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“Master classe” Opcalia : impliquer les entreprises locales pour réussir le pari de l’alternance

La voie de l’alternance fait de plus en plus l’unanimité parmi les décideurs politiques et économiques. C’est en tout cas le constat que dressent les acteurs de la formation réunis à Blois le 17 septembre dans le cadre de la première “Master classe de l’alternance”, organisée par Opcalia.

Par - Le 18 septembre 2015.

“Il n’y a quasiment plus de débat sur l’apprentissage et les questions de pédagogiques afférentes. Aujourd’hui, il met tout le monde d’accord. Mieux : tout le monde s’en réclame ! Il faut que l’on s’appuie là-dessus pour le faire progresser”, expose Jean-Patrick Gille, député d’Indre-et-Loire.

Reste à concrétiser ces principes en faisant augmenter le nombre d’apprentis en France. Depuis 2013, la courbe connaît plutôt une croissance inversée avec un effectif d’apprentis recensés par la Dares inférieur à 400 000 sur l’année 2014 (lire). L’Opca interprofessionnel s’est donc donné comme mission de lancer une dynamique de travail au niveau local pour construire des réponses concrètes visant à favoriser le recours à l’alternance tout en répondant aux besoins des branches, des entreprises et des jeunes.

Combattre la “frilosité des entreprises”

Premier axe de réflexion : l’implication plus forte des entreprises qui tissent le réseau territorial. “Notre problématique repose sur le fait d’insérer les jeunes dans des filières créatrices d’emploi tout en assurant les compétences dont les entreprises ont besoin. Notre job va être d’impliquer les entreprises pour les conduire vers de meilleurs résultats en termes de recrutement d’apprentis. À nous de les démarcher pour leur faire comprendre leur intérêt à embaucher un jeune sous contrat d’apprentissage”, détaille Patrice Lombard, président d’Opcalia.

Et Patrice Greliche, directeur de la Direccte Centre-Val de Loire, d’ajouter : “ La frilosité des entreprises est l’un des principaux problèmes aujourd’hui lié à la baisse de l’apprentissage. Au vu de la conjoncture économique, elles sont prudentes et manquent parfois de visibilité pour embaucher. D’où le rôle fondamental de la sensibilisation pour encourager les chefs d’entreprise à avoir une vision plus “long-termiste”.”.

Car, selon le rapporteur de la loi du 5 mars 2014, Jean-Patrick Gille, les entreprises prennent de plus en plus conscience de la valeur de l’apprentissage du point de vue de l’investissement qu’il représente pour elles. “Le système des primes ne répond pas à tous les problèmes. Quand les entreprises le veulent, elles sont prêtes à débourser pour embaucher un apprenti. La preuve, le coût d’un apprenti au niveau Master pour l’année du contrat est d’environ 10 000 euros, contre 4 000 pour un apprenti niveau CAP. Et on voit bien que l’apprentissage de niveau I et II est en hausse constante !”.

Mettre en mouvement les acteurs

De son côté, Vincent Baholet, délégué général de Face (Fondation agir contre l’exclusion) soutient l’idée du développement des expérimentations terrain pour développer la culture de l’alternance. “C’est une question de mise en mouvement ! Il faut multiplier les initiatives et changer la représentation que chacun se fait de l’apprentissage. Par exemple, on pourrait imaginer qu’au lieu de faire partir un élève de troisième en stage en entreprise pendant cinq jours d’affilée, on organise plusieurs départs et retour en classe durant l’année. Un jour, retour, quelques semaines plus tard deux jours et retour à l’école… Testons des choses en partant des besoins de l’entreprise.”.

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