La réforme est perçue comme une opportunité par les organismes de formation (Observatoire économique FFP)

Par - Le 28 janvier 2019.

Les organismes de formation adhérant à la Fédération de la formation professionnelle (FFP) perçoivent la réforme de manière globalement positive. 98 % d’entre eux y voient des opportunités de développement de leur activité. Mais sur le créneau de la formation des salariés, la profession s’avère plus réservée.

À l’heure d’une nouvelle réforme, les organismes de formation se montrent plutôt optimistes. Selon la dernière édition de l’Observatoire économique présentée jeudi 24 janvier par la Fédération française de la formation (FFP), 98 % des prestataires interrogés associent la réforme à des opportunités de développement de leur activité. Les adhérents de la FFP y voient une occasion de créer de nouvelles offres de formation (72 %), de diversifier leurs formations certifiantes (69 %) ou encore de toucher de nouveaux publics (66 %) grâce, entre autres, à l’évolution du compte personnel de formation (CPF) mobilisable sans intermédiaire. Pour 57 % des répondants à l’enquête, la réforme offre aussi la possibilité de se lancer dans l’apprentissage, un marché sur lequel seulement 2,5 % des adhérents de la FFP interviennent. Cette voie de diversification intéressera en particulier les 150 à 200 prestataires accueillant déjà des stagiaires en contrat de professionnalisation, selon Olivier Poncelet, délégué général de la fédération.

Optimisation des budgets

Un peu plus de la moitié des organismes de formation considèrent aussi qu’ils pourront « aller plus directement vers les entreprises ». Reste à savoir comment ces clients, et notamment les structures de taille intermédiaire, vont aborder la formation de leurs salariés. Seules les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient désormais des fonds mutualisés. Et, comme l’observe une grande majorité d’adhérents de la FFP (88 %), la tendance est à l’optimisation des budgets. D’où l’inquiétude des organismes spécialisés dans la formation continue des salariés (30 % des adhérents). Sur le marché des entreprises, une stagnation voire une baisse d’activité n’est pas à exclure, selon Christophe Quesne, coprésident de l’Observatoire.

Autre nouveauté introduite par la réforme : l’élargissement de la définition de l’action de formation qui induit « de passer d’une logique de moyens à une logique de résultats » selon Olivier Poncelet. Pour 80 % des adhérents, cet assouplissement aura un impact positif. La reconnaissance de la formation en situation de travail est également bien perçue. Les entreprises vont avoir besoin d’être accompagnés « dans l’identification des compétences acquises et des compétences à développer », estime Sylvie Petitjean, coprésidente de l’Observatoire économique. La réforme devrait par ailleurs encourager les organismes de formation à innover, un sujet dont se préoccupent déjà les adhérents de la FFP : 80 % d’entre eux « ont pour priorité en cours ou à venir la digitalisation de leur offre de formation ».

Certification

Quant à l’obligation, à partir de 2021, d’être certifié pour accéder aux fonds publics et mutualisés, elle ne devrait pas bousculer les membres de la FFP. 85 % sont déjà détenteurs d’une certification ou d’un label reconnu par le Cnefop [ 1 ]Conseil national de l’emploi, la formation et l’orientation professionnelles. La majorité d’entre eux ont opté pour la qualification OPQF délivrée par ISQ un organisme accrédité par le Comité français d’accréditation (Cofrac). L’adaptation au nouveau cadre devrait se résumer pour eux à « une mise en conformité » selon Christophe Quesne. Mais il ne faudrait pas que cette transition engendre une surcharge sur le plan administratif.


Chiffres clés de l’Observatoire économique de la FFP

  • 651 entreprises adhérentes en 2017 (+ 12 %)
  • 2,05 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé (+ 13,6 % en un an), soit une moyenne de 3,15 millions d’euros par adhérent (+ 1,54 %)
  • 5 millions de stagiaires formés dont 86 % de salariés
  • 85 % des adhérents sont détenteurs d’une certification ou d’un label reconnu par le Cnefop
  • 70 % ont pour priorité en cours ou à venir la digitalisation de leur organisation
  • 80 % ont pour priorité en cours ou à venir la digitalisation de leur offre de formation
  • 84 % délivrent des formations diplômantes, certifiantes ou qualifiantes
  • 88 % délivrent des formations éligibles au compte personnel de formation (CPF)

Notes   [ + ]

1. Conseil national de l’emploi, la formation et l’orientation professionnelles.

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