Des organismes de formation appellent à protéger le marché CPF des « voyous »

La démarche n’est pas coordonnée mais les organismes de formation sont toujours plus nombreux à s’inquiéter des fraudes au compte personnel de formation (CPF). Attention au démarchage téléphonique!

Par - Le 11 février 2021.

– Allô ? Ici le service CPF de la Caisse des dépôts, nous vous appelons pour vérifier que vous avez bien bénéficié de votre formation gratuite…

– Vous pouvez nous préciser votre raison sociale ?

– C’est CPF !

– CPF n’est pas une raison sociale…

– Euh, non, c’est pas CPF, c’est Mon compte formation !

Ce genre d’appel, qui n’est pas sans rappeler les arnaques à l’isolation à 1 euro, vous l’avez peut-être déjà reçu. Nous, oui. Et Natanael Wright, président de Wall Street English, aussi. Il s’en amuserait presque si la manœuvre n’était pas de nature à gêner l’essor du marché CPF, qui représente environ 60 % du chiffre d’affaires de son entreprise (notre article). « Les call centers[ 1 ]Centres d’appel. ont pris position et ils essaient de détourner le marché : ils se positionnent en vendeurs et dès qu’ils ont réussi à soutirer un numéro de sécurité sociale et un identifiant FranceConnect, ils vous placent n’importe quel produit, puis appellent un organisme de formation pour essayer de sous-traiter la commande moyennant commission… » Chez Wall Street English, on assure ne pas avoir eu à traiter ce genre de demande mais l’on sait aussi que les fraudeurs savent cibler leurs attaques : « De petits organismes sont pris à la gorge et obligés d’accepter, même si la marge est accaparée par les call centers », dénonce Natanael Wright.

Comment réagir

L’escroquerie est suffisamment répandue pour que des organismes de formation décident d’alerter leurs prospects. Ainsi de L’École Française, qui partage quatre conseils par la voix de son cofondateur Thibault Viguier : ne communiquer aucune information non obligatoire, et jamais ses données personnelles telles que numéro de sécurité sociale, mots de passe et identifiants de connexion ; ne pas répondre à des appels non motivés ; vérifier que les organismes de formation possèdent bien une certification qualité de type Qualiopi ; être curieux et ne pas hésiter à mener sa propre enquête sur internet et les réseaux sociaux.

Conscient du problème, le ministère du Travail communique lui aussi :

« Avec le CPF, nous avons un marché beaucoup plus ouvert et transparent qu’il faut protéger des voyous », insiste Natanael Wright. Et alors qu’il soupçonne des organismes de formation d’avoir contracté avec des centres d’appel, il suggère une riposte : « On pourrait très bien imaginer une charte des organismes de formation qui interdirait, sous peine d’exclusion de l’appli CPF, d’avoir recours à un call center. »

Notes   [ + ]

1. Centres d’appel.

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