Réintégrer l’apprentissage dans le système scolaire et universitaire : l’exemple britannique

Par - Le 18 mars 2011.

A l’occasion du forum Aider les jeunes à construire leur avenir, organisé par le Mouvement des entrepreneurs de France (Medef), le mercredi 16 mars 2011, le sujet du passage de la formation initiale à l’emploi a été longuement évoqué et en particulier sous l’angle de l’alternance. La question est loin d’être une thématique franco-française. En Europe, l’évocation de l’apprentissage fait immédiatement penser au modèle allemand, mais la Grande-Bretagne, pourtant rétive à ce type de formation pendant des années commence également à être séduite, comme l’a indiqué Philippe Chalon, secrétaire national du Cercle d’Outre-Manche, un think tank dévolu au benchmark de l’emploi et de la formation des deux pays frontaliers du Channel.

« Dans les années 1970, le Royaume-Uni, en matière d’emploi, était « l’homme malade de l’Europe »», a-t-il rappelé. « Les britanniques sont parvenus à renverser la tendance au point de devenir un pays d’accueil pour de nombreuses personnes en recherche d’emploi, mais leur système éducatif, en revanche, pêche quelque peu. Notre cercle ambitionne de recenser les meilleures pratiques de chaque pays pour s’en inspirer. » Estimant que « les faiblesses de la France sont les forces de l’Angleterre et réciproquement », Philippe Chalon a salué les « services de carrière »[Continuing Professional Development, en VO.[/footnote], présents dans les 85 universités du pays, dont la fonction consiste à accompagner les étudiants dans leurs recherches de stage et d’emploi une fois leur cursus terminé. Des services qui, le rappelle t-il, existent du fait du coût des études au Royaume-Uni. « Au vu des tarifs pratiqués par les universités, les étudiants se considèrent comme des clients et non des usagers. D’ailleurs, il existe une forte compétition entre universités pour attirer les meilleurs étudiants du monde entier. Leur service de carrière doit donc être impeccable. » De fait, ces services de carrière déploient parfois des sites Internet d’information et de placement dignes des plus grands cabinets de recrutement, comme c’est le cas de celui de l’université de [Bradford.[ 1 ]Cette dernière possède d’ailleurs une faculté tout entière dévolue aux métiers de la formation continue.

Toutefois, comme l’a rappelé le secrétaire national du Cercle d’Outre-Manche, l’éducation britannique propose très peu de dispositifs d’alternance ou d’apprentissage au niveau des colleges et des premiers niveaux universitaires. Que faire, donc, des décrocheurs, sortant de leur cursus sans diplôme ou de tous ceux qui ne peuvent envisager l’énorme dépense que représentent les frais de scolarité ? S’inspirer de la France, of course ! « et remettre de l’alternance dans ce système scolaire et universitaire afin de permettre à tous ceux qui n’envisagent pas de longs parcours ou qui rencontrent des difficultés scolaires à pouvoir, tout de même, se former pour accéder à l’emploi. Si l’apprentissage avait été détruit lors des années Thatcher et Major, où la Grande-Bretagne misait sur l’excellence de ses grandes universités, il faut saluer les gouvernements Blair et Brown qui ont su remettre une part d’apprentissage dans la formation initiale ».

Notes   [ + ]

1. Cette dernière possède d’ailleurs une faculté tout entière dévolue aux métiers de la formation continue.

Centre Inffo vous conseille également

Découvrez nos newsletters