Se former avec des podcasts

Simplicité d’élaboration, praticité d’utilisation, possibilité de mesurer les performances des utilisateurs, l’utilisation de podcasts dans l’univers de la formation professionnelle commence à se développer dans les entreprises, notamment depuis le premier confinement. Une pratique rendue possible par les progrès technologiques de l’outil.

Par - Le 29 août 2021.

Directrice commerciale France de Kellog’s, leader hexagonal du marché des céréales du petit-déjeuner, Aude Pichaud était, avant même l’arrivée de la pandémie du coronavirus, à la recherche de formats innovants en matière de formation professionnelle. Dès le début du premier confinement, elle décide d’utiliser les podcasts pour former ses “forces de vente” (une soixantaine de collaborateurs), basculées en télétravail pour la plupart d’entre elles.

“Les formations délivrées dans notre groupe sont riches et variées, mais nous avons été séduits par ce nouveau format qui a pénétré les habitudes des Français”, explique-t-elle.

En collaboration avec la société spécialisée Tootak, elle élabore donc cinq séries de podcasts de trois minutes abordant une sélection de problématiques liées à la vente (négociation, prospection, relance, etc.).

Quelques mois après cette expérimentation, elle se dit ravie du résultat. “Les réactions de mes collaborateurs ont été enthousiastes, si j’en juge par le taux de satisfaction élevé qu’ils ont manifesté. Le taux d’écoute s’est élevé à 85 % et le taux de bonnes réponses au questionnaire validant la formation a atteint le score de 82 %”, se réjouit-elle.

Des formats plébiscités par les utilisateurs

Apparu au début des années 2000, les podcasts, ces contenus audios numériques (ou “outils de baladodiffusion”) disponibles grâce à la technologie du flux RSS ont décollé ces dernières années. “Les progrès technologiques les ont rendus bien plus pratiques et accessibles”, confirme Pierre Denis, le directeur général de Tootak, qui propose ce type d’outils à de nombreuses entreprises (Ferrero, Henkel, Pernod-Ricard). La diffusion à la demande représente l’un des grands avantages du podcast, que l’on peut écouter à tout moment et n’importe où. “Le confinement a boosté la demande des entreprises souhaitant former leurs collaborateurs confinés à leur domicile”, confirme-t-il.
Directeur France de la banque Milleis (ex-Barclays), spécialisée dans la gestion de patrimoine, Patrick Thiberge, lui-même grand consommateur de podcasts à titre personnel, “durant ses joggings”, s’est converti au “podcast learning” pendant le confinement, 90 % de ses collaborateurs ayant basculé en mode distanciel.

Très vite, il sélectionne une quinzaine de produits financiers, de l’“OPCVM” au “SCPI”, que ses gestionnaires se doivent de maîtriser sur le bout des doigts face à leurs clients. En collaboration avec une entreprise spécialisée dans la fabrication de podcasts, il contacte, pour chacune des thématiques retenues, l’interlocuteur le plus pertinent (connaissance du sujet, aisance dans l’expression orale), au sein de ses 30 agences.

Avec notre partenaire, à distance, sous la forme de jeux de rôle, mes « banquiers » ont parlé du sujet, de manière synthétique et imagée. Puis, notre prestataire a élaboré des podcasts, sous la forme de petites saynètes de trois minutes, pédagogiques, beaucoup plus parlantes et ludiques que la lecture d’un long mail”, indique-t-il. Une fois réalisés, ces podcasts étaient téléchargeables sur une application dédiée sur les smartphones desdits “banquiers”.

Praticité d’écoute

Avantage principal du podcast learning : sa praticité d’écoute pour les utilisateurs. “De mon côté, j’ai pu mesurer ceux de mes collaborateurs qui les avaient écoutés, qui avaient « liké » les programmes et relancer éventuellement ceux qui ne l’avaient pas encore fait. Certains nous ont confié qu’ils l’avaient écouté dans leur voiture, d’autres avant un rendez-vous client. D’autres encore avec d’autres collègues, afin de pouvoir en discuter ensemble”, souligne Patrick Thiberge.

Afin de valoriser cet outil de formation, la direction commerciale de Kellog’s France a également organisé des challenges mensuels entre commerciaux. “Certains responsables de ventes régionaux m’ont même proposé d’écrire des épisodes”, se réjouit Aude Pichaud, qui va concevoir d’autres podcasts en 2021, sur des problématiques sociétales (responsabilité sociale des entreprises, nutrition) jugées stratégiques pour son entreprise. “Ces podcasts vont devenir complémentaires aux formations digitales classiques que nous délivrons. Il s’agit d’une manière ludique, différente d’engager les équipes”, explique-t-elle.

Même enthousiasme pour ce nouveau type de format au sein de la banque Milleis. “Le retour sur investissement est imparable. Les 200 conseillers que compte l’entreprise sont susceptibles de les utiliser. La réalisation des podcasts est à la fois rapide et fluide. Cela va nous être particulièrement utile dans un univers, la banque, où le nombre de nouveaux produits est significatif, souligne Patrick Thiberge. Par ailleurs, cette auto-formation va nous permettre de bénéficier de davantage de temps pour la prospection commerciale proprement dite.

QUOI ? 

Possibilité d’élaborer des formats sur tous types de sujets et avec des durées variables.

QUAND ?  

Se former à tout moment, sur tous types de supports (smartphone, ordinateur),
chez soi ou dans l’entreprise.

POURQUOI ? 

Praticité pour mesurer le taux d’adhésion et de satisfaction des utilisateurs.


Articule publié dans Inffo Formation 1006 (accès abonnés), le magazine des acteurs de la formation professionnelle. Il paraît tous les 15 jours et propose des informations lisibles et opérationnelles.

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