Bienvenue aux Carrefours emploi-formation de la Wallonie

Par - Le 16 juin 2013.

“Vous êtes à la recherche d’un emploi ? Vous souhaitez trouvez la formation qui vous correspond, faire le point sur votre projet professionnel et connaître les métiers qui offrent des opportunités d’emploi ?” Vous pouvez alors vous rendre dans les Carrefours emploi-formation- orientation de la Wallonie, en Belgique.

Les Carrefours, qui constituent un service du Forem (le “Pôle emploi” belge), accueillent les transfrontaliers français qui sont à la recherche d’un emploi ou d’une formation en Belgique. Certains demandeurs d’emploi ayant des difficultés particulières d’embauche (chômage longue durée, public jeune, personnes handicapées…) peuvent d’ailleurs obtenir des aides belges. Ces mesures répondent aux objectifs que se donnent les États en termes de stratégie concertée pour l’emploi au plan européen. La “stratégie de Lisbonne” a précisé les objectifs communs, laissant aux États le soin de les concrétiser en matière d’emploi et de croissance, de formation et d’éducation. “Le Carrefour est un service de première ligne, c’est-à-dire qu’il constitue un interlocuteur privilégié mis en place dans ce cadre dans tous les pays européens. Les transfrontaliers sont ainsi reçus par des euro-conseillers. Nous recevons, compte tenu de la proximité avec la frontière française, des demandeurs d’emploi qui viennent chercher de l’information”, certifie Valérie Surinx, responsable du Carrefour
emploi-formation-orientation de Tournai pour l’axe emploi.

Les informations et les conseils portent sur la recherche d’emploi, la recherche de formations pour adultes, la création d’activité, et la clarification d’un projet professionnel. “Nous rencontrons de part et d’autre de la frontière la même pénurie de main-d’œuvre sur les métiers techniques, notamment. Quand nous parlons des métiers en tension, nous mettons également l’accent sur les métiers qui disparaissent, comme ceux propres au secteur du textile. En outre, certaines formations professionnelles ne sont pas accessibles aux transfrontaliers français, car pour en bénéficier il faut être inscrit au Forem en tant que demandeur d’emploi inoccupé”, poursuit Valérie Surinx.

Formation “promotion sociale”

Les formations professionnelles non accessibles sont celles proposées par les entreprises de formation par le travail (EFT) et les organismes d’insertion socioprofessionnelle (OISP). Les deux structures assurent des préformations : une formation de stagiaires en entreprise assortie d’un accompagnement psychosocial pour la première ; et une formation de stagiaires en recourant à une pédagogie adaptée pour favoriser l’acquisition de compétences générales et techniques (permettant ensuite d’accéder à une formation qualifiante) et à un accompagnement psychosocial, pour la Elle permet d’obtenir un niveau bac et d’acquérir une qualification pour exercer un métier (informaticien, maçon, sondeur…). C’est très ouvert”, fait valoir Valérie Surinx. En outre, faute de candidats, des sections de cet enseignement peuvent être amenées à disparaître, ce qui est également vrai pour d’autres formations.

L’environnement économique joue aussi : les sections couture et textile ont été supprimées “car il n’y avait plus d’opportunités d’emploi”. L’union fait la force…

L’accueil de demandeurs d’emploi par le Carrefour de Tournai entre dans le cadre de l’Eurométropole Lille-Kortrijk (Courtrai)-Tournai où quatorze institutions sont représentées. Chacune est signataire de la convention de coopération et assure, sur son territoire, l’application
des décisions prises au sein du GECT. “Les échanges d’offres d’emploi sont fréquentes entre Pôle emploi et le Forem. En tant que partenaire du Forem, nous donnons de la visibilité au marché d’emploi wallon et nous sommes le vecteur qui relaie les demandes des demandeurs d’emploi. Ces derniers ne viennent pas obligatoirement chez nous s’ils sont reçus par un euro-conseiller de Pôle emploi. Ils peuvent en effet bénéficier d’atelier de recherche d’un emploi en Belgique. Notre visibilité du tissu socioéconomique est important car il permet de mieux informer et orienter les personnes. Beaucoup d’employées de bureau françaises ne savent pas toujours qu’elles doivent maîtriser le néerlandais pour travailler chez nous”, prévient Valérie Surinx.

QUAND LA FORMATION AU NÉERLANDAIS OUVRE DES PORTES

En franchissant les portes du Carrefour emploiformation- orientation de Tournai, les transfrontaliers français ont à l’esprit des projets qui ne sont pas toujours satisfaits. “Les Français n’ont pas accès aux formations du Forem car pour cela, ils doivent être résidents belges et inscrits en tant que demandeurs d’emploi au Forem”, expose Dominique Menu, responsable de l’axe formation au sein du Carrefour.

Les demandes en formations des Français reposent sur le souhait de travailler en Belgique et d’obtenir une qualification, mais aussi sur le désir d’apprendre le néerlandais. “Certaines entreprises françaises du Nord demandent aux candidats de parler cette langue”, témoigne Dominique Menu. Dans le cadre du “Forum de l’emploi de l’Eurométropole”, le public français est “intéressé par la gratuité des formations belges mais il ne sait pas toujours que ces formations sont accessibles aux demandeurs d’emploi inscrits au Forem”.

Une des solutions est de suivre les formations “promotion sociale” pour apprendre le néerlandais ou devenir aide-soignant, profession qui constitue un métier en tension. “Dans le cadre de ces formations, le nombre de places est limité et certaines filières n’entrent pas dans la promotion sociale. Je pense par exemple au métier d’agent de sécurité ou d’agent pénitentiaire. Les Français ne peuvent donc pas suivre la formation permettant d’exercer ces métiers, à moins d’être embauchés en tant qu’agent de sécurité par une société belge. Cette dernière assurera alors la formation du nouveau salarié, mais il faut détenir la nationalité belge pour cela. Ce sont ces précisions que nous
fournissons quand les transfrontaliers français s’adressent à nous”, expose Dominique Menu.

Champ des possibles

Sur le territoire de Tournai, il existe 14 écoles de promotion sociale. “Les offres de formation sont larges et variées car elles touchent plusieurs secteurs, comme le bâtiment, l’énergie (chauffage), l’éducation… Notre rôle est d’ouvrir le champ des possibles aux demandeurs, c’est-àdire leur ouvrir le regard vers les métiers en tension. Ils auront alors plus de chance de trouver un emploi”, certifie Dominique Menu. “De manière générale, les femmes souhaitent trouver un emploi dans le secteur de la petite enfance, mais le marché est saturé. Nous leur disons d’ailleurs qu’elles risquent de ne pas trouver rapidement un emploi”, ajoute-t-elle.

La participation à une formation dans le cadre de la promotion sociale exige des prérequis (exigence de diplômes). Mais si la personne ne les possède pas, elle passe alors un examen écrit qui lui permet tout de même d’entrer dans une formation de promotion sociale. C’est ce qui fait toute la valeur de ce dispositif belge, en plus d’être conforme à son intitulé générique.

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