Le Cif, vecteur des transitions professionnelles

Par - Le 10 septembre 2010.

Avec la parution de l’étude “Les parcours de transition professionnelle des salariés”, établie de 2007 à 2010 par l’Observatoire des transitions professionnelles des Fongecif, on dispose désormais d’un document chiffré sur la portée du congé individuel de formation.

Débutée en 2007, cette étude dirigée par Marie-Odile Lenhardt, directrice du Fongecif Alsace, Renée Husson, directrice du Fongecif Rhône-Alpes, et Dominique Crochu, directeur du Fongecif Bretagne, concernait 5 596 salariés, répartis dans les trois régions concernées. L’objectif de l’étude était d’identifier les parcours les plus couramment constatés par les Fongecif.

Le métier d’origine des salariés concernés a été sélectionné comme point de départ. Si l’étude portait sur 99 domaines professionnels différents, près de 46 % des salariés interrogés (soit 2 601  personnes) n’appartenaient qu’à 13 familles de métiers (voir encadré). Même si le poids de chacune de ces professions est différent d’une région à l’autre (à titre d’exemple, les métiers de l’informatique ne représentent que 2 % du panel breton, contre 5 % en Rhône-Alpes, du fait, notamment de la présence du technopôle grenoblois), aucune disparité réellement notable ne transparaît des résultats de l’enquête.

Transport, santé et bâtiment : les choix prioritaires

À l’observation des formations choisies au titre du Cif, trois domaines professionnels se taillent la “part du lion”. Ainsi, 25 % des demandes portent sur des formations liées au transport, à la manutention et au magasinage (au sein de cet échantillon, près de 65 % des salariés en formation effectuent un apprentissage de conducteur routier), 17 % concernent les domaines de la santé et du travail social (où le métier d’aide-soignant est plébiscité par 39 % des salariés en Cif) et 10 % le bâtiment (le métier d’installateur sanitaire et thermique concerne 33 % des stagiaires). Quant aux autres formations, elles concernent, ex-aequo, l’enseignement, la formation et l’animation, ou les autres spécialités d’échanges et de gestion, à hauteur de 6 % chacune. En queue de peloton, se trouvent des formations ne connaissant que peu de demandes, comme l’accueil, l’hôtellerie et le tourisme (1 %), les technologies industrielles (1 % également) et, plus étonnant en cette époque où le développement durable et la consommation d’énergie “éco-responsable” ont le vent en poupe, les formations dans le domaine de l’énergie et du génie climatique ne sont suivies que par 1 % du panel.

Niveaux de formation et différences selon le genre

Il ressort également de cette étude que les salariés les moins diplômés sont ceux qui diversifient le moins leurs choix de formation. Ainsi, les niveaux infra V choisissent à 36 % de se former dans le domaine du transport, 15 % dans le secteur de la santé et du travail social et 11 % dans le bâtiment. À l’inverse, 26 % des salariés de niveau III choisissent de suivre des apprentissages dans le domaine de la comptabilité et de la gestion, 9 % dans celui de l’enseignement et 7 % dans l’informatique. Ils sont également 6 % à faire le choix d’une formation liée au développement personnel, domaine totalement absent chez les salariés dont le niveau de qualification est en deçà du niveau V. L’étude montre également que les femmes font des choix de formation moins uniformes que les hommes : 57 % d’entre elles privilégient quatre domaines d’apprentissage (transport, bâtiment, santé, mécanique), là où 55 % des hommes se concentrent sur seulement deux (transport, santé).

Les motivations de la seconde carrière

La reconversion dans un domaine éloigné de son métier d’origine est motivée par de multiples raisons : un premier travail purement “alimentaire” ne correspondant plus aux aspirations du salarié, des difficultés de santé obligeant la reconversion, une lassitude croissante face aux conditions de travail, etc. Pour les vendeurs, télévendeurs, caissiers et personnels de cuisine, la première motivation du changement de profession est généralement le rejet du métier de départ. En ce qui concerne les vendeurs souhaitant entamer une deuxième carrière, 20 % se tournent vers les métiers de la santé et du travail social, 16 % vers l’esthétique et la coiffure et 14 % dans le domaine de la gestion et de la comptabilité. Les ouvriers de l’industrie agroalimentaire plébiscitent eux aussi la santé et le domaine social lors de leurs reconversions (26 %), mais, poussés par leurs faibles qualifications de départ, se tournent aussi vers le transport (17 %), le bâtiment (13 %) ou l’agroalimentaire (8 %).

L’enquête révèle qu’il faut en moyenne quatorze ans à un salarié avant qu’il n’envisage de quitter son premier emploi en vue pour changer de carrière. Cependant,  si les personnels de cuisine et les serveurs ne conservent leur emploi durablement que dans 11 % des cas, ceux exerçant d’autres  métiers plus “impliquants”, comme celui d’auxiliaire de vie, poursuivent leur carrière initiale pendant seize ans en moyenne.

Des accompagnements adaptés

Avant d’entrer en Cif proprement dit, le Fongecif accompagne le salarié lors de la mise en place de son projet de formation pendant un certain nombre de mois, en fonction du niveau de qualification de ce dernier. Ainsi, pour les niveaux III et plus, il se passe environ dix mois entre le premier contact avec le Fongecif et l’entrée en Cif. Cette durée s’élève à près de treize mois pour les niveaux V, mais seulement douze pour les niveaux infra V. Les salariés qui s’éloignent radicalement de leur métier d’origine mettent davantage de temps à entrer en formation. À titre d’exemple, les chauffeurs sont accompagnés pendant neuf mois par le Fongecif là où un ouvrier de l’agroalimentaire connaîtra une période de quinze mois avant d’être “mûr” pour son apprentissage. En règle générale, plus le choix de reconversion est éloigné du métier de départ et plus le temps d’élaboration du projet sera long. Afin de faciliter la mobilité, le Fongecif recommande l’instauration de bilans de compétences, ainsi que d’étapes préalables (acquises, par exemple, au titre de la VAE) avant l’entrée en formation proprement dite.

Les effets du Cif

Selon les résultats publiés par l’observatoire des transitions professionnelles, 89 % des salariés ayant suivi une formation par le biais d’un Cif ont obtenu leur diplôme. 65 % changent de métier ou d’entreprise moins de six mois après leur sortie de formation (là encore, des disparités sont constatées en fonction des métiers choisis). Dans la même proportion, 65 % des salariés trouvent, par la suite, un emploi en lien avec la formation suivie, ce qui tend à prouver qu’en dépit de la crainte très légitime que peut susciter l’idée d’un changement de carrière à “180°”, l’assistance du Fongecif et les dispositifs prévus dans le cadre du congé individuel de formation sont souvent de bonnes garanties de reconversions réussies.

Sites des Fongecif de l’étude
Alsace
Bretagne
Rhône-Alpes_

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