Agefos-PME Nord-Picardie : sécuriser l’emploi par la formation dans une logique territoriale

Par - Le 16 avril 2011.

À l’occasion de ses 30 ans, Agefos-PME Nord-Picardie a organisé le 31 mars à Amiens une journée de débats sur le thème : “Métiers, compétences et territoires, comment sécuriser l’emploi par la formation ?”[ 1 ]Agefos-PME Nord-Picardie comprend 73 salariés répartis dans dix équipes sur les deux régions, 13 500 entreprises clientes, dont de nombreuses TPE de moins de 10 salariés, 40 branches, collecte 34 millions d’euros par an, et perçoit 12,5 millions d’attributions complémentaires..

Une première table ronde, “Quel paritarisme dans un contexte emploi-formation réformé ?”, a amené les participants à rappeler pourquoi la création en 1981 de ce Faf devenu depuis un Opca s’était imposée dans les deux régions. Selon Lysiane Ferrière, secrétaire régionale de la CGT Picardie, “le tissu économique local se compose de nombreuses petites entreprises sans comité d’entreprise”, où le choix du collecteur interprofessionnel a permis “d’interpeller les salariés à propos de la formation”. Et pour Jean-Michel Pottier, président de la commission formation de la CGPME, “créer de l’interrégionalité avait un sens. Nous avons démontré qu’elle ne nuisait pas au dialogue entre les partenaires sociaux, mais avait au contraire renforcé le paritarisme intégral”. Pierre Duriez, président CFDT de l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail, a mis l’accent sur le souci constant d’être au plus près des besoins : “Des bureaux d’Agefos-PME ont été ouverts dans les territoires, car une volonté de proximité existait dès l’origine. La présence des conseillers Agefos-PME est perceptible lors des actions locales.”

Dans la perspective de la conclusion de conventions d’objectifs et de moyens, Jean-Michel Pottier s’est félicité de la mise en place, le jour même, d’un comité d’évaluation mixte, avec des personnalités qualifiées. Alors que Lysiane Ferrière rappelait que “la meilleure évaluation, c’est de vérifier l’efficience des dispositifs de formation, donc l’emploi ! L’important n’est pas la formation pour la formation, mais son impact et la manière dont elle dynamise l’emploi”.

Des propos étayés lors de la seconde table ronde de la journée, “Comment réussir la gestion des compétences sur les territoires”, par Gérard Lenoir, secrétaire adjoint d’Agefos-PME : “La formation est un outil, elle ne crée pas d’emplois, mais elle les anticipe, peut les sauver et, enfin, les révéler, car les entreprises n’ont pas toujours conscience des besoins en formation.”

L’accessibilité de la formation

Didier Cardon, vice-président du Conseil régional de Picardie en charge de la formation tout au long de la vie, a donné l’exemple d’initiatives à prendre pour pallier le manque de proximité et d’accessibilité de la formation : “Si vous êtes une femme d’une petite entreprise du Vimeu ou du Santerre, dans la Somme, vous n’avez aucune chance d’aller en formation à Amiens, contrairement à un cadre du sud de l’Oise…” Or, si plusieurs entreprises sont dans la même situation, il devient possible d’organiser un stage.

Une inégalité “géographique” constatée également par Morad Zatar, chargé de mission à la direction de la formation permanente du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, qui a rappelé que le “Pacte de continuité professionnelle” signé le 30 juin 2009 par la Région dans trois secteurs (BTP, vente à distance et automobile) avait permis à des salariés peu qualifiés et très exposés au chômage de monter en qualification. Mais cette approche apparaît encore inégalement maîtrisée selon les zones.

Force est de constater le manque d’attractivité de certains espaces, a déploré Philippe Rosay, président d’Agefos-PME : “Qui dit attractivité dit emploi”, et ce qui importe, “c’est la capacité des territoires de faire venir des compétences qui permettra de construire de l’emploi et de la formation. Il faut donc construire des observatoires pour avoir une vision générale et partagée.” Qui soient “les prémices de la gestion territoriale des emplois et des compétences”.

Voir aussi notre article sur l’intervention de Pierre Louart, directeur de l’IAE de Lille.

Des électriciens devenus gaziers

Le 31 mars, l’Opca a présenté plusieurs actions récentes. Ainsi, la Société coopérative d’intérêt collectif agricole electricité (Sicaé Somme Cambrésis) est une entreprise de 76 salariés spécialisée dans la distribution d’électricité, par délégation de service public. Elle avait besoin de développer les compétences de ses salariés, la libéralisation du marché de l’électricité l’ayant conduite à devenir aussi un opérateur gazier. Elle a fait appel à Agefos-PME pour l’accompagner : “Nous avons formé 40 personnes à cette nouvelle activité, lors de formations allant de huit à neuf semaines. Deux personnes sont en permanence en stage, et 18 % de nos salariés suivent une formation chaque année. En outre, nous avons créé huit emplois”, témoigne son directeur général, Christophe Chauvet.

Autre action récente d’Agefos-PME Nord-Picardie, sollicitée par la branche des salariés du particulier employeur : des titres professionnels des salariés du secteur ont été reconnus et certifiés et une plateforme téléphonique a été mise en place à Boves (Somme) pour simplifier le dispositif d’appels des particuliers.

Notes   [ + ]

1. Agefos-PME Nord-Picardie comprend 73 salariés répartis dans dix équipes sur les deux régions, 13 500 entreprises clientes, dont de nombreuses TPE de moins de 10 salariés, 40 branches, collecte 34 millions d’euros par an, et perçoit 12,5 millions d’attributions complémentaires.

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