Marc-Antoine Estrade (France compétences) souligne le rôle majeur d’appui aux acteurs régionaux joué par les Oref et les Carif

Grand témoin des rencontres du réseau des Carif-Oref et du Céreq (Lyon, 22 novembre), Marc-Antoine Estrade, directeur de l’observation et de l’évaluation à France compétences, est intervenu sur le thème de l’évolution de l’observation dans les branches et les territoires. L’occasion de s’attarder sur les enjeux d’une commande politique qui répond à une demande sociale.

Par - Le 29 novembre 2019.

« Il n’y a pas d’observation ex nihilo », souligne d’emblée Marc-Antoine Estrade. S’inscrivant dans la perspective historique des observatoires régionaux emploi-formation (Oref) et des observatoires de branche, le directeur de l’observation et de l’évaluation à France compétences décrit une démarche issue d’une « demande sociale », toujours objet de négociations et jamais déconnectée de la commande politique. Pour y répondre, on trouve d’un côté les Oref, créés en 1988 par accord entre l’État et les conseils régionaux dans le sillage de la décentralisation de la formation, de l’autre les observatoires de branche, apparus dans les années 90 et généralisé par l’accord national interprofessionnel de 2003.

Oref, outil territorial

Tout en soulignant le rôle majeur d’appui aux acteurs régionaux rapidement joué par les Oref et les Carif [ 1 ]Centres d’animation et de ressources d’information sur la formation., le directeur de l’observation et de l’évaluation observe, décentralisation oblige, une très grande diversité des méthodes. Si la recherche d’outils communs lui paraît évidente en matière d’information sur la formation portée par les Carif, il relève une situation différente au niveau des Oref, chacun ayant sa « propre manière d’intervenir sur son territoire ». Ce qui n’empêche pas qu’ils disposent selon lui, contrairement aux observatoires de branche, de lieux pour discuter et d’un langage commun appuyé sur la statistique publique.

Observatoires de branche, outil paritaire

Au niveau national, les observatoires de branche apparaissent comme des structures paritaires qui répondent à la demande de leur CPNE [ 2 ]Commissions paritaires nationales de l’emploi.. Sans monopole sur l’observation sectorielle, champ qu’ils partagent avec les ministères, les observatoires de branche présentent une grande diversité de positionnement : « certains s’appuient sur la statistique publique, d’autres sur des données propres à la branche, certains communiquent ouvertement sur leurs métiers dans une logique d’attractivité, d’autres ont une communication plus discrète en interne, pour alimenter le dialogue social entre CPNE, … » Marc-Antoine Estrade le souligne, les partenaires sociaux ont posé en 2009 le principe d’une meilleure coordination en créant au sein de l’ex Copanef [ 3 ]Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle. le Comité observatoire et certification (COC).

Articulation

Alors que la fonction de coordination nationale des observatoires est aujourd’hui transmise par la loi à France compétences, se pose la question de l’articulation entre les branches et les territoires. Ce qui est attendu de la branche ? « Dire le besoin des employeurs. » Ce qui est attendu des territoires ? « Identifier les capacités et compétences des actifs. » Enjeu de l’articulation ? « La recherche d’une sorte de martingale pour faire se rencontrer l’offre et la demande de travail. »

Si la demande lui apparaît légitime, il souligne que cela ne fonctionne que si des acteurs se saisissent de la question de l’articulation. Et il prévient, ce n’est pas en figeant les attendus, notamment au niveau national, que l’on fera progresser ces articulations. Pour lui, le Réseau emploi compétences [ 4 ]REC, intégré à France stratégie. a montré qu’il était plus intéressant de faire travailler ensemble les acteurs de l’observation pour que, forts d’une meilleure connaissance mutuelle, soit facilitée la capacité à répondre en commun à des demandes ponctuelles d’observation. Du côté de France compétences, Marc-Antoine Estrade annonce des initiatives pour outiller techniquement les observatoires. Objectif ? « Faciliter leur coopération sans renier leur identité et méthodes de travail. »

Notes   [ + ]

1. Centres d’animation et de ressources d’information sur la formation.
2. Commissions paritaires nationales de l’emploi.
3. Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle.
4. REC, intégré à France stratégie.

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