Demos célèbre son entrée dans la quarantaine

Le 4 septembre 2012, Demos présentait son premier catalogue à vocation internationale tout en soufflant ses quarante bougies. L’occasion de revenir sur le parcours d’un organisme de formation intimement lié à l’histoire de la formation professionnelle.

Par - Le 05 septembre 2012.

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C’est en 1972, dans la foulée de la loi Delors relative à la formation professionnelle promulguée une année auparavant, que Jean Wemaëre créé l’entreprise qu’il dirige encore aujourd’hui. « À l’époque, n’existaient que la craie et le tableau noir » se rappelle cet ancien thésard en économie et maître-assistant en Université. D’abord concentré sur la formation des cadres dans les domaines de la finance, de la gestion et du droit, Demos connaît sa première «explosion» en 1974. « C’était l’époque où la France s’ouvrait au commerce mondial et cherchait à vendre ses centrales nucléaires, ses avions, ses aéroports… et les écoles de commerce n’avaient alors presque pas de départements internationaux » rappelle le fondateur de l’entreprise. Une parenthèse enchantée pour cet organisme qui ne fut pas refermée au cours des décennies suivantes.

Un marché de la formation en forte croissance

1985  : Demos développe ses premières offres de formation au management, développement personnel et informatique dans un marché qui connaît sa plus forte croissance.

1990  : le groupe prend bonne note de l’individualisation croissante des pratiques RH et de la volonté de plus en plus saillante des stagiaires à voir leurs formations valorisées par des diplômes ou des certifications . C’est également au cours de cette décennie que Demos s’internationalise (acquisition de Demos Interactive Training en Angleterre et aux États-Unis) et commence à intégrer les nouvelles technologies à son catalogue. Un catalogue qui s’étoffe considérablement, d’ailleurs, puisqu’en 1995, il compte cinq-cent références.

1995  : une date-clé dans l’histoire de l’économie puisqu’elle coïncide avec le boom des start-ups, y compris dans le domaine de la formation. Jean-Pierre Willems, consultant en droit de la formation au sein de Demos, se souvient : « C’est dans ces années que s’est développé le concept de e-learning. Beaucoup de ces « jeunes pousses » ont parié sur une mutation radicale des modalités de la formation à distance grâce aux tout-numérique en se passant de l’interaction humaine. On a voulu « créer la machine à enseigner » et, bien évidemment, à la fin des années 1990, avec l’éclatement de la bulle, le rêve de la e-formation s’est transformé en cauchemar ». Un constat partagé par Philippe Gil, directeur du département e-learning de Demos : « les premières tentatives de formation numérique se sont soldées par des échecs le marché des plateformes LMS (learning management systems) s’est effondré en même temps qu’explosait la bulle : le e-learning ne se décrète pas. Une fois que l’on a créé des contenus et un dispositif de LMS, on n’a, en réalité, accompli que 50 % du travail. Le vrai processus de formation doit impliquer des intervenants humains ».

Les années 2000

Avec le nouveau millénaire, Demos développe des filiales à l’étranger, que ce soit en Chine (2001), Pologne (2003), Allemagne (2004), dans la péninsule ibérique (Espagne et Portugal en 2005) et au Maroc (2006). Autant de nouvelles entités destinées à « construie l’architecture des entreprises du tertiaires », comme l’explique Jean Wemaëre, tout en tenant compte des spécificités des marchés locaux. En France, le système de formation professionnelle se transforme après une décennie de sommeil. « La crise économique de 1992 et 1993 a mis un terme au droit à la formation pour tous  » explique Jean-Pierre Willems. « Le dialogue social reste en panne pendant dix ans et l’État, comme souvent en période difficile, reprend la main en centralisant les décisions et en faisant de la formation professionnelle un outil de gestion du marché du travail. Ces années marquent un coup d’arrêt pour la formation professionnelle continue qui ne connaît pas d’innovation majeure en dépit de la rédaction du Livre blanc de la formation professionnelle en 2000 ». Il faudra donc attendre 2002 pour que le système se réenclenche, débutant par la loi de modernisation sociale de 2002 instaurant la VAE, l’ANI du décembre 2003 (professionnalisation, entretiens professionnels, bilans de compétences, etc.), la loi du 4 mai 2004 qui systématise la consultation des partenaires sociaux préalablement à l’adoption d’une loi modifiant le Code du travail. Une décennie de réformes brutalement stoppée par la loi du 24 novembre 2009 qui marque, aux yeux de Jean-Pierre Willems, « la volonté de l’État de reprendre la main sur la totalité de la gouvernance de la formation professionnelle. Centralisation, dirigisme, étatisation, autoritarisme, marqueront donc les positions de l’État et ses relations avec les partenaires sociaux ».

Demos 2.0

Toutefois, Demos surfe sur les innovations des années 2000 en proposant des offres spécifiques aux problématiques des VAE ou de certification.

En 2007, c’est l’entrée en Bourse pour le groupe. Un événement que Jean Wemaëre explique par « notre volonté de faire reconnaître notre métier par la communauté financière ». À l’époque, l’entreprise enregistre près de 400 millions de demandes d’entrée dans son capital. Et aujourd’hui, alors que l’entreprise fête ses quarante années d’existence, sort le premier catalogue international du groupe. Un catalogue qui, outre les activités traditionnelles de formation proposées, intègre de nouvelles offres, telles que les formations sociétales, l’identification des risques psychosociaux en entreprise, l’usage des médias sociaux ou les apprentissages aux logiciels nouveaux et aux thèmes liés à l’économie verte. Et demain ? Demos compte bien développer ses activités et ses produits dans le domaine des serious games, du social-learning et du mobile-learning. Le groupe se serait-il converti à son tour au tout-numérique? Non, à en croire Philippe Gil : « ces outils, qui étaient considérés comme des phénomènes de mode il y a dix ans, mais qui sont devenus la norme aujourd’hui. Cependant, il n’est pas question d’exclure la dimension humaine de notre offre de formation, quant bien même passe-t-elle par les canaux du web 2.0  ».

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