Handicap : encore de belles marges de progrès
Un taux d'activité encore très inférieur à celui des salariés pris dans leur ensemble, un nombre d'entrées en formation moindre qu'au sein de la population générale et plus souvent qu'elle pour reprendre les bases de l'enseignement. Le 19 mai, lors de la présentation de son rapport d'activité 2025, l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) a déroulé un bilan chiffré en demi-teinte.
Par Sophie Massieu - Le 21 mai 2026.
Parmi les personnes handicapées qui entrent en formation, plus d'une sur cinq (22 %) suit un cursus de remise à niveau des connaissances de base. C'est huit points de plus qu'au sein de la population salariée générale. Autrement dit, le niveau de qualification de la population active en situation de handicap est inférieur à la moyenne. Dans le même temps, et même si la directrice générale de l'Agefiph Caroline Dekerle espère voir ce chiffre augmenter encore, le nombre d'entrées en formation progresse : 783 000 en 2024, contre 813 000 sur les neuf premiers mois de 2025.
Ce chiffre compte parmi ceux soulignés lors de la présentation du rapport d'activité 2025 de l'Agefiph par sa directrice générale et son président, Christian Ploton. Ils ont reconnu que des écarts se maintiennent entre les salariés handicapés et leurs homologues mais considèrent que ceux-ci se réduisent.
Taux de chômage : une baisse en trompe-l'œil
A l'image du taux de chômage, dont ils expliquent qu'il ne peut plus être qualifié du double du chiffre général : 8,1 % contre 12 %. Mais en réalité, c'est moins du fait de la baisse du second, puisque le taux est stable, que de la remontée du premier. En outre, le nombre d'inscrits à France Travail reconnus handicapés a beaucoup progressé, avec désormais la barre des 500 000 à nouveau franchie (520 000, après avoir tutoyé les 400 000). Caroline Dekerle l'explique en partie par l'obligation désormais faite aux allocataires du Revenu de solidarité active de s'inscrire auprès de l'opérateur public de l'emploi : 11 % d'entre eux sont handicapés. Elle pointe en outre une meilleure transmission des informations entre les maisons départementales des personnes handicapées et France Travail, et donc une meilleure prise en compte des reconnaissances en qualité de travailleur handicapé des demandeurs d'emploi qui en ont une.
Le nombre de personnes actives concernées par un handicap ne cesse lui-même de croître, pour s'établir aujourd'hui à 3,3 millions. Un chiffre en partie expliqué par l'allongement des carrières ? Reste que l'écart le plus important entre ces salariés et la population générale demeure sur leur taux d'activité, nettement plus faible : 41 % contre 69 %.
Soutenir la montée en compétence des référents handicap
Dans ce contexte, l'Agefiph a expliqué s'être engagée dans un plan de transformation. Avec la très classique ambition de simplifier l'accès à ses offres. Tant à celles à destination des personnes (86 500 prestations annuelles) qu'à ses dispositifs d'appui aux organismes de formation et entreprises. A commencer par les cursus disponibles pour faciliter la montée en compétences de leurs référents handicap respectifs.
Enfin, l'Agefiph revendique une pleine inscription au sein de l'écosystème de l'emploi et un travail étroit non seulement avec les Cap emploi, qu'elle finance en partie, mais aussi avec France Travail et les missions locales. Comme pour souligner sa volonté de contribuer à l'édification de politiques d'emploi structurées, pour en finir avec des mesures de saupoudrage sans continuité aux effets limités.


