Des formations tout en anglais à Toulouse-I Capitole

Par - Le 01 juillet 2013.

Comme beaucoup d’autres organismes de formation
supérieure, l’Université de Toulouse-I
Capitole propose, depuis dix ans, des formations
tout en anglais. Entre 8 % et 10 % de ses 20 000
étudiants suivent des cursus dans cette langue,
en droit, en économie et en gestion. “Un quart
de mes étudiants viennent de pays non francophones
(de certains pays européens, de l’Amérique
du Nord et de la Chine). 10 % du corps
professoral ne sont ni français ni francophones !”,
détaille Bruno Sire, président de cette Université.
Pour lui comme pour d’autres responsables d’établissements,
la nécessité de développer des formations
en anglais répond à l’urgence de préparer
les jeunes aux exigences internationales, dont la
langue courante est l’anglais. La mobilité internationale
et l’insertion professionnelle exigent
également de parler cette langue.

L’anglais est la langue du droit européen

Toulouse-I Capitole, qui fait partie “des dix
meilleures Universités mondiales en économie”,
propose dans cette discipline la totalité de ses formations
du master 2 au doctorat (80 % d’étudiants
étrangers) entièrement en anglais. Plus de 1 000
étudiants français et étrangers sont concernés.
Idem pour la formation en management international,
dont le master accueille plus de 50 %
d’apprenants étrangers. Mais le droit est le principal
domaine concerné, avec “aujourd’hui dix,
et demain douze doubles diplômes” en partenariat
avec une dizaine d’établissements européens.
Ces derniers concernent plus de 250 étudiants.
Bruno Sire ne cache pas sa joie de diriger un
établissement dont la faculté de droit a été
désignée “Cité universitaire du droit” et obtenu
la célèbre et convoitée “Chaire Jean-Monnet”.
“Nous ne pouvons pas former des juristes
européens de demain dans une autre langue
que l’anglais, qui est celle du droit européen.
Si cela avait été le latin, nous aurions enseigné
le droit européen en latin !”, se défend-il. Il se
dit “pragmatique”, car dispenser des formations en
anglais ne fait que répondre aux exigences et aux
besoins actuels.

Selon le président, les apprenants non francophones
finissent leur parcours bilingues. “Personne
n’oblige les étudiants étrangers non francophones
à suivre des cours de français langue étrangère
(FLE). Ils apprennent le français en vivant en
France”, insiste-t-il.

Former pour l’insertion professionnelle

Outre la formation et la recherche, l’Université
a une mission d’insertion professionnelle. “Dans
notre région, nous avons une très grande entreprise,
Airbus, et un secteur aéronautique et
spatial très dynamiques. L’anglais est la langue
de travail de ces entreprises. Mêmes les noncadres
(secrétaires, chefs d’atelier, etc.) sont obligés
de la maîtriser. Les clients des sous-traitants
de ces entreprises, ainsi que leurs fournisseurs
travaillent également en anglais. Pour insérer
les jeunes, il leur faut donc maîtriser ce qu’on
appelle la langue de spécialité. Aujourd’hui,
c’est l’anglais”, soutient Bruno Sire.

Il ne comprend pas qu’on puisse, d’un côté, lui
confier la mission d’insertion professionnelle de
jeunes et, de l’autre, lui interdire d’enseigner en
anglais. “C’est un grand écart que je ne peux
faire. Pour remplir ma mission, il faut bien que
je forme des jeunes dans une langue qui leur
offre des opportunités d’emploi.” Qu’ils soient
Français ou étrangers, les étudiants concernés par
la plupart des formations que propose Toulouse-I
Capitole se destinent à des carrières internationales.
“Dans une situation économique où
la plupart des entreprises françaises sont en
grande difficulté, c’est une bonne nouvelle que
ces jeunes soient préparés à trouver des emplois
à l’international. À moins qu’on ne les
préfère à Pôle emploi, pour complaire à la loi
Toubon !”, s’emporte Bruno Sire, qui se réjouit
de ne pas être “le seul à enfreindre cette loi dépassée”.

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