Quelle place pour l’éducation face à la crise mondiale ?

Par - Le 30 octobre 2008.

« Nous sommes dans une période de crise financière qui ne va pas faciliter bon nombre d’actions des gouvernements et des ONG » a prévenu Barbara Ischinger, directrice de l’éducation à l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en introduisant les travaux du 1er forum mondial de l’éducation et de la formation tout au long de la vie le 29 octobre.

Pourtant, « on trouve dans l’éducation des avantages économiques autant matériels qu’immatériels, » comme l’a souligné Nicholas Burnett, sous directeur général de l’Unesco pour l’Éducation en ajoutant qu’ « il est important de souligner le rôle de l’éducation et son apport au développement économique et au développement durable » Il est crucial, dans le contexte socioéconomique actuel, d’organiser l’éducation et la formation tout au long de la vie. Pour lui, elles doivent se préoccuper de l’ensemble des concitoyens. Le monde globalisé et interdépendant se caractérise par des inégalités : « les écarts se sont élargis et avec les changements économiques, le risque de se retrouver exclu augmente : d’où l’importance de l’éducation pour aider à trouver du travail sur le marché du travail. » a-t-il prévenu.

Or, dans le contexte actuel, il y a un risque que les gouvernements fassent des choix : « reporter les budgets de l’éducation c’est hypothéquer le futur de ces populations (…) et il faut continuer l’effort de formation pour ne pas les marginaliser plus. » a soutenu Nicholas Burnett. Il a cité des chiffres accablants : 10% des enfants en âge de scolarité ne vont pas à l’école et un adulte sur cinq est analphabète étant, de ce fait, exclu de la vie de la société.

Seule l’éducation peut contribuer à réduire ces écarts : « l’éducation n’est pas un luxe » a-t-il affirmé « et un pays ne pourra être compétitif sans elle. Le corollaire est qu’il faut une politique d’éducation pour tous, accessible à tous » Ce qui représente un changement fondamental dans la façon dont les pays abordent cette question.

Il préconise que l’éducation de base soit accessible à tous et qu’elle commence tôt, l’éducation et a formation tout au long de la vie démarrant dès la petite enfance. Il plaide pour la qualité de l’éducation, le fait d’aller à l’école ne suffisant pas car certains enfant quittent l’école ne sachant ni lire, ni écrire. Autre objectif à fixer à l’éducation : « évoluer vers des systèmes plus ouverts, plus flexibles » Les politiques nationales doivent certes répondre aux besoins nationaux, mais aussi aux défis globaux. Cette flexibilité doit permettre à un adulte de changer de vie pour suivre un cursus éducatif et augmenter ses compétences : « c’est une seconde chance qui ne doit pas être une opportunité de deuxième zone » a-t-il estimé. L’apprentissage tout au long de la vie doit encourager les apprentissages formels, non formels et informels à tous les niveaux.

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