Jacques Faubert, président des chambres syndicales des formateurs-consultants.

Vers un label qualité pour les formateurs indépendants (Jacques Faubert, président des chambres syndicales des formateurs-consultants)

Le 18 juin dernier, les chambres syndicales des formateurs-consultants (CSFC) élisaient leur nouveau président. Le Francilien Jacques Faubert a succédé au Marseillais Michel Farhi[Michel Farhi est aujourd’hui président de la section technique du Fif-PL, l’Opca des professionnels indépendants.]] qui, après deux mandats, ne se représentait pas. Ancien cadre du ministère du Travail et de l’Afpa où il est resté durant dix-huit ans, Jacques Faubert, fondateur de l'[agence-conseil AJC en 2012, prend donc les rênes de l’un des principaux syndicats des formateurs freelances dans un contexte marqué par de fortes mutations de la profession. Rencontre.

Rédigé par . Publié le 05 juillet 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le Quotidien de la formation – Vous vous êtes présenté à la présidence des CSFC avec une feuille de route en trois points. Pouvez-vous nous la détailler ?

Jacques Faubert – Nous ambitionnons de créer ce que j’appelle « une fédération en trois dimensions ». En premier lieu, nous souhaitons réaffirmer le rôle de notre organisation dans la défense du métier de formateur-consultant indépendant, mais en créant davantage de liens avec les autres professions du conseil. Ensuite, nous devons, en tant que professionnels, prendre conscience des répercussions des nouvelles technologies numériques sur nos activités et nous devons en tenir compte pour moderniser notre approche pédagogique et porter la question du devenir du travail indépendant. Enfin, le troisième point de cette feuille de route, c’est la notion de territoires. Les CSFC sont une structure fédérative, nous y tenons beaucoup, et nous devons créer de nouvelles dynamiques de proximité, tout en entrant au plus vite dans une phase de dialogue avec les nouvelles Régions. Et sur ce point, nous bénéficions d’un avantage : notre adhésion à l’UNAPL, l’Union nationale des professionnels libéraux, ce qui nous permet d’être intégrés à certains groupes de travail, mais aussi de pouvoir siéger dans quelques conseils régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop) comme c’est le cas en Occitanie (ex-Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées) ou en Auvergne-Rhône-Alpes comme d’ailleurs aussi dans certains comités économiques sociaux et environnementaux régionaux (Ceser).

Q. F. – Une nouvelle dynamique pour une structure parfois accusée de ronronner…

J. F. – Ce n’est pas exact. Bien sûr, la scission de 2005 entre la Fédération des CSFC et ce qui allait devenir le Sicfor-FCF (devenu Sycfi en 2012) a ralenti nos activités : nous avons « perdu » les fédérations de l’Ouest et d’Ile-de-France qui ont rejoint à l’époque le Sycfi. Mais les CSFC se sont reconstruites progressivement dans tout le Sud de la France, grâce à mes prédécesseurs, Annie Garzino-Boyer et Michel Fahri, et dans l’Est. Et aujourd’hui, nous sommes à nouveau présents en Auvergne-Rhône-Alpes, nous reprenons pied dans les Hauts-de-France et dans les régions de l’Ouest. Il existe une large « renationalisation » des chambres syndicales.

Q. F. – Il y a un peu plus d’un an, votre syndicat s’est montré particulièrement actif dans le dossier du décret qualité. Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?

J. F. – Nous avons travaillé toute l’année écoulée avec la Direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle (DGEFP), les principaux Opca interprofessionnels et multi-professionnels (Agefos-PME, Opcalia, Actalians) et le Comité paritaire national interprofessionnel de l’emploi et de la formation (Copanef) sur ce sujet. Nous avons choisi de mettre en place une labellisation qualité pour les formateurs indépendants. Un label qui ne serait pas simplement accordé entre pairs, mais par accréditation d’une tierce partie et qui devrait voir le jour à l’automne prochain. Mais parallèlement, nous encourageons et aidons nos adhérents à s’inscrire dans des démarches de référencement auprès des structures concernées comme Pôle emploi ou les Opca.

Q. F. – L’année 2015-2016 a été marquée par « l’affaire Cegos » qui a vu cet organisme de formation baisser de 30 % les rémunérations de ses sous-traitants indépendants dans le domaine de la bureautique. Comment imaginez-vous les futures relations entre donneurs d’ordre et indépendants dans un contexte économique dégradé ?

J. F. – Nous n’avons pas encore déterminé de stratégie précise en la matière car la position des donneurs d’ordre peut bouger du fait du décret qualité. Le monde de la formation a plutôt mal vécu les premiers temps de la mise en place de la réforme de 2014 et certains donneurs d’ordre se sont comportés comme la grande distribution en répercutant la diminution de leurs marges sur la sous-traitance. Il faudra en débattre avec les intéressés pour que ça ne se reproduise pas. Le décret qualité, en effet, a le mérite de poser la question non pas simplement du prestataire de formation lui-même, mais de toute la « chaîne de valeurs ». Les donneurs d’ordre doivent comprendre que s’ils veulent des prestations de qualité, ils doivent bien traiter les indépendants qui travaillent pour eux.

Q. F. – Êtes-vous en contact avec la Fédération de la formation professionnelle (FFP) à ce sujet ?

J. F. – Nous croisons la FFP dans certaines instances à l’image des commissions de l’Afnor, mais nous n’avons pas encore entamé de contacts formels à ce sujet. Mais nous ne sommes qu’en début de mandature !
 

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