Les 30 ans du Carif-Oref de Franche-Comté sous le signe de la lisibilité de l’offre

Inffo formation n° 866 – 15-30 novembre 2014 – Philippe Grandin

Par - Le 15 novembre 2014.

Le Carif-Oref de Franche-
Comté, appelé Efigip, a
célébré le 3
novembre ses
30
ans, à Besançon. L’occasion
d’évoquer son offre de services
et d’expertise, dans le contexte
de la récente réforme. Objectif
:
rendre plus lisible l’accès à
la formation, pour répondre
à l’élévation des niveaux de
qualification.

J’ai la conviction que le groupe
ment d’intérêt public Efigip doit
évoluer vers un rôle d’acteur,
mais aussi constituer une res
source pour les territoires à côté
du trio État, agglomérations et
Région, pour traiter des enjeux emploi-
formation aux côtés des partenaires so
ciaux.”
À l’occasion des 30
ans du Carif-
Oref, organisés le 3
novembre à
Besançon, Sylvie Laroche, vice-prési
dente du Conseil régional de Franche-
Comté en charge de la formation, a rap
pelé que l’existence de cette structure
repose sur
“une volonté partagée de
l’État et de la Région, quelle que soit la
majorité en place, qui se traduit par un
cofinancement dans le cadre d’un contrat
de plan État-Région”.

Un outil partagé

De son côté, Éric Pierrat, président
d’Efigip, et secrétaire général aux affaires
régionales (Sgar), a reconnu que le nom
Efigip lui-même
“est un peu barbare
quand on s’adresse à l’homme de la rue”.
Il s’agit de l’acronyme d’Emploi, forma
tion, insertion GIP. Et surtout d’
“un ou
til partagé, destiné à aider les citoyens. Et
aujourd’hui, de nouveaux chantiers nous
attendent comme, par exemple, la mise
en œuvre du Comité régional de l’emploi,
de la formation et de l’orientation profes
sionnelles (Crefop), successeur du Comité
de coordination régional emploi-forma
tion (CCREFP), dont nous allons assurer
le secrétariat”
.

Le Carif (Centre d’animation, de res
sources et d’information sur la forma
tion) Franche-Comté a vu le jour en
1984 et l’Oref (Observatoire régional
emploi-formation) en 1994, mais
“les
deux ont vite fusionné pour fonctionner
en symbiose”
, a souligné Éric Pierrat.
“La crédibilité d’Efigip, en 30 ans, a
fait ses preuves et notre équipe, com
posée de 6 personnes au début, compte
aujourd’hui 15 personnes”.
Le prédécesseur
:
Cedre Franche-Comté


“Au tout début,
a témoigné Hubert
Moreau, directeur du Carif-Oref de
1989 à 2001,
nous étions les grossistes
de l’information sur la formation en
régions. L’important était de bien
connaître les partenaires sociaux, les en
treprises, les formateurs, et de les aider
dans leur fonction sur le droit à la for
mation… Le GIP Emploi, formation,
insertion est issu de la transformation
en 2008 de l’association Cedre
[Centre
de développement des ressources
pour l’emploi]
Franche-Comté, et ce
passage a été marqué par un centrage
de l’activité sur l’information et sur
l’observation”
en matière de mutations
économiques et de sécurisation des
parcours professionnels.

Prospective et aide à la décision

Outil destiné tant aux professionnels
qu’au public, Efigip représente une
offre essentielle de diagnostic, de pros
pective et d’aide à la décision sur les
champs de l’emploi, de la formation et
de l’insertion. Pour Sylvie Laroche,
“il
faut apporter au public de la lisibilité
en matière d’accès à la formation pour
répondre à différents enjeux, et cela
renvoie aux missions d’Efigip, à savoir
observer –
zoomer sur la problématique
emploi-formation
–, informer les déci
deurs et les publics pour construire les
parcours et aider à la décision, diffuser
et accompagner”.

Des éléments contribuent en effet à
rendre peu lisible cet accès à la forma
tion. Par exemple,
“la problématique
du chômage, qui va systématiquement
chercher une réponse avec la formation”
,
a ajouté Sylvie Laroche.
“Cela complexi
fie et alourdit la capacité du public à
vraiment lire les évolutions profondes du
champ de la formation”,
a-t-elle exposé.

