Qualiopi: Une étude de Qualiview pointe une insuffisante prise en compte du handicap

La marque de certification qualité Qualiopi que devront avoir à partir de 2022 les prestataires de formation, s’appuie sur un référentiel de 32 indicateurs, dont le handicap. La prise en compte des personnes en situation de handicap reste théorique, selon une étude conduite par Qualiview conseil.

Par - Le 03 septembre 2020.

Prévue par la loi du 5 septembre 2018 pour « La liberté de choisir son avenir professionnel », la certification Qualiopi sera obligatoire à partir du 1er janvier 2022 pour les organismes de formation, CFA (centres de formation d’entreprise), organismes dédiés aux bilans de compétences et prestataires de validation des acquis de l’expérience (la première échéance de 2021, a été repoussée à cause de la crise sanitaire du Covid-19). Le référentiel se décline en sept critères et 32 indicateurs. Parmi ces derniers, l’indicateur numéro 26 est spécifique au handicap. Il précise en effet que « le prestataire mobilise les expertises, outils et réseaux nécessaires pour accueillir, accompagner/ former ou orienter les publics en situation de handicap ».

Formation pour tous

En prévision de 2022, la société de conseil aux organismes de formation professionnelle Qualiview, a mené une étude sur un petit panel d’interlocuteurs concernés, 9 personnes en situation de handicap et 10 professionnels de la formation et du handicap. Sandrine Baslé, fondatrice de Qualiview, qui a mené l’étude, en a tiré des conclusions concernant les attentes des publics concernés et les craintes des professionnels. « A part certains établissements qui sont au fait de la question, pour les autres, il n’y a tout simplement pas de prise en compte du handicap. Pour ceux-là, c’est une contrainte supplémentaire, qu’ils n’arrivent pas à visualiser », explique Sandrine Baslé. La consultante voit dans la nouvelle certification une opportunité de s’adresser à ce public et pour les prestataires de formation, d’améliorer leurs processus. « La formation sera de meilleure qualité, car elle s’adressera à tous », reprend-elle. Ce qu’elle retient aussi de ces rencontres est que des adaptations nécessaires ne sont pas obligatoirement compliquées ou coûteuses : « La première chose à faire est d’écouter les personnes concernées : elles peuvent avoir besoin de plus de temps pour un examen, de logiciels adaptés pour la lecture ou l’audition par exemple. La personne handicapée a aussi besoin d’information pour organiser ses journées, car elle laisse moins de place à l’improvisation ».

Référent handicap

La prise en compte du handicap par les acteurs de la formation est aussi présente de manière transversale dans d’autres critères du référentiel de qualité, sur l’accès à l’information, la prévention de la rupture dans les parcours, ou pour permettre l’appropriation des ressources pédagogiques. L’indicateur 20 prévoit que les établissements soient dotés d’un référent handicap. « Je conseille de choisir pour ce poste une personne qui a un intérêt pour le sujet et saura se rendre disponible, plutôt que de nommer quelqu’un d’office », reprend Sandrine Baslé. Les organismes de formations et les CFA peuvent se tourner vers la Ressource handicap formation (RHF) mise en place par l’Agefiph pour les aider à développer leur capacité à accueillir des personnes en situation de handicap.

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