Insertion professionnelle : les étudiants se forment davantage à l’entrepreneuriat

Les formations à l’entrepreneuriat, cantonnées dans un premier temps aux écoles d’ingénieurs et de commerce, se développent dans les universités. Sont-elles pour autant un levier pour l’insertion professionnelle ? s’est interrogé le Céreq dans son dernier « Bref » paru en mars 2021.

Par - Le 14 avril 2021.

En étudiant les données des enquêtes Génération (pour la génération sortie d’études en 2010), le Céreq montre que les étudiants ayant suivi ces formations deviennent plus souvent indépendants et ont des conditions d’insertion en tant que salariés légèrement plus favorables, mais ces effets positifs semblent davantage liés au profil des participants qu’aux effets propres de ces enseignements.

Portées par des dispositifs comme les Pôles étudiants pour l’innovation, le diplôme d’étudiant entrepreneur ou encore récemment le plan « l’Esprit d’entreprendre », lancé en 2019, ces formations ciblent à la fois les attitudes des étudiants vis-à-vis de l’entrepreneuriat et leur capacité à créer et réaliser des projets concrets et innovants. Elles s’ajoutent aux enseignements disciplinaires et permettent d’acquérir des compétences spécifiques nécessaires à la création d’une activité (élaboration de business plan, gestion financière, RH, etc.) mais aussi de développer des aptitudes d’innovation et d’initiative (motivation, autonomie, confiance en soi…). Autant de « soft skills » qui sont valorisés lors de l’insertion professionnelle dans un marché du travail toujours plus flexible, marqué par le développement de la précarité, de la multi-activité ou encore de l’indépendance.

Des étudiants au parcours professionnalisé

Les formations à l’entrepreneuriat se divisent en deux grandes modalités : les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat (information sur les carrières, mises en situation) et les dispositifs d’accompagnement à la création d’une activité entrepreneuriale pour les étudiants porteurs d’un projet. 26 % des étudiants sortis de l’enseignement supérieur en 2010 au niveau bac+5 déclaraient avoir bénéficié d’une sensibilisation à l’entrepreneuriat et 7 % avaient été accompagnés dans un projet de création d’entreprise au cours de leur dernière année de formation.

Les étudiants qui ont bénéficié de ces deux modalités sont plus souvent issus d’écoles d’ingénieurs ou de commerce et plus souvent entrés dans l’enseignement supérieur par un IUT que par l’université, ce qui témoigne d’un parcours de formation antérieur déjà professionnalisé. Ils sont un peu plus souvent issus d’un milieu entrepreneurial et les hommes y sont surreprésentés. Les jeunes qui ont été accompagnés à la création d’entreprise sont nettement plus nombreux (10%) à s’installer à leur compte trois ans plus tard et les jeunes formés à l’entrepreneuriat sont plus souvent en emploi stable (CDI ou fonctionnaire) au bout de trois ans. Cependant, on ne peut affirmer que leur formation à l’entrepreneuriat en soit la cause directe. En effet, les bénéficiaires des formations ont aussi un parcours d’études plus professionnalisant et sont plus souvent issus d’un milieu entrepreneurial, ce qui favorise l’accès à de meilleurs emplois salariés et facilite l’installation à leur compte.

En savoir plus :

Lire l’étude du Céreq.

Plan « l’Esprit d’entreprendre ».

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