Le droit à la formation tout
au long de la vie


Côté enjeux, il faut répondre à
“la
nécessaire évolution des niveaux de
qualification (cette évolution divise
par cinq le risque de chômage parmi
les jeunes) et à l’accélération des chan
gements (technologiques, numériques,
stratégiques des entreprises), en don
nant à chacun des moyens de se former
en permanence”.

En outre, la vice-présidente considère
qu’
“il n’y a pas de droit à la formation
tout au long de la vie s’il n’existe pas
d’articulation entre formation initiale
et formation continue. Ce droit reste
donc à construire. De plus, il n’est pas
interdit d’avoir des niveaux de régu
lation en matière de formation”.
Et
d’évoquer, par exemple, le fait qu’un
effectif important d’apprentis a pour
conséquence une baisse du nombre
d’élèves en lycées professionnels. À ce
titre,
“nous avons besoin de cohérence en
matière de formation, et cette cohérence
ne peut pas se réaliser au plan infraré
gional”
, a-t-elle insisté.

Avant d’ajouter
:
“Le droit à la forma
tion tout au long de la vie doit s’exer
cer à partir d’une offre de formation
lisible, d’une articulation entre forma
tion initiale et formation continue, et
d’une convergence des modes d’achat
public de formation (qui présuppose
une concertation).”

Développer le partenariat
au plan territorial


Au sujet du Crefop, Séverine Mercier,
chef du service Développement de
l’emploi à la Direccte Franche-Comté, a
confirmé
“l’importance de cette nouvelle
instance, avec davantage de participation
des branches professionnelles et des parte
naires sociaux”.
à
ses yeux,
“considérer
l’emploi sans le mailler avec les politiques
économiques et de formation profession
nelle n’a pas de sens. Il faut effectivement
développer le partenariat au plan territo
rial pour être réaliste au sujet de
matiques propres au territoire”.

“Si les différents acteurs ne se rendent
pas sur les bassins de vie, les probléma
tiques de l’emploi, de l’économie et de la
formation professionnelle ne seront pas
résolus”
, a glissé Jacques Nodin, préfet
honoraire et Sgar de 2002 à 2007. Et
d’affirmer que le contrat de plan État-
Région est bien le lieu où se dessine le
rôle de l’État et de la Région, mais aussi
des autres collectivités territoriales.

Une fusion ou
une mutulisation
?


Jean-Claude Duverget, vice-pré
sident du Conseil régional Franche-
Comté de 1989 à 1998, a évoqué les
conséquences du futur rapproche
ment des Régions Franche-Comté et
Bourgogne, dans le cadre de la ré
forme territoriale en cours d’examen
au Parlement.
“Les formations doivent
cohabiter entre les deux Régions. La
fusion est l’occasion de développer, par
exemple, certaines formations à petits
effectifs et très chères, qui ont du mal à
prendre de l’ampleur.”

Mais pour Jacques Nodin,
“il s’agit de
garder, dans cette fusion, une politique
de proximité. Cela ne veut pas dire que
les structures doivent fusionner, mais
plutôt travailler ensemble. Il y a des
mutualisations à trouver et le territoire
peut relever le défi et aller vers des résul
tats positifs”.

“Un vrai transfert
de compétences”


Au cours de la demi-journée consacrée
aux 30 ans d’Efigip, Jean-Luc Ferrand,
enseignant-chercheur au Conservatoire
national des arts et métiers (Cnam), a
fait un tour d’horizon du système de
formation (1971-2014). Il a rappelé que
“la décentralisation de la formation est
arrivée en 1983 sans référence directe
à la loi de 1971. Ce n’était d’ailleurs
pas une vraie décentralisation, dans la
mesure où l’État avait gardé 90
% du
budget formation. Aujourd’hui, nous
assistons à un vrai transfert de com
pétences concernant le volet formation
professionnelle”.

Système qui contient à la fois des
points positifs et négatifs. Sur le plan
positif,
“nous avons un système de
masse, à savoir qu’un salarié sur deux
part en formation chaque année, soit
huit millions de personnes. C’est aus
si un système qui permet d’insérer
a
minima
les demandeurs d’emploi et,
notamment, les jeunes, mais dans une
problématique de traitement social du
chômage”.
Sur le plan négatif,
“les béné
ficiaires ne comprennent plus comment
il fonctionne”…
Du travail en perspec
tive pour les spécialistes de l’informa
tion sur la formation.

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