Les universités face à la réforme de la formation professionnelle

Les mesures phares de la loi « avenir professionnel » telles que l’ouverture du marché de l’apprentissage et la désintermédiation du compte personnel de formation offrent des opportunités aux services de formation continue des universités. S’en saisir suppose cependant de conduire d’importants changements au sein des établissements.

Par - Le 28 juin 2019.

Le 46ème colloque de la Formation continue à l’université (FCU) organisé à Nice du 26 au 28 juin intervient alors que d’importants chantiers sont en cours au sein des universités. Leurs services de formation continue, comme d’autres acteurs, sont amenés à se transformer pour répondre aux enjeux posés par la loi « avenir professionnel ». Dans le nouveau paysage, les universités entendent bien jouer un rôle clé. « Saisir les opportunités de la loi, profiter de la liberté d’agir pour positionner nos universités sur les différents marchés de la formation professionnelle est un enjeu stratégique majeur », rappelle Franck Giuliani, président de la FCU.

Adaptation aux besoins

Mesures phares de la loi, la réforme de l’apprentissage et la modernisation du compte personnel de formation (CPF), offrent de nouvelles opportunités aux universités mais bouleversent aussi les habitudes. Ouverture du marché et garantie de financement des contrats : avec la nouvelle configuration du système de l’apprentissage, « un boulevard s’ouvre pour le développement de l’alternance au sein des universités », estime Antoine Foucher, directeur de cabinet de la ministre du Travail qui intervenait en ouverture du colloque. Sur un marché devenu concurrentiel, les universités devront cependant faire preuve de réactivité et d’agilité. Et à termes, ce qui fera la différence, selon lui, « c’est la capacité à raisonner en termes de compétences et de besoins des entreprises et non plus en termes de diplômes ».

Capitaliser sur l’image de l’université

Alimenté en euros et mobilisable directement depuis l’application qui sera lancée fin novembre, le CPF rénové ouvre aussi des voies à explorer. À condition de s’adapter à la nouvelle donne.  Ce qui implique notamment, selon Antoine Foucher, de proposer « des modules de formation accessibles en dehors des horaires de travail ». Par rapport au secteur privé, « les contraintes administratives des universités peuvent s’avérer un handicap ». Mais ces établissements ont un atout : « leur image », sur laquelle ils doivent capitaliser.

Stratégie marketing

Reconnues pour leur Mooc [ 1 ]Massive online Open Corse, cours en ligne ouvert à tous, certaines universités auraient ainsi intérêt à faire davantage la promotion de ces nouvelles modalités de formation. « Rien n’interdit à un prestataire de valoriser ses formations gratuites sur la future application CPF », suggère ainsi Laurent Durain, directeur formation professionnelle au sein de la Caisse des dépôts et consignations. Pour être visibles sur un marché grand public plus ouvert, les universités devront accepter de s’engager dans des démarches marketing structurées. Un sujet qui fait d’ailleurs l’objet d’un des ateliers organisés dans le cadre du colloque.

Déployer des ressources commerciales et marketing, repenser son ingénierie pédagogique, adapter son offre à la logique des blocs de compétences, se positionner sur les actions de formation en situation de travail, se rapprocher davantage des acteurs du monde économique : les défis à relever ne manquent pas pour le monde universitaire.

Notes   [ + ]

1. Massive online Open Corse, cours en ligne ouvert à tous

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