Coronavirus : les nouvelles dispositions du FNE relancent une dynamique de formation (Cegos)

Ouvert depuis le 14 avril dernier aux salariés placés en activité partielle, le dispositif du Fonds national emploi (FNE) formation doté de 500 millions d’euros et simplifié intéresse les entreprises. « Les demandes de devis ont doublé en une semaine et les premières sessions soutenues par le FNE vont se déployer dès les prochains jours auprès de nos clients », confirme Guillaume Huot, membre du directoire du groupe Cegos. Selon ce dernier, la formation jouera un rôle crucial dans la reprise.

Par - Le 06 mai 2020.

Jusqu’ici très concentrées sur les mesures de sauvegarde de leur activité et de l’organisation du travail à distance, les entreprises semblent renouer avec leurs projets de formation. Face à l’ampleur du chômage partiel qui concerne aujourd’hui près de 8 millions de salariés, le gouvernement a repensé et simplifié le dispositif du Fonds national de l’emploi. Le FNE, doté d’une enveloppe de 500 millions d’euros, leur est ainsi ouvert depuis le 14 avril et permet de financer 100% des coûts pédagogiques de la formation à hauteur de 1 500 euros par salarié. Un coup de pouce bienvenu dans la perspective du déconfinement et du redémarrage progressif de l’économie.

Le groupe Cegos enregistre ainsi de nombreuses demandes de la part d’entreprises du transport, de la construction, des télécoms, de l’automobile ou encore de la logistique. Les plus petites d’entre elles éprouvent souvent des difficultés pour accéder aux informations et monter leur dossier et ont besoin d’être guidées. « Le choix des formations répond aux enjeux de la reprise autour, par exemple, des compétences commerciales et de la gestion de la relation client mais aussi à des besoins plus immédiats autour des outils et du management du travail à distance. D’autres relancent le développement de compétences liées à leurs projets de transformation », décrypte Guillaume Huot, membre du directoire du groupe Cegos.

Levier de motivation et d’employabilité

L’organisme de formation note également un intérêt plus marqué sur la formation des formateurs internes aux outils et à la pédagogie du e-learning. Dans une période aussi incertaine, le dispositif du FNE représente également un levier de motivation et d’employabilité des salariés. Ces derniers, selon Cegos, se montrent volontaires. Un élan facilité par l’appropriation rapide des outils digitaux observée depuis le début du confinement. La crise, de ce point de vue, devrait marquer une nette accélération de la transformation digitale du secteur de la formation.  « Le taux de connexion aux classes virtuelles est passé de 60% à 100%. L’intégration des pratiques en distanciel s’est fortement amplifiée », assure Guillaume Huot.

Se préparer aux enjeux de demain

Cette acculturation à marche forcée des utilisateurs et les conditions sanitaires poussent les prestataires de formation à étoffer leur offre distancielle. Déjà engagé dans ce mouvement, Cegos dispose dans son catalogue de trois collections 100% digital et continuera à l’enrichir. Mais, pour le groupe, ce n’est pas le seul axe de développement. Des défis sont encore nombreux à relever en matière d’’ingénierie pédagogique des parcours en blend-learning. « Pour que la formation ait réellement de l’impact sur la pratique professionnelle, l’interaction humaine est fondamentale. Par ailleurs, il faut relier développement des compétences et performance en continuant à travailler sur des solutions de formation orientées résultats opérationnels », précise Guillaume Huot.

Défis de reconversion et de développement des compétences

Le dirigeant anticipe également le rôle que jouera la formation face au choc économique et social attendu. « La formation peut répondre à la fois aux enjeux d’emploi et à la mission d’utilité sociale des entreprises. Les défis de reconversion et de développement des compétences seront critiques pour réussir la relance. » Très vite, des solutions devront être trouvées. Attention donc à ne pas créer de nouveaux dispositifs et plutôt miser sur l’agilité et la simplification. Le dirigeant milite plus que jamais sur l’accélération et l’amplification des abondements au CPF, des incitations fiscales sur les dépenses de formation ou encore pour un prolongement du FNE aux entreprises de 50 à 300 salariés écartées de toute possibilité de refinancement de leur plan de développement des compétences hors alternance.

Autre piste de réflexion, le calendrier de la rentrée de l’apprentissage en septembre pourrait être repensé et débuterait par un cycle d’enseignement théorique afin de laisser le temps aux entreprises d’aménager l’accueil des apprentis. La crise a révélé une forte capacité d’adaptation et de réactivité des acteurs de la formation. Amenée à durer, cette période inédite d’instabilité et d’incertitude devra s’appuyer sur cette dynamique pour construire des solutions innovantes.

 

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