Développer l’orientation pour tous grâce à une « plateforme compétences » (Aline Souarnec, professeure en gestion des RH)

Aline Scouarnec, professeure en gestion des ressources humaines, et responsable du master RH en apprentissage à l’IAE (école universitaire de management) de Caen, participera à la table ronde de l’UHFP (Université d’hiver de la formation professionnelle) « Attente des acteurs de la formation en 2020 », mercredi 29 janvier. Elle prône l’accès à l’orientation pour tous grâce à la création d’une « plateforme compétences ».

Par - Le 29 janvier 2020.

« Avec la nouvelle loi sur la formation professionnelle, on assiste à un changement de paradigme en matière d’orientation et de compétences. L’individu est fortement responsabilisé, il est réellement acteur de son évolution », explique Aline Souarnec. Cela exige que les institutions lui apportent une vision précise du champ des possibles, afin qu’il puisse s’orienter, identifier des trajectoires, acquérir les compétences-clés pour finaliser son projet. Or, il existe des blocages. « Les travaux prospectifs sur les métiers sont parcellaires, insuffisants et loin d’être systématiques. France compétences pourrait avoir pour mission de remédier à cela », soutient Aline Scouarnec.

« Plateforme compétences »

Créer une « plateforme compétences » dans laquelle seraient, au moins dans un premier temps, agrégées les données issues de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), des fédérations professionnelles et d’autres organismes, faciliterait déjà « l’orientation pour tous ». La démocratisation de l’orientation est, en effet, un enjeu. « La qualité de l’orientation dépend encore trop largement du milieu socio-économique des individus », regrette la professeure en gestion des ressources humaines.

« Vers une logique de développement des compétences »

Le développement des compétences ne peut se faire sans accompagnement. « Les Opco, l’Apec, Pôle emploi n’ont pas encore atteint leur rythme de croisière dans l’accompagnement. Mais on peut aussi imaginer que d’autres acteurs, comme les enseignants du supérieur, les formateurs, évoluent eux aussi vers une logique de développement des compétences », expose Aline Scouarnec. Ce qui est d’autant plus important que, désormais, les formations se présentent sous forme de blocs de compétences.

Par ailleurs, il est indispensable d’accompagner les étudiants et, plus généralement, les apprenants dans la valorisation des compétences acquises durant leur parcours de formation. « Il serait important de cogérer avec les apprenants des portefeuilles de compétences ou de coconstruire avec les étudiants des « books » de compétences », indique Aline Scouarnec.

« Socle de compétences »

Pourquoi ne pas réfléchir aussi plus systématiquement à un socle de compétences qui permettrait, une fois celles-ci acquises, d’évoluer professionnellement, de se reconvertir ou, tout simplement, de trouver un emploi ? C’est cette démarche qu’a voulu tester Aline Scouarnec lorsqu’elle a mis au point en 2019 en partenariat avec l’École du numérique Simplon, cinq Opca (Opcalim, Opcabaia, Unifaf, Uniformation et Fafih), Pôle emploi et l’Apec, la formation « Compétences 3.0 pour la réinsertion professionnelle ».

Trente demandeurs d’emploi ont bénéficié de ce parcours individualisé, accompagné par un formateur et un tuteur en entreprise. « Nous avons identifié trois types de compétences fondamentales nécessaires pour occuper un emploi dans le numérique : des compétences transversales (vingt « soft skills » ont été identifiées), des compétences numériques de base et des compétences nécessaires à la recherche d’emploi dans le numérique », indique Aline Scouarnec. Une façon de penser autrement la formation à partir d’un socle que personnalise chaque participant en fonction de son parcours et de son projet professionnel.

Retrouver Aline Scouarnec à l’Université d’hiver de la formation professionnelle 2020.

 

 

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