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Une “maison de l’alternance” en projet pour le CFA du Cnam de Saint-Denis

Par - Le 25 mars 2015.

D’ici deux ans, le CFA du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) de Saint-Denis- La Plaine devrait voir un nouveau bâtiment sortir de terre. De quoi passer la capacité d’accueil du centre de formation d’apprentis de 350 jeunes aujourd’hui (inscrits dans des cursus commerciaux et scientifiques allant du BTS au master) à près de 600 en 2017.

Mais ce quasi-doublement des effectifs n’est pas l’unique objectif de cette extension puisqu’elle pourrait accueillir le projet d’une “maison de l’alternance” qu’ambitionne de créer le nouveau directeur de l’établissement, Hubert Patingre, ancien secrétaire général de l’ex-Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie (CNFPTLV). Car celui-ci est par ailleurs chargé d’une mission de conseil sur le développement des formations en alternance, tous contrats confondus, au niveau national.

Numérique, transition écologique…

Actuellement, le Cnam compte 2000 étudiants en contrat de professionnalisation et 2700 en apprentissage, qui étudient dans des CFA du Cnam, mais aussi dans d’autres structures. Alors que le CFA de Saint-Denis est le seul en région parisienne, Hubert Patingre compte déjà ouvrir d’autres Unités de formation par apprentissage pour essaimer et développer ces cursus en Île-de-France “mais ma mission au Cnam est plus globale,” indique-t-il “Je compte proposer des lignes directrices sur le développement des formations en alternance. Elles pourraient comporter un certain nombre de priorités, notamment sur le numérique, puisqu’on a déjà pas mal de formations dans ce domaine et des certificats professionnels”.

Parmi les projets, des masters ouverts à l’alternance, dont un alliant traitement des données informatiques et sciences sociales. “Des formations qui correspondent à des besoins et qui feraient le lien entre les sciences industrielles et technologies de l’information (SITI), le secteur technique, et le management et société (MS), les deux grandes “écoles” du Cnam”. Hubert Patingre prévoit aussi de déployer d’autres nouveaux programmes de formation liés à la transition écologique, au-delà des formations liées à la transition énergétique, nombreuses au Cnam. Des ouvertures peuvent aussi être envisagées à des niveaux de technicien de production et de maintenance dans des métiers industriels en tension (équipement électrique, automobile, etc.), mais également dans le développement des énergies renouvelables (éoliennes).

Entrepreneuriat et parcours mixtes

Troisième priorité de développement des formations en apprentissage : l’entrepreneuriat, un “réel savoir-faire du Cnam”. Le nouveau directeur envisage de s’inspirer et de multiplier une initiative conçue avec l’université de Créteil alors qu’il travaillait au Conseil régional d’Île-de-France [ 1 ]Il a été directeur de l’apprentissage de 2006 à 2010, puis conseiller technique au cabinet de Jean-Paul Huchon pour les lycées, la formation professionnelle et l’apprentissage., depuis développée dans une dizaine de régions. Il s’agit de créer des passerelles entre l’université et l’alternance, en permettant à de jeunes décrocheurs universitaires, souvent à l’occasion de leurs partiels de février-mars, d’intégrer immédiatement un cycle de sensibilisation à l’alternance afin de les guider vers de nouveaux débouchés, notamment vers la création ou la reprise d’entreprises artisanales.

Autre piste à explorer selon Hubert Patingre : des parcours mixtes afin de proposer des post BTS, formations déjà existantes mais qu’il faudrait multiplier. Mieux placé que les universités qui entretiennent peu de rapports avec les lycées professionnels, il estime que le Cnam peut concevoir des formations en alternance en lycée professionnel et offrir des débouchés aux détenteurs de BTS.

Une maison de l’alternance pour les tuteurs et formateurs

Et c’est justement parce que l’alternance constitue l’ADN du Cnam et que ces pistes multiples nécessitent la mise en synergie des acteurs qu’Hubert Patingre envisage l’émergence d’un centre névralgique. “L’idée serait de faire une maison de l’alternance ici, au Cnam”, envisage-t-il. “Le projet tournerait autour de trois pôles : un pôle recherche et développement, un pôle réservé aux tuteurs et le troisième aux formateurs”, explique-t-il. La R&D pour mener des travaux de réflexion sur l’alternance et la pédagogie, les deux autres pôles pour professionnaliser ceux qui l’accompagnent : tuteurs et formateurs.

Les premiers qui peuvent parfois rencontrer des difficultés à parler le même langage technique que les jeunes qu’ils encadrent (alors que ceux-ci peuvent être en situation de préparer des titres ou diplômes d’un niveau largement plus élevé que celui dont disposent leurs tuteurs) et qui pourraient se traduire par la création d’un titre professionnel de tuteur en alternance.

Les seconds afin de les préparer à la pédagogie particulière propre à l’alternance et notamment aux usages numériques. Encore pour l’heure à l’état de projet, cette “maison de l’alternance” pourrait voir le jour en même temps que l’ouverture des nouvelles sections du CFA de Saint-Denis. Pour le directeur de l’établissement, “ce projet constitue un beau challenge”.

Notes   [ + ]

1. Il a été directeur de l’apprentissage de 2006 à 2010, puis conseiller technique au cabinet de Jean-Paul Huchon pour les lycées, la formation professionnelle et l’apprentissage.

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