Dans les coulisses de l’Opco des services à forte intensité de main-d’œuvre

Trois mois après avoir été agréé, l’Opco ESSfimo construit la gouvernance paritaire d’une nouvelle entreprise et organise une transition complexe. L’étape est déterminante pour pouvoir présenter, en fin d’année, une stratégie et une offre de services. Un agenda serré pour sa directrice générale de préfiguration, Valérie Sort.

Par - Le 16 juillet 2019.

Au siège du Faf-TT, le bureau de Valérie Sort est rarement vide et son téléphone souvent occupé. La directrice générale de préfiguration de l’Opco des entreprises et des salariés des services à forte intensité de main-d’œuvre (ESSFimo) a six mois pour mettre en place la gouvernance paritaire d’une nouvelle entreprise créée à partir de cinq Opca ( Faf-TT, Intergros, Fafih, Opca TS et Opcalia) ; organiser leur dévolution au 1er janvier 2020 ; remplir ses nouvelles missions liées à l’apprentissage et animer une réflexion stratégique sur les offres de service et le modèle économique.

La naissance difficile de l’Opco ESSFimo et le regroupement à marche forcée de ses 32 branches rend l’exercice un peu plus complexe encore. Celle qui a fait la plus grande partie de sa carrière au sein d’Agefos-PME procède par étapes. « Nous construisons les fondations. Il est essentiel qu’elles soient solides et consensuelles. » Et ce n’est pas une mince affaire d’aligner les 70 administrateurs autour d’une gouvernance qui ne laisse aucune branche de côté et qui soit capable de mettre en œuvre les politiques formation de chacune d’elles.

Vers une logique inter-branches

L’architecture et les règles de la gouvernance seront présentées au conseil d’administration du 4 septembre prochain. L’organisation accompagne une approche inter-branches. Ont été ainsi prévues quatre commissions transversales autour de l’alternance, du développement des compétences dans les entreprises de moins de 50 salariés, des certifications professionnelles et les observatoires. Plus ponctuellement, des comités de filière pourront se créer autour d’un projet commun. Enfin, des commissions paritaires régionales inter-branches se réuniront une fois par an afin de suivre l’exécution des actions décidées par les branches dans les territoires. Au nombre de 11 à ce jour, les sections paritaires travaillent déjà sur leurs budgets. « Le nombre de SPP est évolutif. En effet, on assiste aux premiers rapprochements entre branches. Un phénomène émergent mais sans doute appelé à se développer », observe Valérie Sort.

Vers la dévolution

Un autre enjeu organisationnel mobilise à très court terme la direction générale et le conseil d’administration. Les cinq Opca sous délégation de gestion conservent leurs règles de fonctionnement jusqu’au transfert des personnes et des biens à l’Opco qui devra intervenir avant le 1er janvier 2020. Cette dévolution exige une solide préparation. «  Nous avons présenté le projet de convergence juridique au conseil d’administration du 6 juin. Au 1er janvier 2020, tous les salariés des Opca auront rejoint la nouvelle entité. Il faudra attendre les élections des instances représentatives du personnel en mars prochain pour opérer la convergence du cadre social », explique la directrice générale.

Vers une nouvelle stratégie

Autre priorité pour la direction générale : le financement des nouveaux contrats d’apprentissage hors convention régionale signés en 2019 devra être assuré par les opérateurs de compétences. Cette mission se généralisera à tous les contrats à partir du 1er janvier 2020.  « Une petite équipe dédiée sera mise en place. Nous sommes en train d’actualiser notre système d’information et nous serons prêts à répondre à nos obligations », assure Valérie Sort. Dans cette phase de transition, l’Opco se montrera diligent et souple envers les CFA peu habitués à émettre des factures. En parallèle, la directrice générale et son équipe outillent le conseil d’administration dans son travail de réflexion et d’élaboration d’une nouvelle stratégie. Des audits (financier, social et organisationnel) ont déjà ainsi été lancés et une enquête sera menée fin septembre auprès de chacune des commissions paritaires de l’emploi et de la formation des branches afin de recenser leurs besoins.

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