« En moyenne, les inscriptions en CFA se maintiennent » (Thibaut Guilluy)

Le plan « Un jeune, une solution », doté de 6,7 milliards d’euros, a été lancé cet été pour offrir une réponse à chaque jeune sur un marché du travail sinistré. Trois mois plus tard, les premières mesures commencent à porter leurs fruits, selon Thibaut Guilluy, nouveau haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, en charge de son déploiement.

Par - Le 01 décembre 2020.

Le Quotidien de la formation – Où en est le déploiement du plan jeunes, quels sont les premiers résultats ?

Thibaut Guilluy – Sur le volet « emploi », dont je m’occupe, on constate que le niveau des embauches de jeunes se maintient — 700 000 embauches sur août-septembre –, voire a même augmenté de 1,3% par rapport à l’année dernière. Malgré la mauvaise conjoncture. Et 7 embauches sur 10 sont en contrat à durée indéterminée. La mesure d’aide financière au recrutement, de 4000 €, prévue par le plan, a sans doute joué un rôle. Début novembre on recensait 100 000 demandes d’aide, d’autres vont arriver, sachant que les employeurs ont quatre mois pour la demander. S’il est encore un peu tôt pour donner des chiffres, la tendance est encourageante.

Sur l’alternance aussi, on voit qu’en moyenne les inscriptions en centre de formation d’apprentis se maintiennent, même s’il y a de grandes différences entre secteurs. Les inscrits en CFA ont six mois pour trouver un employeur, et le haut-commissariat poursuit ses déplacements en régions pour mobiliser les entreprises. On voit de nouvelles entreprises se mettre à l’apprentissage. Le message est relayé aussi par les branches professionnelles, les chambres consulaires, les réseaux d’entreprises.

Le Quotidien de la formation – Vous venez de lancer, avec la ministre du Travail, un portail internet dédié qui se veut un outil pratique pour les jeunes et les entreprises ?

Thibaut Guilluy – Oui, le portail « Un jeune, une solution » a pour but de donner de la visibilité aux solutions existantes. Un jeune pourra y trouver près de chez lui les offres d’emploi ou de service civique, les possibilités de formation ou d’accompagnement et aussi tous les job datings pour l’aider à trouver sa voie et son emploi. Aujourd’hui les réponses sont éparpillées et le jeune doit se débrouiller seul, ce site permettra de faciliter ses recherches. C’est aussi un outil pour les entreprises. Elles peuvent s’y inscrire, renseigner leurs offres d’emploi, s’inscrire sur des job datings, connaître les opportunités du plan jeunes et être accompagnées sur la mise en place des aides à l’emploi. Nous allons continuer à faire de la pédagogie pour mobiliser toutes les entreprises de France.

Le Quotidien de la formation – Qu’en est-il du volet formation professionnelle ?

Thibaut Guilluy – Sur les 100 000 formations supplémentaires prévues dans le cadre du PIC (plan d’investissement dans les compétences), la ministre et la haut-commissaire aux compétences ont mené les concertations avec les Régions afin de flécher les formations sur les besoins propres à chaque territoire en priorisant les métiers du numérique, de la santé et de la transition écologique. Les avenants aux plans régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) sont en cours de signature jusqu’au 15 décembre pour un lancement des formations dès janvier 2021. Il fallait ce temps de construction avec les Régions.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Thibaut Guilluy dans le numéro 1000 d’Inffo formation, à paraître le 15 décembre.

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