En Grand Est, le Plan d’investissement dans les compétences aide les femmes à se réinsérer grâce à la cuisine

Le Haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi Jean-Marie Marx a rencontré le 12 novembre dans le Bas-Rhin des bénéficiaires de formations financées par le plan d’investissement dans les compétences. Parmi elles, « des étoiles et des femmes », qui propose aux femmes éloignées de l’emploi de suivre un CAP cuisine.

Par - Le 14 novembre 2019.

L’association « Des étoiles et des femmes » vise à insérer des femmes éloignées de l’emploi et issues de quartiers prioritaires en leur permettant de suivre un CAP cuisine en alternance. C’est ce public que vise notamment le Pacte régional du plan d’investissement dans les compétences (Pric) signé entre le ministère du Travail et la Région Grand Est, d’un montant de 1,2 milliard d’euros (675 millions financés par la Région et 556 millions par l’État).

Moins d’un an après la signature, le Haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi Jean-Marie Marx était dans le Bas-Rhin mardi 12 novembre pour en tirer un premier bilan. Accompagné par le président de la Région, Jean Rottner, il s’est rendu au lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme Alexandre Dumas à Illkirch-Graffenstaden près de Strasbourg pour rencontrer les femmes engagées dans le dispositif « Des étoiles et des femmes » . Cette formation multi-partenariale – Greta, lycée hôtelier, Région, Pôle emploi – est portée par l’association les Bistrots gourmands du Rhin.

Des chefs engagés

« Il a fallu convaincre les financeurs et les chefs cuisiniers de la pertinence du programme et de son côté innovant, puisqu’il associe deux mondes, la gastronomie et l’insertion », souligne Betty Didierjean, bénévole qui anime le projet. La particularité du programme, imaginé au départ par Alain Ducasse et qui est proposé depuis quelques années dans plusieurs villes, est d’y associer des chefs réputés. À Strasbourg, les apprenties cuisinières, âgées de 19 à 52 ans, travaillent en alternance dans des bonnes tables de Strasbourg depuis le mois de mai. « J’ai voulu participer car l’idée est plus qu’honorable de mettre le pied à l’étrier à des femmes dont le parcours de vie professionnel ou personnel n’a pas toujours été évident », indique Eric Westermann, chef du restaurant Buerehiesel. Pour lui, le temps de présence des apprenties cuisinières en entreprise, deux jours par semaine, reste un peu court.

Gérer les contraintes

Malgré la volonté de concevoir une formation au plus près des besoins des personnes formées et des entreprises, les contraintes de la restauration – horaires coupés, journées qui se terminent tard – restent fortes. De la promotion initiale de douze, cinq personnes ont abandonné à cause de problèmes d’organisation personnelle, notamment pour la garde des enfants. Pour suivre la formation, Émilie a réorganisé sa vie familiale et investit beaucoup de temps et d’énergie, mais elle y tient. « Je n’ai pas de diplôme et pour moi c’est important d’obtenir celui-ci. Ensuite j’espère trouver un travail qui corresponde plus à mes contraintes familiales, peut-être en collectivité, et qui sait, plus tard, ouvrir mon propre lieu ».

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