filières d’avenir à soutenir. Presque tous ont cité l’industrie, l’agroalimentaire et l’industrie pharmaceutique, LaRem insistant de son côté sur les métiers du soin à la personne, en lien avec un plan d’attractivité des métiers lancé par le gouvernement, le BTP et une filière à créer autour des « métiers au service des personnes et des structures » (sécurité, ménage, restauration rapide).

Notes   [ + ]

1. Revoir le débat. Cinq représentants ont accepté de présenter les propositions de leur candidat pour ce grand oral. Dans l’ordre : Damien Abad (LR), Françoise Baran (PCF), Julie Garnier et Hadrien Couet (LFI) Catherine Fabre et Jean-Claude Bellanger (LaRem), Jean-Frédéric Poisson (Reconquête).

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