Au salon Learning Technologies France.

La formation repensée grâce aux technologies appliquées à l’apprentissage

Le salon Learning Technologies France, dédié aux technologies appliquées à l’apprentissage individuel et organisationnel, s’est tenu les 23 et 24 janvier à l’Espace Champerret, à Paris. Il était placé sous le haut patronage de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé du Numérique. Experte du digital dans la formation, Sandrine Baslé, de Qualiview conseil, présente les raisons pour lesquelles les technologies de l’apprentissage vont bouleverser, positivement, la formation.

Par - Le 29 janvier 2018.

D’une part, les plateformes technologiques sont de plus en plus globales, intégrant tous les supports de formation et font le lien avec des enjeux de recrutement et de gestion du personnel (I). D’autre part, les outils digitaux favorisent l’appropriation des savoirs (II). Ainsi, les technologies vont permettre à la formation de gagner en rapidité et en agilité (III).

1. Les plateformes technologiques intègrent tous les supports de formation et font le lien avec des enjeux de recrutement ou de gestion du personnel

Les plateformes intègrent l’ensemble des contenus, y compris ceux générés par les utilisateurs

A la demande des responsables formation, les plateformes LMS (Learning Management System) qui gèrent les parcours d’apprentissage, intègrent peu à peu l’ensemble des supports numériques, que ce soit les supports de formation pour le présentiel, le e-learning, les classes virtuelles, la vidéo…
Parmi les contenus disponibles, il faut de plus en plus compter sur ceux générés par les utilisateurs eux-mêmes (User Generated Content), c’est-à-dire les ressources pédagogiques que les salariés mettent à la disposition de leurs collègues. Pour transformer leurs connaissances en ressources e-learning, les salariés utilisent de plus en plus les plateformes LCMS (Learning Content Management System).

Certaines plateformes intègrent la partie administrative et réglementaire de la formation

Les clients veulent aussi pouvoir intégrer la partie administrative au sein de la même plateforme : la programmation des sessions, les test de prérequis, l’évaluation à chaud et à froid, la génération de documents statistiques. Le formateur peut ainsi se consacrer plus fructueusement à des tâches à valeur ajoutée.

Enfin, certaines plateformes intègrent également le recrutement ou la gestion des compétences

Jerôme Bruet, vice-président de Talentsoft, va même plus loin, en indiquant que la formation n’est plus à part au sein de l’entreprise : « La formation devient un des moteurs forts du business et doit être intégrée dans la chaîne de valeur de l’entreprise. » Sa plateforme propose donc une solution intégrant le recrutement et la gestion des compétences.

2. Les outils digitaux favorisent l’appropriation des savoirs

Les technologies appliquées à la formation utilisent de plus en plus les neurosciences

Si l’on ne maintient pas ce qu’on a appris, on oublie. Sur ce point Guillaume Coppin, président-directeur général de Xos, est convaincu que pour lutter contre l’oubli, il faut aider l’apprenant à aller chercher le savoir qu’il a acquis et non pas lui répéter le savoir.

Dit autrement, pour Philippe Lacroix, cofondateur de IL&DI, « ce n’est pas la répétition du message mais la répétition de l’action de s’en souvenir qu’il faut mettre en place ».

Les technologies rendent le savoir disponible au moment où on en a besoin

En matière de sécurité aérienne, domaine que Marco van Sterkenburg, CEO de Drillster, connaît bien : « Pas le temps de rechercher dans le manuel. » C’est pour cela que son application, à partir de tests pratiqués régulièrement, calcule quand les connaissances déclinent et établit la fréquence de notification optimale selon les individus : « Nous intervenons juste avant que l’apprenant ne perde les connaissances qui lui sont essentielles », précise-t-il. En fonction de la localisation géographique, à partir d’un système de IBcon, Drillster pousse des formations courtes. Par exemple, avant d’entrer dans un avion, KLM a prévu un module de formation pour le personnel navigant lui permettant de réviser le système de fonctionnement spécifique des portes.

3. Les technologies appliquées à la formation permettent à la formation de gagner en rapidité et en agilité

Rapprocher le temps de la formation de celui des affaires

Pour être capable de présenter la bonne formation au bon moment, le responsable formation doit être proche du besoin. Pourtant, le temps de la formation n’est pas souvent celui des affaires : « Dans huit mois, parce que le plan de formation est déjà voté, ce n’est plus possible, c’est trop tard », explique Arnaud Blachon, CEO de Rise Up.

Aujourd’hui, Jerôme Bruet, de Talentsoft, est convaincu que le digital redonne de l’agilité à la formation en permettant de créer et partager rapidement du contenu : « Au niveau pédagogique, nous ne recherchons pas le joli, le parfait, le sexy, mais l’utile et l’efficace. Le savoir évolue rapidement et les contenus ne sont pas destinés à être gardés longtemps. »

C’est avec cet esprit d’agilité que Uptale a lancé en 2017 sa solution de réalité virtuelle qui permet d’intégrer du contenu interactif dans les vidéos à 360 degrés. Cette solution est partie d’une conviction d’Aurélie Truchet, cofondatrice d’Uptale : « La meilleure façon d’apprendre est en situation, en ressentant la réalité du terrain. C’est du learning by living. » L’application Uptale permet de recréer des environnements réels sans avoir à les modéliser car, comme l’indique Aurélie Truchet, « dans 95 % des cas, on n’a pas besoin de les modéliser ». Uptale est particulièrement approprié dans les environnements où la mise en situation réelle est compliquée, coûteuse et parfois même impossible, comme les usines, l’aérien ou les chantiers.

Les technologies appliquées à la formation redonnent du pouvoir aux salariés

Philippe Lacroix, de IL&DI, considère qu’il faut faire confiance aux gens car ils savent ce qui leur sera utile et bénéfique. Il donne l’exemple de l’Oréal : « Quand l’Oréal a proposé à ses employés des Mooc sur Coursera avec des certificats à la clé, qu’ils pouvaient relayer sur leur profil Linkedin, tous les crédits ont été utilisés en un mois et demi alors qu’il avait été prévu de les distribuer durant un an ! »

Pourtant, ce qui freine parfois cette agilité d’après Anne Gibassier, directrice des projets chez Micropole Institut, c’est le manque de maturité de certains clients sous-estimant, logiquement, au regard de la multiplicité des évolutions enregistrées ces dernières années, « le travail que cela va représenter de leur côté ». D’après Anne Gibassier, la formation digitale est encore souvent traitée comme une responsabilité en plus dévolue à un poste existant : « La personne n’a pas toujours le temps de vraiment s’y consacrer et de monter en compétence. » D’après elle : « On arrive à un stade où les entreprises doivent se professionnaliser et même se faire accompagner au niveau de la maîtrise d’ouvrage. »

Centre Inffo vous conseille également