Alexandre Ginoyer

« Le droit d’apprendre tout au long de sa vie doit devenir possible pour tout le monde » (Alexandre Ginoyer, président du CMA)

Par - Le 28 mars 2018.

Le Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie (CMA), devenu en 2017 une ONG internationale, partenaire officielle de l’Unesco, s’implique pour un droit d’accès sans conditions aux apprentissages tout au long de la vie. Alexandre Ginoyer, son nouveau président, présente sa feuille de route.

Quelles sont aujourd’hui les actions concrètes du Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie ?

A. G. – Le CMA rassemble une multiplicité d’acteurs divers : économiques, de la vie publique, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur… pour créer avec eux de l’intelligence collective. Il initie, stimule et accompagne les réflexions sur les ATLV et promeut des actions qui y sont directement liées.

Parmi ses réalisations concrètes, l’organisation de cinq Forums mondiaux dans divers endroits du monde. Le plus récent s’est tenu à Madrid en 2017 et avait pour thème « Concourir aux objectifs du développement durable par les ATLV ». Centre Inffo y est intervenu par la voix de son directeur général, Julien Nizri. Le prochain devrait se tenir en Amérique Latine et avoir pour thème « Les ATLV facteurs de paix ».

Le CMA participe à de nombreux colloques internationaux (Confintea VI, etc.) et travaux de recherche, et à des publications variées : site web, lettres, le livre des « douze ans d’engagement du CMA », avec des témoignages rapportés par nos délégués internationaux répartis dans 72 pays du monde.

Également à signaler, des commissions thématiques sur des thèmes en rapport (groupe « Reconnaissance des acquis », commission « Territoires apprenants tout au long de la vie », Commission Europe, etc.), l’initiation de projets européens dans le cadre d’Erasmus+. Ou encore la co-signature de la « Charte pour l’accès de tous aux compétences clés européennes » dont le CMA est l’un des promoteurs, et actions en faveur des compétences humaines et relationnelles, indispensables aux entreprises et aux organisations.

Comme vous le voyez, nous sommes très actifs, et, je précise, tous bénévoles !

Que pensez-vous du projet de réforme en France ?

A. G. – Tout ce qui va sans le sens d’une appropriation de ses propres compétences par l’individu (CPF) va dans le bon sens mais cela ne suffit pas : il faut à la fois accompagner les organisations à devenir véritablement « apprenantes », c’est-à-dire à apporter aux salariés des compétences multiples et pas seulement techniques, et il faut aussi que les territoires de toutes dimensions deviennent des écosystèmes dynamiques générateurs d’ATLV pour tous.

C’est pourquoi nous stimulons et accompagnons les « Territoires apprenants tout au long de la vie ». Au départ, s’y trouvent des acteurs volontaires représentant des organismes eux-mêmes volontaires pour se transformer en organisations apprenantes tout au long de la vie, maillés en un supra-réseau dont la finalité est, entre autres, d’amener à chaque personne du territoire une possibilité d’apprendre de manière très accessible pratiquement tout, à tout âge de sa vie… C’est par la combinaison de ces développements combinés, sur la personne, les organisations et les territoires, qu’une société passera à l’ère de l’éducation-formation par étapes cloisonnées à celle de la compétence pour tous tout au long de la vie.

Est-il facile de vous rejoindre ?

A. G. – Nous sommes une association 1901 de droit français, Nous avons fixé une cotisation modeste pour qu’un maximum de personnes physiques du monde entier puissent nous soutenir et nous rejoindre. La seule condition est de s’engager au respect de la Charte de valeurs et de comportements du CMA.

Nous avons aussi besoin du soutien de personnes morales. Le nouveau statut d’OING (ONG internationale) confère au CMA une responsabilité accrue auprès des personnes, des organisations privées comme publiques et des États. Nous voulons contribuer au maximum aux Objectifs du développement durable de l’ONU à horizon 2030. Aussi sommes-nous à la recherche de nouveaux partenaires qui pourraient nous apporter des moyens supplémentaires de tous ordres (voir bulletin d’adhésion sur le site). J’espère un soutien massif pour faire aboutir notre grand projet humaniste et solidaire.

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