Trois prestataires de formation face au nouveau marché du CPF

À quelques semaines du lancement de la plateforme « Mon compte formation », trois organismes de formation ont dévoilé leur stratégie lors de la journée « Dessine-moi la réforme ! » organisée par Centre Inffo le 17 octobre dernier. Avec un premier catalogue d’offres, ils prennent position sur le nouveau marché grand public du CPF monétisé.

Par - Le 24 octobre 2019.

Un des Big Bang annoncé par la réforme de la formation professionnelle est engagé. Dès le 21 novembre, les actifs pourront mobiliser leur compte personnel de formation (CPF) et s’inscrire directement à une session via la nouvelle plateforme lancée par le ministère du Travail et développée par la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Pour les  organismes de formation le compte à rebours a commencé. Se positionner sur ce marché grand public (B to C) représente pour eux une véritable opportunité de développement au regard des 33 millions d’actifs disposant d’un CPF. Depuis le 20 septembre, un espace réservé leur a été ouvert afin qu’ils y référencent leurs premières offres éligibles au CPF. La formation doit ouvrir à une certification professionnelle. L’entreprise de formation Comundi, le groupe IGS et le Cned [ 1 ]Centre national d’enseignement à distance, établissement public de formation à distance, étaient invités à témoigner lors de la 11è édition du cycle « Dessine-moi la réforme ! » organisée par Centre Inffo le 17 octobre dernier. Tous trois seront au rendez-vous dès le 21 novembre. « Nous avons un catalogue de 27 titres professionnels inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles [ 2 ]RNCP. Il nous paraissait donc évident de nous lancer sur l’application. Nous prévoyons de référencer une quinzaine de titres », déclare Gilles Pouligny, directeur général adjoint du groupe IGS.

De nouveaux entrants

De son côté, Comundi, spécialisé dans les formations transversales autour du marketing, du management ou encore de la communication dispose d’une dizaine de certifications professionnelles, compte en développer de nouvelles sur des métiers émergents en tension et proposera aussi le 21 novembre ses premières offres sur la plateforme CPF. Surtout connu pour son activité sur le marché scolaire, le Cned fait partie des petits nouveaux que fera naître le CPF monétisé et désintermédié. L’établissement public ne part pas de zéro dans la formation professionnelle. Il dispose même d’atouts de taille : une expertise dans la digitalisation de l’offre et une connaissance du marché B to C. « Nous formons entre 50 et 70 000 personnes en reconversion sur des titres professionnels. Ce public ne bénéficie en général d’aucun financement et couvre la formation à leurs frais. Nous allons référencer une dizaine d’offres CPF dès le 21 novembre et une trentaine d’ici 2022 », confirme David Bouin, directeur général adjoint du Cned.

Le Cned n’est pas le seul à procéder par étapes afin de s’approprier l’outil inédit que représente la future place de marché, ses règles de fonctionnement et de contractualisation. Le groupe IGS envisage de mettre à disposition des titulaires du CPF une solution 100 % digital durant l’année 2020. Un point sensible a été toutefois soulevé sur la gestion des abondements par la CDC attendue plus tard, pas avant semble t-il le au printemps 2020. La période de transition assurée par les Opco se termine en effet le 31 novembre, date à laquelle ils ne peuvent plus prendre en charge de nouveaux dossiers « La loi ouvre la voie à la co-construction et au co-financement du CPF. Les entreprises y sont prêtes. Il est vraiment regrettable et préjudiciable que rien se soit prévu d’ici là », insiste Claire Pascal, directrice générale de Comundi.

Notes   [ + ]

1. Centre national d’enseignement à distance
2. RNCP

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