Jean Rottner, président de Région Grand Est, pointe les  « trous dans la raquette » de la réforme de la formation

Invité du club de la presse de Strasbourg le 24 septembre, le président de la région Grand Est Jean Rottner a évoqué les sujets qui fâchent dans la loi « Avenir professionnel » et rappelé son attachement à l’Intelligence artificielle.

Par - Le 24 septembre 2019.

Convié le 24 septembre à une rencontre avec des journalistes au club de la presse de Strasbourg, le président de la Région Grand Est Jean Rottner s’est exprimé sur différents sujets, dont l’éducation et l’apprentissage. Il en a profité pour fustiger certaines mesures de la loi Avenir professionnel, qui rentrera en vigueur le premier janvier prochain.

Aménagement du territoire menacé

Par exemple, la possibilité pour les entreprises de mettre en place leur propre CFA. Le président craint tout particulièrement que des grandes entreprises s’allient pour développer de « super centres de formation », qui concentreraient tous les apprentis d’une même région. « Ça me dérange parce qu’en termes d’aménagement du territoire, avoir un CFA en proximité, c’est parfois utile », souligne le président du conseil régional. Il cite l’exemple du CFA de Remiremont (Vosges) qui sans le soutien de la Région, ne pourrait pas maintenir sa formation de tailleur de pierre, dispensée à un très petit effectif. « Jusqu’à présent la force publique, les Régions entre autres, permettaient de maintenir des formations qui parfois n’étaient pas rentables, mais étaient […] utiles pour les territoires en termes d’équipement de proximité », appuie encore Jean Rottner.

Fin de l’apprentissage transfrontalier

Autre point d’achoppement pour lui, la question des formations transfrontalières, qui reste en suspens puisque pas prévue dans la nouvelle loi. « Nous allons nous retirer de l’apprentissage transfrontalier, nous ne pouvons plus l’assumer, nous n’avons plus le droit de le faire », indique le président de Région. Ses interpellations de la ministre du Travail Muriel Pénicaud à ce sujet sont pour le moment restées sans réponse, indique-t-il. Le sujet est important dans le Grand Est où de nombreuses formations sont montées en partenariat avec les pays voisins, Suisse, Allemagne, Belgique et Luxembourg.

Gros plan sur l’IA

Le président s’est montré plus enthousiaste sur d’autres dossiers, comme le plan intelligence artificielle (IA) Grand Est qui a été présenté en juin dernier, avec un investissement de 350 millions d’euros à la clé. Un projet qui implique les universités de la région et des établissements d’enseignement supérieur allemands et que Jean Rottner imagine déjà comme, « de Dunkerque jusqu’à Bâle, une forme de vallée européenne de l’intelligence artificielle ».

Dans ce cadre, en matière de formation, trois écoles IA Microsoft/Simplon vont voir le jour à Nancy dès janvier 2020, à Strasbourg et à Reims. Elles formeront des développeurs spécialisés sur la gestion et l’exploitation de la data et de l’IA. Les écoles Simplon s’adressent à des publics habituellement peu représentés dans les métiers du numérique comme les non-diplômés, les femmes, les personnes originaires de quartiers prioritaires ou de zones rurales, ainsi qu’à des personnes en reconversion. D’autres projets de formation sont en cours de développement dans le cadre de ce plan IA, comme des Mooc et de nouveaux cursus d’enseignement supérieur dans le domaine.

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