Quels abondements pour développer le compte personnel de formation ?

Les branches de l’agriculture et de la santé ont témoigné de l’intérêt des abondements au compte personnel de formation, lors d’une matinée Afref, jeudi 24 novembre.

Par - Le 25 novembre 2022.

« Le permis de conduire est la formation la plus demandée via le CPF », note Philippe Brivet, adjoint de Laurent Durain, directeur de la formation professionnelle à la Caisse des dépôts et consignations, opérateur du CPF, lors d’une matinée Afref le 24 novembre. « Cela a-t-il du sens ? Il revient à l’État de dire ce qui a du sens. Le permis est un outil indirect d’obtenir un emploi. On peut penser que le développement des abondements au CPF, par les entreprises et les branches, augmentera les CPF sur formations techniques et professionnalisantes ».

Métiers en tension

L’exemple développé par Clarisse Lesalle, cheffe de projet certification à la direction des politiques de branches d’Ocapiat (opérateur de compétences pour la coopération agricole, l’agriculture, la pêche, l’industrie agroalimentaire et les territoires) va dans ce sens. Les branches d’Ocapiat ont été parmi les premières à signer un accord d’abondement du CPF. En fait, deux types d’abondement : un sur le légal des moins de 50 salariés, et un sur le conventionnel de la branche du secteur alimentaire pour préparer les emplois d’avenir. La disponibilité financière créée est d’environ 7,5 millions d’euros. 187 formations ou titres sont concernés. Le fonctionnement de ces abondements via la Caisse des dépôts et consignations est réellement opérationnel depuis le 7 juillet 2021. A fin 2022, 3000 CPF ont ainsi été abondés, pour un coût moyen de 2300 euros. « Ces CPF portent plutôt sur des formations coeur de métier en tension, principalement sur temps de travail, car nécessitant beaucoup de mise en pratique en entreprise, analyse Clarisse Lesalle. L’avenir du CPF passe par les abondements et un nouveau dialogue sur la formation dans entreprises ».

Co-construction du financement

Le témoignage d’Alexandre Le barbet, président du collège salarié de la CPNE-FP de la branche 3SMS (sanitaire et social, médico-social privé à but non lucratif), est assez similaire. Un accord de branche a été finalisé en 2021 définissant une capacité d’abondement CPF de 3,5 millions d’euros. Il se déclenche si la personne a au moins 500 euros sur son CPF, et prend 100% du reste à charge, plafonné à 2000 euros ou 3000 euros pour les niveaux bac et infra bac. Les certifications prioritaires sont celles de la liste Pro-A de la branche, plus les certifications sorties par le législateur de cette liste Pro-A jugées trop chères. A ce jour, 500 abondements ont été attribués.

La fin du CIF, perte immense

« Nous sommes dans une logique de co-construction du financement avec le PDC (plan de développement des compétences) des entreprises, les régions…, explique Alexandre Le Barbet. Néanmoins, le CPF, même abondé, ne suffira pas à assurer les formations qualifiantes d’infirmière qui coûtent 143000 euros. La fin du CIF et de notre Opacif est pour notre secteur une perte immense. Le CPF sera à peine un palliatif au CIF pour nos branches. Il est loin d’être alpha et oméga du financement. De plus, le législateur nous a mis dans le pot commun des Transitions pro : 1 infirmier c’est 8 maçons, nous répond-on. Donc, nos métiers ne sont pas accessibles via un projet de transition professionnelle ».

 

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