L’actualité de l’évaluation des politiques d’emploi et de formation

Par - Le 17 février 2011.

Evaluer. Tout le monde est persuadé que c’est important et utile. Mais comment, avec quels moyens, pour quelle utilisation et quelle diffusion des résultats ? Ces questions ont nourri des échanges lors du colloque [ 1 ]Colloque intitulé « L’actualité de l’évaluation des politiques d’emploi et de formation », organisé le 11 février 2011 par l’université Rennes 1 (Yves Raoul, Professeur associé) en partenariat avec Centre Inffo, le Cereq, la CFDT, le Medef, le CREM (Centre de Recherche en Économie et Management), la Société française d’évaluation et le CNFPTLV. organisé le 11 février 2011 par l’université Rennes 1.

Le gouvernement ouvre la voie avec l’intégration de l’évaluation dans le processus de la décision publique. La loi du 24 novembre 2009 sur l’orientation et la formation tout au long de la vie a prévu de nombreuses évaluations, souligne Maurice Baslé, Vice-président de l’université de Rennes, en introduction du colloque. A la tribune, un large panel d’acteurs de la formation et de l’emploi impliqués dans l’évaluation : Régions, Opca, partenaires sociaux, Pôle emploi. Des théoriciens et des consultants spécialisés dans l’évaluation. Et aussi le CNFPTLV, chargé d’un « rôle gigantesque » d’évaluation par la loi de 2009.

Parmi les premiers points abordés, les moyens consacrés à l’évaluation. Patrice Braconnier, Professeur associé de l’Université de Poitiers (Faculté de Droit et des Sciences Sociales) indique que les budgets moyens dépassent rarement en France le 1 % (certains estiment même 0,1 %) des dépenses publiques engagées par les programmes évalués. Par comparaison, en Suisse, Grande-Bretagne ou Australie, 8 % du montant des programmes sont affectés obligatoirement à leur évaluation. Et pourtant, selon lui, le retour sur investissement des dépenses d’audit et d’évaluation serait de l’ordre de 6 à 7 fois les sommes allouées. Et

Jean-Louis Dayan, chargé de mission au Centre d’analyse stratégique, relève « qu’il y a contradiction aujourd’hui entre la demande d’évaluation et les ressources qui lui sont affectées ». « La loi de 2009 est emblématique de ce point de vue », estime-t-il.

Le point de vue des Régions et des partenaires sociaux

« Le quantitatif n’est pas suffisant il faut aller plus loin ! », déclare d’emblée Jean-Paul Denanot, président du Conseil régional du Limousin et président de la Commission Formation de l’Association des Régions de France (ARF). Il précise les principes qui guident l’évaluation dans sa région. Premier principe, l’évaluateur doit être indépendant du commanditaire. Deuxième point, la commande doit être claire : qu’évalue-t-on et pourquoi ?

Le Conseil régional du Limousin finance des évaluations systématiques parce que « toute évaluation permet d’avancer, c’est un investissement pour orienter de façon plus efficiente les politiques publiques ». Et les résultats, communiqués en séance publique, sont toujours diffusés.

Jean-Paul Denanot cite l’exemple d’une évaluation menée par son Conseil régional sur l’impact des aides régionales aux entreprises pour favoriser l’emploi. Deux groupes ont été comparés : le premier constitué de celles qui avaient reçu une aide et le second de celles qui n’en n’avaient pas bénéficié. L’évaluation réalisée par l’Insee a montré que le premier groupe affichait 20 % d’emplois supplémentaires par rapport au deuxième.
Par ailleurs, il regrette la coordination insuffisante entre Pôle emploi et les Régions : « Il faut reprendre le dialogue mais la loi aurait dû le prévoir ».

Marie-Pierre Sinou (CFDT), présidente de la Commission Formation au CESR Bretagne) regrette que les évaluations de la formation soient calquées sur celles des services marchands, donc d’abord comptables. Quant à François Falise (Medef), responsable Formation à la Fédération française du bâtiment , il rappelle que le Medef encourage l’évaluation depuis 1980 dans l’objectif d’optimiser les ressources des politiques publiques. Mais il alerte sur le recours à des indicateurs trop simples. Et il cite l’exemple des GEIQ qui accueillent des publics en difficulté : si l’indicateur est la réussite à l’examen, on peut penser que l’insertion est un échec mais si on considère l’insertion dans l’emploi, on obtient alors un résultat positif.
Les deux représentants des partenaires sociaux se rejoignent sur l’importance du temps nécessaire à l’évaluation.

Notes   [ + ]

1. Colloque intitulé « L’actualité de l’évaluation des politiques d’emploi et de formation », organisé le 11 février 2011 par l’université Rennes 1 (Yves Raoul, Professeur associé) en partenariat avec Centre Inffo, le Cereq, la CFDT, le Medef, le CREM (Centre de Recherche en Économie et Management), la Société française d’évaluation et le CNFPTLV.

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