Action collective de VAE à la Fnac

Représentée sur le territoire par ses 80 magasins, la Fnac a mis en œuvre une action collective de VAE dès 2004. La préparation des dossiers des candidats s’effectue dans le cadre d’ateliers propres à l’échange des diverses pratiques exercées. Une manière de développer le taux d’attachement des candidats à l’entreprise.

Par - Le 16 décembre 2008.

La Fnac s’est engagée très tôt dans une démarche collective de VAE en faveur des salariés de ses 80 magasins de France. “Dans un premier temps, les salariés n’avaient pas pris connaissance de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002[ 1 ]Chapitre II, “Développement de la formation professionnelle”, section 1, “VAE”. à laquelle nous nous sommes référés dès le départ. Nous avions d’ailleurs mis en place un premier dispositif de VAE avec le CFA Stephenson de Paris. Pour un développement en régions, nous nous sommes ensuite rapprochés de l’Éducation nationale”, rappelle Didier-David Loff, coordinateur formations et programmes d’intégration à la Fnac. “Au terme d’une réflexion, nous avons considéré qu’il y avait moins d’intérêt et de motivation pour un salarié à se lancer dans une démarche individuelle que de travailler en mode collectif en collaboration avec l’entreprise. Des ateliers de travail méthodologique entre différents salariés ont été instaurés, pour la préparation d’un même diplôme, voire de diplômes différents (les groupes sont de dix à quinze personnes). Dans ces ateliers, la présence d’un accompagnateur Fnac, qui a l’expérience des différents métiers de l’entreprise, est indispensable. Le binôme constitué avec l’Éducation nationale permet d’allier méthodologie et expérience du terrain. L’objectif étant d’aider les candidats à exprimer leur expérience, de passer d’une compétence intuitive à un « savoir-faire » écrit et structuré dans un document de 80 pages.
De manière générale, l’entreprise lance en fin d’année (novembre et décembre) une campagne d’affichage sur la VAE dans les différents magasins. L’information des salariés à ce sujet se déroule en janvier. Elle se traduit par le déplacement en région du personnel du service formation du siège, en collaboration avec les RH locaux. Une réunion de deux heures permet aux salariés de prendre connaissance de la démarche VAE sur une année. “Nous leur indiquons que nous serons toujours là pour les soutenir dans leur démarche, sur le plan méthodologique et psychologique”, souligne Didier-David Loff.

À l’issue des réunions d’information, les salariés intéressés par une démarche VAE se déclarent et sont sélectionnés par les RH locaux et l’équipe de coordination du siège de l’entreprise sur leur motivation. “Dès février-mars, nous organisons le premier atelier, d’autres suivent jusque fin juin-début juillet, ce qui correspond à la clôture des dossiers. Après la période estivale, en septembre, deux ou trois ateliers d’expression orale (relatifs à la présentation de son activité) sont organisés. Ils succèdent aux six ateliers de méthodologie écrite qui se déroulent au cours du premier semestre. Le passage devant le jury a lieu jusqu’à la mi-novembre.” Les diplômes de l’Éducation nationale visés sont les suivants : bac pro commerce (métiers de la vente) ; bac pro service (métiers “service client” comme hôtesse de caisse et SAV) ; bac pro logistique (métiers de la réception marchandises et du stock) ; BTS MUC (management des unités commerciales). Hors diplômes de l’Éducation nationale, les directeurs de magasins peuvent obtenir par la VAE les licences et master distribution.

Échange d’expériences

Didier-David Loff fait remarquer que cette action collective répond, dans une certaine mesure, aux réactions de salariés “qui se sentent bloqués sur le plan professionnel et qui souhaitent obtenir un diplôme pour valider leur expérience”. Cependant, ajoute-t-il, “certains salariés candidats à l’obtention d’un diplôme pensent à tort que ce dernier permet une évolution automatique sur le plan professionnel. Nous ne nous situons pas systématiquement dans cette perspective. Ce qui nous intéresse est d’aider les gens à se structurer pour être plus performants à l’avenir, notamment par le biais des échanges d’expériences dans le cadre des ateliers. Dans les bassins d’emploi, faute de candidats suffisants, nous rassemblons des équipes de nature différente pour obtenir un effet collectif dans la démarche VAE. Les échanges d’informations et la transmission des diverses pratiques entre les candidats créent un lien entre eux”.

Depuis 2004, 250 salariés de la Fnac ont bénéficié d’une démarche VAE. “La présentation du dossier d’un candidat est tributaire de l’avis de l’Éducation nationale qui, à la lecture du dossier, indique si le candidat a le niveau requis par rapport au diplôme visé. Son expérience professionnelle sert de base à la constitution de son dossier. Si le candidat montre une méconnaissance sur un item dans la rédaction de son dossier, le référent (responsable de service ou RH local) est invité par nos soins à apporter l’information complémentaire. Les candidats sont de tous âges et de toutes expériences. Le taux de réussite, qui oscille entre 80 et 90 %, témoigne de la bonne collaboration du triptyque RH locaux-DRH formation et Éducation nationale, et bien sûr des efforts du candidat.

Dans le cadre de cette action, les responsables de magasins laissent partir leurs collaborateurs neuf fois dans l’année, à raison d’une demi-journée par atelier. “C’est un investissement qui touche l’ensemble des salariés. Ce qui permet à certains d’être valorisés et de se positionner différemment dans leur activité.” L’entreprise ne “vend pas la VAE” car elle n’est pas liée à une augmentation de salaire ou de responsabilités. “À la Fnac, conclut Didier-David Loff, c’est le travail fourni et la motivation qui déterminent l’augmentation de la rémunération ou la prise de responsabilités.”

Notes   [ + ]

1. Chapitre II, “Développement de la formation professionnelle”, section 1, “VAE”.

Centre Inffo vous conseille également

Publicité
Keytoform