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Le digital bouscule les métiers de la formation (Jeudi de l’Afref)

Par - Le 19 janvier 2018.

Les transformations massives et rapides induites par les nouvelles technologies bouleversent le marché de la formation et le quotidien des professionnels du secteur. Ce phénomène, qui pose la question de l’évolution des compétences des formateurs et de l’avenir de ce métier, était au cœur de la matinée organisée le 18 janvier par l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref).

« Aujourd’hui, dans le secteur de la formation, rares sont les offres d’emploi qui ne font pas référence aux nouvelles technologies », constate Marie-Luce Fily-Kerever, de l’Afref. L’essor du numérique se manifeste par l’émergence de nouveaux métiers – formateurs de classes virtuelles, chefs de projets e-learning, intégrateurs de contenus, etc. – et par une transformation des métiers existants.

Spécialisation et changement de posture

Dans l’ingénierie, Nadine Gagnier, membre du bureau de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) observe un phénomène de « spécialisation de la fonction autour de la conception pédagogique multimédia en mode projet » impliquant de disposer d’une bonne maîtrise des technologies.

Du côté des formateurs, l’évolution des compétences en matière de création de contenus et d’animation conduit à une modification de la relation avec les apprenants. « Le formateur est amené à passer de la posture de sachant à celle de facilitateur, médiateur ou modérateur », constate Nadine Gagnier.

Déficit de compétences

Cette transformation des métiers n’échappe pas aux professionnels en exercice. Selon une enquête de l’Observatoire des métiers et qualifications de la branche des organismes de formation, 68 % des formateurs sont conscients de l’impact de la digitalisation sur leurs compétences. Mais 74 % font état d’un déficit de compétences que ce soit en matière de conception de contenus ou d’animation à l’aide d’outils numériques.

Pour faire évoluer leurs compétences, les formateurs disposent d’une palette d’outils élargie. Les technologies leur offrent en effet de nouvelles opportunités d’apprentissage, comme le constate Anne-Valérie Santiago-Housseau, doctorante au Cnam. Les 18 formateurs qu’elle a interrogés dans le cadre de son enquête font appel à différents dispositifs : formation à la gestion de projets intégrant cours en ligne et expérimentations concrètes, partage de ressources via les réseaux sociaux, ou encore communautés en ligne telles que celles mises en place par les éditeurs de solutions de création de contenu.

Nouvelles méthodes de travail

Sur le terrain, les formateurs doivent aussi apprendre à travailler autrement. Par le passé, ils intervenaient tout au long du processus d’apprentissage. La tendance est à la spécialisation, ce qui pose la problématique de la collaboration dès l’ingénierie, selon Dorothée Cavignaux-Bros, doctorante et chargée de formation à Paris Nanterre. « Aujourd’hui l’ingénierie est partagée, elle n’est plus le fait d’une seule personne ».

D’où l’apparition depuis quelques années, précise-t-elle, de logiques de « codesign », de « coworking » ou de co-conception permettant de « rassembler tous les acteurs de l’ingénierie et de la formation en vue d’élaborer des dispositifs au plus près des usages des apprenants ». Quand les méthodes de travail des start-up s’immiscent dans le quotidien des formateurs…

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