Pour l’agence Défense Mobilité, la reconversion des militaires passe par la VAE

Par - Le 11 mars 2011.

Quatrième intervenant de la rencontre organisée par l’Afref et le master Atoge de l’Université de Paris-Nanterre(voir article, le colonel Serge Mear, chef du Bureau de la formation et de la reconversion au Ministère de la Défense, a exposé les dispositifs de réorientation des militaires vers l’emploi public ou privé.

L’agence Défense Mobilité est la structure de reconversion des militaires en fin de carrière souhaitant intégrer le secteur public et le secteur privé. Depuis sa création en 2009, elle prend en charge les ressortissants des trois branches de l’armée : armée de terre, marine nationale et gendarmerie. Serge Mear rappelle que chaque année, quelque 30 000 militaires quittent les armées et que celles-ci comptent environ 65 % de contractuels, c’est-à-dire de personnes recrutées pour une durée plus ou moins longue, qui devront réintégrer le monde professionnel civil à terme. Les armées mobilisent une population jeune et propose majoritairement des carrières courtes.

La drastique réduction des personnels découlant de la Révision générale des politiques publiques (-54 000 employés du ministère de la Défense pour la période 2009-2014) a entraîné la mise en place d’objectifs chiffrés d’accompagnement des militaires, outre la suppression de certains métiers ou l’externalisation d’autres. Des accords de reclassement vers les secteurs privé et public existent pour les ressortissants de la Défense. Il est à noter que l’agence s’occupe également des conjoints de ces derniers.

L’agence est organisée en dix pôles territoriaux, chacun comptant un centre militaire de formation professionnelle. Son réseau de professionnels réunit conseillers en emploi et chargés de relations entreprises. L’agence propose un parcours d’accompagnement en plusieurs étapes. La première est l’information : dès l’intégration dans l’armée, signale Serge Mear, les arrivants sont informés de leur évolution professionnelle. Il leur est rappelé, quel que soit leur parcours préalable, que Défense Mobilité accompagnera leur réinsertion professionnelle et qu’il importe de réfléchir tôt à la mise en place d’une réorientation (il est d’ailleurs demandé de s’inscrire deux ans avant le départ de l’institution). Si, pour certains ingénieurs ou personnes très qualifiées aux compétences « transférables », la réinsertion est plus sereinement envisageable, ce n’est pas le cas des nombreuses personnes peu ou pas qualifiées qui intègrent les rangs de l’armée chaque année, parfois parce qu’en rupture académique.

La seconde étape est l’orientation, avec un entretien diagnostic, prestations d’orientation et entretiens de suivi avec les conseillers emploi, en lien avec des sociétés avec lesquelles ont été contractés des marchés. Il s’agit de définir le projet professionnel avant de le valider et de le mettre en place avec un accompagnement vers l’emploi. Celui-ci passe par divers dispositifs : plateforme d’accès à l’emploi, période de formation gratuite en entreprise, parcours individualisé du créateur ou repreneur d’entreprise, s’adaptant aux compétences détenues, puis débouche sur une formation professionnelle ou un emploi.

La validation des acquis de l’expérience, indique Serge Mear, était plus ou moins développée selon les armées. Dans la marine nationale, elle servait à la mobilité interne et externe. Mais les autres armées étaient réticentes pour des raisons de fidélisation des personnels. Défense Mobilité a pris en charge la gestion de la VAE. Son rôle est triple :

 pilotage et accompagnement de la politique ministérielle de certification professionnelle avec des plans d’action annuels et la mise en œuvre de la politique de certification ;

 enregistrement des certifications professionnelles au RNCP : évaluation de la faisabilité, constitution du dossier de demande d’enregistrement, instruction des dossiers ;

 mise en œuvre de la VAE, avec des référents formés pour l’accompagnement.

La formation professionnelle, enfin, est un élément essentiel dans la sécurisation des parcours professionnels et le retour à l’emploi. Elle doit être privilégiée, expose Serge Mear, lorsque les compétences détenues sont insuffisantes pour l’exercice du métier choisi. Il cite notamment l’exemple d’un pilote de ligne qui a demandé à être orienté vers l’ébénisterie. Les prestations de formation varient selon les cas individuels : certaines sont remboursées, d’autres entièrement financées (par exemple dans le cadre du marché AFPA-Bercy, de la convention ONAC ou de conventions régionales), etc.

Les parcours professionnels de militaires sont très variés, allant de l’absence de qualification à la haute qualification. Dans le premier cas, celui de militaires du rang en rupture de parcours académique (sans diplôme/titre…), il est utile de mettre en place un dispositif d’insertion ; dans le second cas, des conventions peuvent permettre un rapide placement. Ainsi, existe-t-il des conventions « mar-mar » (marine militaire-marine marchande) ou encore avec Areva, pour les ingénieurs disposant de compétences sur le nucléaire.

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