Itinéraire
Richard Lainet, capitaine pénitentiaire
Richard Lainet est chargé du personnel de l'administration pénitentiaire et des services judiciaires, du recrutement jusqu'à la formation continue, dans les départements de l'Indre, d'Indre-et-Loire et du Cher. Le goût de la formation lui est venu par la pratique.
Par Guilherme Ringuenet - Le 13 juillet 2026.
Une vie derrière les barreaux a de quoi effrayer, même lorsque l'on se retrouve du bon côté. L'univers carcéral a mauvaise presse : l'imagination se raidit à l'évocation de cet environnement qui peut parfois être brutal. Et pourtant ! Richard Lainet ne regrette rien. “J'aurais pu devenir boulanger. C'est finalement vers la sécurité que je me suis tourné", sourit le fonctionnaire de 52 ans.
La France compte quelques 187 centres pénitentiaires. En vingt-huit ans de carrière, le capitaine a franchi bon nombre de ces grilles et autres portes à alarmes sans jamais avoir le sentiment de vivre un calvaire. La raison ? La diversité des missions. “Surveillant pénitentiaire, ce n'est pas être qu'un simple porte-clés. Dans la même journée, vous êtes pompier, policier mais aussi psychologue. Vous travaillez aussi à l'évaluation de la personne détenue et la définition d'un plan d'action pour celle-ci, en binôme avec le conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP)", énumère le natif de l'Allier.
Fibre pédagogique
Au fil du temps et des mutations, désireux de progresser professionnellement, Richard Lainet potasse le Code de procédure pénal et le Code pénal pour préparer les concours en interne : de premier-surveillant (actuellement brigadier-chef), le voici major, puis chef du personnel et, enfin, capitaine.
L'expérience aidant, le professionnel se découvre une appétence pour la formation. “À force de présenter mon métier à des jeunes publics et en étant missionné comme moniteur sécurité incendie, j'ai senti en moi une fibre pédagogique se développer", annonce l'agent formateur. Encouragé par ses collègues, qui lui confirment ce qu'une petite voix intérieure lui souffle, il décide de se consacrer pleinement à la formation professionnelle dans son administration. En 2014, après un nouvel examen réussi, il devient formateur des personnels. “Dans notre métier, la formation est centrale. Compte tenu de la diversité et de la variété du travail, il faut que les agents maintiennent un haut niveau de technicité", explique-t-il.
“Une liberté stimulante"
En tant que responsable de pôle de formation, Richard Lainet est chargé d'appliquer la lettre-cadre de 2018 portant l'organisation de la formation statutaire des surveillants. “Un agent de la pénitentiaire doit avoir cinq jours de formation annuelle", rapporte-t-il. Le capitaine dispose d'une liberté pédagogique qu'il estime “stimulante". “Mon équipe et moi sommes totalement autonomes dans la conception des formations. J'ai cette chance de pouvoir construire un module et de le voir vivre à travers les actions", s'enthousiasme-t-il, avant de conclure : “L'administration pénitentiaire, on ne choisit pas forcément d'y entrer, mais on peut choisir d'y rester."


