La VAE est plus que jamais une priorité

Une récente enquête du Centre d’études de l’emploi montre que la VAE, démarche individuelle, fait en réalité souvent l’objet d’un usage collectif. Par ailleurs, le gouvernement appelle à une simplification de la démarche, jugée trop longue et trop complexe.

Par - Le 16 décembre 2008.

Dans une récente étude[“La VAE : le difficile usage collectif d’un droit individuel”, octobre 2008, n° 58, [www.cee-recherche.fr[/footnote], le Centre d’études de l’emploi (CEE) relève que ce droit individuel que constitue la VAE a du mal à s’imposer. Depuis 2003, 77 000 candidats ont obtenu une certification par cette voie. Et, en 2006, sur environ 60 000 dossiers jugés recevables par les principaux ministères certificateurs, 26 000 certifications ont été délivrées. Un résultat bien inférieur aux prévisions gouvernementales, soit 60 000 certifications par an escomptées (rapport Besson, 2008). Le partage des responsabilités entre employeur et salarié – le “co-investissement” –, rendu possible par la loi dite de modernisation sociale du 17 janvier 2002, n’apparaît que rarement. L’enquête montre en effet que si les objectifs des salariés et des employeurs “n’entrent pas directement en conflit, on observe un certain nombre de dissonances”. En effet, dans la plupart des cas, les salariés n’ont pas formulé au préalable de projet personnel. Ils ont saisi l’occasion qui leur était offerte. Les employeurs sont le plus souvent dans une logique “prospective” : améliorer le niveau de qualification ou favoriser la mobilité interne pour accroître l’attractivité de métiers peu valorisés.

À l’inverse, les salariés semblent surtout rechercher la confirmation sociale d’une expérience accumulée, même s’il arrive que le processus de certification joue un rôle d’ouverture vers de nouveaux horizons, en relançant, par exemple, un projet de formation professionnelle. Par ailleurs, la reconnaissance salariale est très rarement observée, ce qui pose la question de la contrepartie pour le salarié, au-delà de la reconnaissance purement symbolique.

Configurations

L’étude fait état de trois configurations de mise en œuvre de la VAE. Dans la première, l’initiative de la démarche est extérieure à l’entreprise. “Elle revient à la branche professionnelle, éventuellement via l’Opca [Organisme paritaire collecteur agréé], ou à la région (DRTEFP, Conseil régional). L’entreprise saisit cette opportunité dans le but d’expérimenter une nouvelle politique de ressources humaines sur laquelle la VAE vient s’adosser. Son investissement porte essentiellement sur l’amont du dispositif : étude préalable pour déterminer les certifications pertinentes, négociation de l’accompagnement externe avec le certificateur.” Dans la deuxième, c’est l’employeur qui est à l’origine de la mise en place d’une démarche de VAE, “en affichant des objectifs de gestion des ressources humaines : valoriser le personnel en place à des fins de fidélisation ou, au contraire, faciliter des mobilités professionnelles externes. (…) La VAE est considérée comme un outil parmi d’autres afin de construire des parcours qualifiants ou de doter les salariés d’un signe extérieur d’employabilité via la certification”. Seule, la troisième configuration, qui se caractérise par la construction de métiers en émergence (aide à domicile ou médiation sociale et culturelle), permet une mobilisation de l’ensemble des acteurs autour de la VAE.

Simplification

À l’occasion d’un déplacement au siège de McDonald’s France à Guyancourt (Yvelines) le 10 octobre dernier, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a considéré que “la VAE donne aux salariés la chance de progresser dans la société en général”. Le ministre entend “valoriser et développer les bonnes pratiques sur le terrain”. Ajoutant : “Il faut faire savoir à tous les jeunes que la VAE existe. Il y a les diplômes acquis en formation initiale, mais pas seulement les diplômes. Il faut aider tous les acteurs à mieux s’approprier cet outil.” Actuellement, constate le ministre, “l’offre de formation est trop dispersée, l’offre de diplôme pas assez visible ; les démarches ne sont pas assez simples. L’efficacité de la démarche VAE passera par sa simplification”.

Le rapport d’évaluation de la VAE présenté le 4 septembre par Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la Prospective, à Xavier Bertrand, constate d’importantes déperditions de candidats aux différentes étapes de la procédure, jugée trop longue et trop complexe. Outre les pistes d’amélioration du dispositif préconisé par le rapport Besson, un groupe de travail, présidé par Vincent Merle (Cnam) et mis en place par le gouvernement dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle, réfléchit également dans ce sens.

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