credit_blend_images.jpg

Le scénario 2015-2017 pour pérenniser l’Afpa

Par - Le 16 janvier 2015.

Pérenniser l’Afpa, puis l’intégrer au sein du service public de l’emploi, c’est l’objectif, assorti d’une stratégie, exposé le 14 janvier dernier lors d’une rencontre entre partenaires sociaux, représentants des Régions, DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle) et Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle), à l’invitation des ministères du Travail et des Finances.

1 000 emplois menacés

Le 4 décembre dernier, les syndicats de l’Afpa, en s’invitant au milieu d’un conseil d’administration de l’Association où se discutaient les termes de « l’Acte II » de la refondation de l’opérateur – entamée en 2012 par le nouveau président Yves Barou – avaient fait comprendre à la direction leur refus de toute politique drastique de réduction de voilure (on parlait alors de gel des salaires jusqu’en 2017, mais aussi du non-remplacement de six départs en retraite sur dix – près de 1 000 emplois étaient ainsi en passe de disparaître des comptes – ou de l’abandon partiel des activités d’hébergement et de restauration). À l’époque, les représentants du personnel avaient fait savoir qu’ils attendaient de l’État des engagements forts sur son apport financier et la garantie du maintien du patrimoine de l’Association dans le giron de celle-ci.

Trop d’optimisme ?

Le 14 janvier, durant cette réunion à laquelle la direction de l’Afpa n’était pas conviée, « les représentants de l’État ont indiqué qu’à leurs yeux, le plan de refondation, tel qu’il a été mené de 2012 à 2014 s’est soldé par un échec », indique Christian Filliot, délégué syndical CGT. Un échec qui s’explique notamment par l’optimisme d’Yves Barou sur les résultats à deux ans de l’opérateur. En décembre d’ailleurs, il avait sollicité le gouvernement pour que celui-ci sécurise la commande publique et permette aux régions de financer l’Afpa par le biais de la subvention. Deux demandes en grande partie rejetées.

Le scénario 2015-2017

Dévoilé le 14, le scénario 2015-2017 joue la carte de la prudence en termes de prévision de croissance. Le plan à trois ans prévoit ainsi un chiffre d’affaires annuel pour l’Afpa proche de celui réalisé par l’opérateur en 2013 et 2014, soit près de 750 millions d’euros par an.

Une hypothèse qui, selon la CGT, ne permettra pas d’éviter le recours aux banques pour équilibrer les comptes et pour laquelle l’État s’est engagé à apporter une contribution de 150 millions d’euros (sur trois ans) au titre des garanties sur le solde bancaire. Dans cette hypothèse, cette contribution serait cependant conditionnée à la réussite d’un business plan triennal. « Nous allons peut-être connaître un léger frémissement sur le CPF, ou une hausse de notre activité sur les entreprises durant l’année 2015, mais il faut être réaliste : les comptes de l’Afpa ne s’équilibreront pas à court terme », estime Christian Filliot.

L’Afpa au Cnefop ?

Des ressources propres, l’Afpa pourrait en trouver au travers d’activités inscrites dans le cadre du service public de l’emploi, à commencer par son activité de modularisation des titres du ministères du Travail qui, dans ce scénario, pourrait se voir étendue à, par exemple, l’adaptation de CQP délivrés par les branches. Mais aussi en développant des pédagogies particulières auprès de publics sur lesquels se positionne peu l’offre privée : handicapés, chômeurs de longue durée, jeunes, etc. Une activité qui pourrait voir l’État injecter 10 millions d’euros dans les caisses de l’opérateur.

Et afin d’affirmer la place de l’Afpa dans le service public de l’emploi, celle-ci pourrait être invitée à siéger au Comité national de l’emploi, de la formation et l’orientation professionnelles (Cnefop), ainsi que dans ses équivalents régionaux. « Le décret serait dans les tuyaux » , avance une source syndicale.

D’ici mars, les différents participants à la réunion du 14 sont invités à travailler sur le scénario proposé par l’État.

Centre Inffo vous conseille également

Afnor