L’institut IGI ne voit « pas de limites » au digital et veut tourner la page du présentiel

L’institut IGI, qui forme des entreprises au « management constitutionnel », a basculé toutes ses sessions sur internet lors du premier confinement. Son fondateur, Bernard-Marie Chiquet, ne compte pas revenir au présentiel.

Par - Le 22 avril 2021.

Le 17 mars 2020, Bernard-Marie Chiquet a fait basculer toutes ses formations en distanciel. Et il n’est pas sûr de revenir un jour au présentiel qu’il a pourtant pratiqué pendant des années. Entrepreneur pendant plus de vingt ans, il a fondé en 2007 l’institut IGI. C’est dans ce cadre qu’il dispense des formations à l’holacratie, forme récente de management dont il a lui-même développé en 2019 un volet appelé « management constitutionnel ». Il s’agit, à l’image de ce qui se fait dans un pays démocratique, d’instaurer une constitution dans l’entreprise.

« D’une nécessité on a découvert une perle »

Jusqu’à l’arrivée de la pandémie, les formations prenaient la forme de rencontres successives et de sessions intenses. D’abord avec les dirigeants souhaitant « mettre en mouvement » leur politique d’entreprise, puis avec les équipes de management, et enfin, avec l’ensemble des salariés. L’idée étant de n’enclencher la mutation qu’avec leur accord et après que les managers ont éprouvé à leur échelle cette manière de vivre l’entreprise. Suivait ensuite la mise en œuvre concrète du changement.

Pour le néophyte, faire passer tous ces temps de rencontre sur la Toile peut relever de la gageure. Ce n’est pourtant pas du tout ce qu’explique avoir vécu Bernard-Marie Chiquet. « D’une nécessité on a découvert une perle », explique-t-il à Centre Inffo au sortir d’une session de formation. Il relève notamment un niveau et une qualité d’apprentissage de ses clients « incomparables » avec ceux observés en présentiel.

Changement de rythmique

Pour cause, notamment, le changement de rythmique. Une formation de cinq journées pleines a été remodelée en onze sessions de trois heures réparties sur un mois à un mois et demi. De quoi permettre aux apprenants de souffler, de digérer les informations mais aussi de réviser les aspects théoriques. Ils ont été structurés en une série de 28 vidéos, soit une quinzaine d’heures de visionnage. « Les gens les ont en amont et à vie. Ils les regardent à leur rythme et peuvent les revoir », se félicite le formateur. Les formations synchrones passent, elles, par différents outils, allant de ceux de visioconférence au réseau social, en passant par des logiciels collaboratifs. « Il n’y a que du très dynamique. Des moments par deux, par trois, des plénières, des petits exercices. L’idée est qu’à la fin tout le monde ait croisé tout le monde », décrit Bernard-Marie Chiquet.

Des gains en termes d’organisation et de coût

Autre avantage, selon lui, les blocages inhérents aux agendas chargés des directeurs généraux ont disparu. Plusieurs entreprises peuvent être suivies pendant une même semaine, contre une seule auparavant. S’ajoutent des économies pour les clients, les frais d’accueil de l’équipe de l’institut IGI n’étant plus nécessaires.

L’appropriation des outils digitaux reste toutefois un frein pour certaines entreprises, plus lentes à appréhender le distanciel. Et toutes ne sont pas convaincues par ces modalités. Bien que la durée de la crise ait incité la plupart des clients de l’institut à opérer la bascule vers le numérique, l’un d’eux attend toujours, depuis plus d’un an maintenant, un retour du présentiel.

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