« Le formateur de demain va aider des gens à lier des connaissances entre elles. » (Marc Dennery, C-Campus)

Directeur associé C-Campus, Marc Dennery intervenait jeudi 17 lors du Learning Show, qui se tenait à Rennes. À cette occasion, il a avancé des hypothèses sur les transformations à venir des métiers de la formation.

Par - Le 22 octobre 2019.

« La formation dans dix ans n’aura peut-être pas varié autant qu’on le croit par rapport à aujourd’hui. La formation, ce sont des évolutions très lentes », considère Marc Dennery, directeur associé de C-Campus, fort d’une d’expérience de 31 ans dans le secteur de la formation. Cependant, il estime que le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des outils technologiques conduiront à repenser la formation : « Je fais le pari que plus on aura d’IA, moins on aura besoin d’informations – car beaucoup de choses seront sous-traitées par des agents intelligents –, mais plus notre travail nécessitera d’apprentissages profonds (deep learning), afin de relier les connaissances entre elles. On aura besoin d’être capables de traiter énormément d’informations, de plus en plus complexes et sophistiquées et, donc, de formateurs. Le formateur de demain c’est quelqu’un qui va aider des gens à lier des connaissances entre elles. »

Du formateur à l’accompagnateur

La figure classique d’un formateur « transmetteur de savoir » sera amenée, estime donc M. Dennery, à céder le pas au « pédagogue », chargé d’accompagner dans le processus d’acquisition de connaissances. Cela impliquera tout à la fois une prise en charge plus individualisée de l’apprenant, ainsi qu’une formation adaptée du formateur : « Quand vous êtes accompagnateur, vous êtes au contact de la personne et devez comprendre son environnement, son métier trouver les bonnes questions pour l’aider. »

Avec un vague accent technocritique, il avance que, dans un monde de plus en plus envahi par les outils numériques, « on aura encore plus besoin demain d’accompagnement social, de sociabilité, de contact, d’échanger, de collectif ». C’est pourquoi cet accompagnateur, complète encore le directeur associé de C-Campus, devra être à la fois un « concepteur de ressources digitales et de parcours reposant sur l’analyse du travail », capable donc de partir des parcours individuels et non plus des savoirs et des connaissances.

Fin de la séparation travail/formation

En ce sens, la réforme de la formation du 5 septembre 2018 serait propice à « repasser au monde normal où l’expérience, le travail, est formateur ». En effet, selon Marc Dennery, le mode de fonctionnement de la formation depuis 1971 « nous a interdit d’aller voir le travail pendant 47 ans et 51 jours. La réforme de 2018 va nous permettre de remettre le formateur dans l’environnement du travail et d’arrêter le modèle séparatiste travail / formation. Les formateurs vont retourner au travail et ça ne sera pas une mauvaise chose. »

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