Le président de l'Association pour la mobilité longue des apprentis en Europe, Antoine Godbert, le 7 juillet, avant l'intervention vidéo du député européen Jean Arthuis.

Un consortium pour promouvoir la mobilité longue des apprentis en Europe

Par - Le 08 juillet 2016.

Ce n’est pas un nouveau programme européen, mais c’en est peut-être l’ébauche. Une « Association pour la mobilité longue des apprentis en Europe » (le nom est provisoire) vient de se constituer pour porter de façon expérimentale une forme d’Erasmus de l’alternance.

Les membres français de ce « consortium » se sont réunis les 6 et 7 juillet à Paris au siège des Compagnons du Devoir. Il rassemble 33 centres de formation professionnelle de France (majoritaires, 16 centres), Allemagne (2), Croatie (1), Danemark (1), Espagne (2), Finlande (2), Hongrie (2), Italie (3), Pays-Bas (1), Portugal (1), Roumanie (1) et Slovaquie (1). À la rentrée 2016, ce sont 150 apprentis qui vont bénéficier de périodes de six à douze mois de mobilité dans un autre pays.

Le soutien de Jean Arthuis

Ce projet a débuté voici dix-huit mois et sera lancé officiellement les 20 et 21 septembre à Bruxelles. « Nous avons décidé d’accélérer la communication sur le lancement de notre association du fait de l’actualité et du contexte politique du Brexit », a expliqué le 7 juillet le président de l’association, Antoine Godbert, ancien directeur de l’agence Erasmus+ France. « L’année prochaine, nous fêterons le trentième anniversaire d’Erasmus et les résultats ont toujours été très positifs, a-t-il souligné. Mais aujourd’hui les mobilités d’apprentis ne bénéficient pas suffisamment de promotion. »

Ce projet-ci a reçu le soutien et même l’impulsion de l’ancien ministre des Finances Jean Arthuis, aujourd’hui député européen (UDI) et influent président de la commission des budgets du Parlement européen. « Cette association va nous permettre d’évaluer en temps réel le déroulement d’une première année d’expérimentation », a déclaré Jean Arthuis dans une intervention vidéo. Une deuxième rentrée est prévue en 2017, ensuite, rien n’est sûr. Même si l’idée est de continuer au moins jusqu’à la fin de la période de programmation européenne 2014-2020.

Le consortium va recevoir un financement de 786 000 euros pour couvrir les dix-huit premiers mois de l’expérimentation. Utilisés exclusivement pour l’ingénierie pédagogique, la préparation linguistique, et éventuellement combler les déficits de certains pays en termes de couverture sociale.

Chaque centre de formation qui va accueillir un jeune va en effet devoir construire des modules de mise à niveau linguistique avant le démarrage de la formation. Même si, pour sélectionner les jeunes, le critère principal est la motivation, ont insisté les partenaires.

150 jeunes apprentis concernés à la prochaine rentrée

L’initiative est particulièrement tournée vers les niveaux V, IV et III, mais s’adresse à tous les apprentis. Quel statut pour ces jeunes ? En l’absence d’un contrat de droit européen, les partenaires vont utiliser tous les dispositifs d’apprentissage qui existent dans les pays. Ces parcours seront validés, même si tout reste à faire sur cet objectif. Qui est d’obtenir des doubles ou triples reconnaissances.

« La rencontre de structures et de cultures aussi diverses — chambres consulaires, Maisons familiales rurales, branches professionnelles, etc. — autour d’un même projet est en soi extrêmement intéressante », s’est félicité le secrétaire général des Compagnons du Devoir, Jean-Claude Bellanger. « Nous avons l’habitude de faire voyager des jeunes sur des périodes courtes, de trois semaines. Ces parcours seront beaucoup plus longs et demanderont donc aux jeunes d’être beaucoup plus investis dans cette démarche. Une année après un CAP, après un BP, pour des jeunes de 17 à 19 ans exigera que nous soyons très attentifs, pour assurer une vraie réussite. » Et d’ajouter : « Ce projet doit nous permettre aussi de communiquer autrement sur les métiers. »

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