Formation : d’un système fermé à un système ouvert

Par - Le 24 janvier 2008.

Lors de sa conférence inaugurale, François-Marie Gérard a proposé une modélisation du système de formation.

La conception de la formation continue professionnelle a fortement évolué, estime-t-il, passant d’un système fermé (on forme pour former) à un système ouvert à son environnement (on forme pour répondre aux besoins de la société et de ses membres, on forme pour investir). Les modes de mise en œuvre d’un système de formation continue étant multiples, des outils sont nécessaires pour caractériser les actions et les systèmes de formation. Et il propose une modélisation de la formation continue, à partir de quatre aspects complémentaires qui répondent aux quatre questions fondamentales suivantes.

« Pour quoi la formation continue ? » Ce sont ses différentes fonctions : professionnalisation ; adaptation professionnelle ; engagement professionnel ; régulation socio-professionnelle. « Comment la formation continue ? ». La réponse correspond à deux logiques d’organisation du système, centralisatrice ou décentralisatrice. « Avec qui la formation continue ? », c’est-à-dire les différentes postures qu’on adopte dans le système de formation ou, en relation avec le type d’institution impliquée dans ce système : celle de formation, de production, d’analyse, de gestion. Enfin, « sur quelle base la formation continue ? ». Il s’agit des référents sur lesquels on s’appuie pour élaborer le système et les actions de formation ou l’analyse des besoins comme, par exemple, les référentiels de compétences.

Les caractéristiques de chacun de ces aspects permettent d’analyser un système de formation continue, mais entraînent aussi des implications concrètes concernant les différents éléments de la mise en place d’un tel système au sein d’une organisation : lieux de formation, méthodes, accompagnement, analyse des besoins, évaluation du système, communication, gestion de l’offre et de la demande, etc.
L’efficacité de la formation n’aura pas le même sens selon qu’on se positionne dans l’une ou l’autre des modalités des différentes dimensions.

[(Les acteurs de la formation se préoccupent-ils de son efficacité ?

S’appuyant sur les résultats d’une enquête réalisée en 2003 par l’Agefos-PME Picardie, auprès d’entreprises et d’organismes de formation, François-Marie Gérard, estime que si beaucoup considèrent la formation comme un investissement, peu se préoccupent réellement du « retour d’investissement ». Tout se passe, constate-t-il, comme si tout le monde avait conscience de l’importance et de la nécessité de l’investissement formation, mais que la mise en œuvre de moyens opérationnels pour estimer le retour d’investissement n’est pas réalisée, soit parce que les outils à utiliser n’existent pas, soit parce que chacun pense que c’est l’autre qui va réaliser cette évaluation, soit parce qu’il est supposé qu’il va de soi que l’investissement en formation est inévitablement suivi d’un retour, soit enfin, parce que – même s’il n’y avait pas de retour d’investissement – cela ne changerait rien à la nécessité de former. L’efficacité serait donc bien soluble dans la formation : elle est importante, mais il ne serait pas nécessaire de la voir !
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