Conductrice de poids lourds, Marine Montin, mention spéciale du Trophée Afpa « Métiers pour elles »

Le parcours de Marine Montin, conductrice de transport routier, a remporté l’adhésion du jury de l’Afpa lors de la première édition des Trophées « Métiers pour elles ». Deuxième article de notre série consacrée aux lauréates de ces trophées, au lendemain de la Journée internationale pour les droits des femmes.

Par - Le 09 mars 2021.

Créés cette année pour valoriser le parcours de femmes qui se forment à des métiers fortement masculinisés, les Trophées des « Métiers pour elles » de l’Afpa devaient récompenser au départ six lauréates. Un septième prix, la mention spéciale du jury, a été créé spécialement pour distinguer le parcours de Marine Montin. La jeune femme de 31 ans a réussi en début d’année le titre professionnel de conductrice de transport routier de marchandises sur tous véhicules au centre Afpa de Pont-Sainte-Marie (Aube). Le jury tenait à récompenser le parcours sans faute, l’enthousiasme de la candidate, ainsi que ses prouesses techniques. « La mention a failli s’appeler « Mention de la plus belle marche arrière en 44 tonnes » ! Elle nous avait fait parvenir une vidéo de cette épreuve obligatoire du permis poids lourds, qu’elle a relevé haut la main, et nous a décrit dans son dossier sa fierté de l’avoir réussie… Tout le monde était impressionné », rapporte Pascale Gérard, directrice de l’innovation sociale à l’Afpa.

L’opportunité de se lancer

Pour entamer sa nouvelle vie professionnelle, Marine Montin a beaucoup conduit. 120 kilomètres par jour pendant six mois tout d’abord, pour se rendre sur le lieu de sa formation. Et pendant la formation elle-même, pour passer deux permis : le permis C, pour conduire des camions porteurs et le permis CE, qui permet de prendre le volant de semi-remorques. « Il y a un permis pour les petits camions, et un pour les gros camions », plaisante Marine Montin, habituée à expliquer son métier à des néophytes. Elle-même ne sait pas exactement d’où lui vient sa vocation. « Les tracteurs, les camions, m’ont toujours attirée. Je vis à la campagne et dès que j’ai l’occasion d’en conduire, je le fais ! » Marine Montin se dirige d’abord vers un bac agricole spécialisé en environnement puis s’inscrit en BTS de gestion et protection de la nature. Son objectif était de travailler dans l’éducation à l’environnement auprès des enfants. Mais le BTS ne correspond pas à ses attentes et elle arrête ses études pour travailler dans l’animation. Un domaine dans lequel elle restera une dizaine d’années, et qui la conduira à un poste de directrice de garderie. Lorsque l’association qui l’emploie cesse son activité en 2019, Marine Montin voit dans son licenciement économique une opportunité. « Mon objectif était de passer le permis super lourd, je me suis lancée ! »

Des différences injustifiées

La formation compte deux autres femmes en plus de Marine Montin, sur treize stagiaires. « J’y suis allée sans a priori, j’ai eu ma place. Je n’ai senti que de la bienveillance, aussi bien de la part des formateurs que des autres stagiaires, personne ne m’a fait ressentir que j’avais choisi un métier qui serait plus un métier d’homme que de femme », témoigne Marine Montin. Elle souligne qu’aujourd’hui les différences ne se justifient plus, les camions sont mieux équipés, le métier ne nécessite pas le port de charges lourdes. Elle apprécie en outre l’autonomie qu’offre le métier et son aspect relationnel. Elle devrait prendre un poste au printemps dans l’entreprise régionale de transport dans laquelle elle a effectué ses stages. « J’ai hâte d’aller conduire ! », s’enthousiasme Marine Montin.

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