Vers la création d’une branche pour la formation numérique

Inffo formation n° 865 -1er-14 novembre 2014 – Benjamin d’Alguerre

Par - Le 01 novembre 2014.

2020 verra-t-elle
la naissance
d’une nouvelle branche profession
nelle rassemblant les profession
nels de l’e-formation et de l’édu
cation numérique ? C’est l’ambition
de l’Association française des in
dustriels du numérique dans l’édu
cation et la formation (Afinef).
Fondée en 2012, cette dernière
regroupe une cinquantaine d’en
treprises, employant près de 2
000
salariés −
et peut-être, espère-t-
elle, dix fois plus en 2020.

Un marché dominé
par les Anglo-Saxons


Le marché international de l’édu
cation et de la formation numé
riques est évalué à 90
milliards
de dollars (9
% du PIB mondial) et
pourrait croître de 22
% à l’hori
zon 2017. Les Français peinent à
y émerger.
“Aujourd’hui, le poids
de la France dans le marché inter
national de l’éducation et de la
formation numériques est très
faible”
, avouait d’ailleurs Hervé
Borredon, président de l’Afinef
et PDG d’Itop,
start-up
spécia
lisée dans l’édition de logiciels
pour l’éducation, à l’occasion des
deuxièmes assises nationales de
l’association. [ 1 ]Organisées le 8 octobre dernier.

“Le monde ne nous
attendra pas”


La faute, notamment, à un marché
international encore largement
dominé par les Anglo-Saxons
:
selon l’Afinef, 30
% des budgets
formation américains sont consa
crés à l’achat de solutions e-lear
ning, contre 7
% en France.
“Ils ont la chance d’avoir pu lancer
leurs offres puis de les consolider
sur le seul marché anglophone
avant de les décliner vers d’autres
zones linguistiques”
, explique
Yves Dambach, vice-président
de l’association et dirigeant de
l’éditeur de
serious games
KTM
Advance, tout en regrettant le
“cloisonnement français”
entre
éducation initiale et formation
continue qui complique la création
de synergies.
“Alors qu’à l’interna
tional, il ne s’agit souvent que d’un
seul et même marché”
, avance
Yves Dambach.

L’impact du décret
FOAD


Les professionnels français
entendent prendre leur part. En
commençant par consolider le
marché français désormais davan
tage ouvert grâce à la réforme de
la formation professionnelle du 5
mars 2014. Le décret sur la FOAD [ 2 ] Décret n° 2014-935 du 20 août 2014,
JO
du 22 août.
L’Inffo

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5

rend imputables les actions de for
mation à distance et l’instauration
du compte personnel de formation
(CPF) est susceptible de dévelop
per l’attrait des entreprises et des
salariés pour les apprentissages
numériques.

Les entreprises à
présent sensibilisées


Aujourd’hui, déjà, selon une en
quête de l’Afinef, neuf entreprises
interrogées sur dix (publiques
comme privées) indiquent avoir
eu recours au moins une fois à
une stratégie e-learning. Et six
sur dix se sont engagées dans
cette voie depuis au moins trois
ans. Essentiellement pour opti
miser les coûts, jusqu’à présent,
mais aussi pour améliorer leurs
opérations de formation et les
déployer, plus rapidement et à
plus grande échelle, au sein de
leurs effectifs. Des stratégies qui
ne sont plus exclusives aux grands
comptes.

“Il y a urgence”

Imposer le
made in France
sur le
marché international de l’édu
cation numérique
? Les Français
veulent y croire. À
condition d’agir
vite, au vu de la rapidité d’évolu
tion du secteur.
“Il y a urgence
,
assure Yves Dambach,
tout va
se jouer en quelques années. Le
monde ne nous attendra pas.”
D’où l’importance, pour les profes
sionnels du e-learning, de se pen
ser en filière. Et demain, peut-être,
en branche.

Notes   [ + ]

1. Organisées le 8 octobre dernier.
2. Décret n° 2014-935 du 20 août 2014,
JO
du 22 août.
L’Inffo

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