L’expérience des organismes de formation dans le domaine de la RSE mérite de servir à tous

Par - Le 23 novembre 2011.

Quelles relations y a-t-il entre la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la formation ? Sont-elles évidentes comme dans d’autres domaines ? Comment la RSE est-elle prises en compte au sein des organismes de formation, tant dans leur fonctionnement que dans leurs offres ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles des spécialistes de la RSE et de la formation continue ont tenté de répondre lors de la Matinée de réflexion et de débats organisée, ce mardi 22 novembre, autour du numéro hors série Afpa/Éducation permanente en partenariat avec le Cnam.

En effet, l’engagement des organismes de formation dans la problématique de la RSE (ou, comme le préfère certains, le développement durable) n’est pas récent. Ainsi, par exemple, témoigne Bruno Lebatteux, des actions de formation ont été initiées par le réseau des centres de formation et de promotion agricole de Rhône-Alpes, dont il est le délégué régional, pour « aider les agriculteurs au développement durable en matière de fertilisation ». Même si les résultats attendus n’étaient pas satisfaisants, il y a lieu de reconnaître qu’il y a une trentaine d’années, les acteurs de la formation du secteur étaient « déjà engagés dans cette dynamique ». De même, la CCI Paris, via ses grandes écoles Négocia et Advancia, a mis en place, « il y a quelques années », notamment, une formation pour le traitement de déchets impliquant plusieurs parties prenantes. Cette initiative « nous a conduit à comprendre la nécessité d’apprendre à dialoguer avec l’ensemble des acteurs, et de prendre en compte les variables économiques, sociales et environnementales », précise Denis Cristol, responsable de la formation continue de Novancia (nouvelle dénomination issue du regroupement des deux écoles). L’Éducation nationale non plus n’a pas attendu 2011 pour se lancer dans la « mode la RSE ou du développement durable ». Comme l’explique Jean-Michel Dupont, chargé de mission développement durable au bureau de la FPC du Ministère de l’Éducation nationale, « nous avons cherché à aborder la question de la RSE de façon transversale à travers la certification, l’offre de formation, les contenus de formation ou formateur ».

Du côté de l’Afpa, premier organisme de formation professionnelle des adultes, les questions de développement durable en formation ont été lancées dans le cadre de réflexions sur l’impact de l’utilisation du matériel (notamment de la colle) dans la pose de carrelage dans le bâtiment, le poussant a s’« interroger sur [ses] pratiques en ingénierie de formation pour trouver une démarche qui permette de proposer des formation sur des matériaux respectueux de l’environnement » et étendue à l’ensemble de son offre, a indiqué Djamila Slimani, directrice adjointe de l’Afpa. Engagé également depuis plusieurs années dans la démarche RSE, Démos, se devait de réfléchir à « comment utiliser le matériel servant aux actions de formation (par exemple le papier) dans un souci de développement durable », précise Denis Reymond , responsable du développement au sein du groupe de formation.

La démarche de développement durable dans la formation ne concerna pas que la conception des actions de formation (en partenariat intelligente avec l’ensemble des parties prenantes, c’est-à-dire, les financeurs, les commanditaires et les stagiaires). Au sein des organismes de formation, il faut impulser une conviction et une dynamique qui permettent à l’ensemble des salariés de comprendre et prendre la mesure des enjeux aujourd’hui de cette problématique. Ainsi, par exemple, chez Démos, et dans un souci de gestion de son « bilan carbone », on encourage le recours à la clé USB dans le cadre des supports de formation (au lieu du papier systématiquement), du papier recyclé (notamment pour le catalogue de formation, qui fait des centaine de pages), ou des « congés solidaires » (permettant au personnel d’aider des communautés de pays en difficulté dans la réalisation de certains projets de développement).

Pour Paul Santelmann, qui se réjouit de ce que la question de la RSE oblige les acteurs publics à associer les organismes de formation, longtemps écartés dans cette démarche, la question est de savoir « de quelle façon l’offre de formation de demain pourrait interagir avec les besoins et les transformations de l’entreprise ». Il s’agit, selon lui, comme le disait Bertrand Schwartz, de « moderniser sans exclure ». Donc, pour tous, de réfléchir à une synergie qui permette de « comprendre ce qui se passe dans le monde de l’entreprise » et de trouver les moyens de « participer efficacement à leur modernisation ». Car, soutient-il, les organismes de formation ont une expérience du contact direct avec les vrais acteurs du développement durable que sont les stagiaires (parce que proches des réalités), qui devrait servir dans la construction d’une économie moderne.

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