La nouvelle politique d’orientation reste à construire (19è rencontres sénatoriales de l’apprentissage)

Par - Le 18 mars 2019.

Alors que la réforme de l’apprentissage entre en application, les 19è rencontres sénatoriales de l’apprentissage organisées par le la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) a soulevé des questions autour de l’orientation. La loi du 5 septembre 2018 donne de nouvelles responsabilités aux Régions dans l’organisation et la diffusion d’information sur les métiers et les évolutions de l’emploi auprès des élèves dès le collège. Porte d’entrée vers l’apprentissage, l’orientation représente un levier déterminant dans son développement sa réhabilitation dans l’esprit des jeunes et des familles. Pour créer une nouvelle dynamique, il est impératif de resserrer les relations entre les deux ministères de la rue de Grenelle. « Les passerelles entre le ministère de l’Éducation nationale et le ministère du Travail ne sont pas suffisamment fortes, relève Catherine Morin-Desailly, sénatrice de Seine-Maritime qui propose de renforcer la formation des enseignants sur cette thématique.

Des contrats d’objectifs

De leur côté, les Régions réfléchissent à la meilleure manière de déployer leurs nouvelles missions dans un cadre contraint. « Nous n’avons pas une compétence entière sur l’orientation qui reste à la main de l’Éducation nationale ou des départements. Par ailleurs, se pose le sujet des ressources que nous pouvons allouer. Nous devons donc nouer des partenariats. Nous travaillons sur des pistes de collaboration avec les branches professionnelles, les autres régions ou les réseaux d’entreprises », explique Georgette Bréard. La vice-présidente du conseil régional de la Bretagne précise que le site Cléor lancé par sa Région en janvier dernier est la première brique d’un projet plus large de plateforme collaborative rassemblant le rectorat, des branches professionnelles et le réseau de l’artisanat. « On peut imaginer développer des actions communes dans le cadre de contrats d’objectifs. Tout est à construire. Chacun y a intérêt ». Les opérateurs de compétences sont également appelés à jouer un rôle d’intermédiaire. Les 19è rencontres sénatoriales ont également mis en lumière le potentiel d’innovation porté par les start-up de l’EdTech. « La véritable problématique de l’orientation c’est l’accompagnement et la médiation. Un enjeu auquel les outils numériques peuvent répondre  , confirme Marie-Caroline Missir, directrice du développement de Digischool.

Des Harvard du pro

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, on avance les mesures inscrites dans la réforme de Jean-Michel Blanquer. Avec les 54 heures annuelles dédiées à l’orientation dès la classe de seconde et, bientôt, les 36 heures en classe de 3ème. « Il faut travailler en commun avec les Régions, le monde des entreprises et des CFA pour faire vivre ces espaces », confirme Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire. La réussite de la politique d’orientation repose donc sur la capacité de deux mondes – académique et économique- à co-construire une offre. Sur le terrain, les choses semblent aller dans le bon sens. « Nous observons un réel rapprochement entre les ministères de l’Éducation nationale et du Travail », déclare Michel Forissier, sénateur du Rhône. Autre signal fort, la présence et les déclarations de Jean-Michel Blanquer, lors de la clôture de ces rencontres. « Nous vivons une époque charnière. Il y a une alliance entre tous les acteurs pour développer l’apprentissage et l’enseignement professionnel ». Celui-ci a également annoncé la présentation, dans quelques semaines, des futurs campus professionnels prévus par la réforme. « Des « Harvard du pro » qui réuniront des CFA, des lycées professionnels, des universités ou encore des start-up et qui donneront envie d’y suivre des parcours ».

 

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