Missions locales – « Le CEP rénové porte d’importants enjeux de coopération » (V. Dessen-Torres, France Compétences)

Qu’il s’agisse des acteurs, des territoires ou des outils, le nouveau cadre du conseil en évolution professionnelle repose sur l’intensification des coopérations. Véronique Dessen-Torres, directrice en charge des partenariats et territoires à France compétences, l’a rappelé lors d’une des conférences-débat des Rencontres nationales du réseau des Missions locales (Montpellier, 9 et 10 mai 2019).

Par - Le 14 mai 2019.

Du Conseil en évolution professionnelle (CEP) version loi de 2014 au CEP version loi de 2018, c’est un « cadre commun de description de l’accompagnement » qui s’est déployé, a expliqué Véronique Dessen-Torres, directrice en charge des partenariats et territoires, France compétences. La première période a permis de créer des liens entre les différents opérateurs, « notamment au niveau national ». Mais ce que montre également le bilan de quatre années de mise en œuvre, c’est que « les actifs ont eu moins accès à ce service » qui était jusqu’alors non financé. Ce qui reste à faire ? « Il y a un énorme enjeu de coopération entre les acteurs et de coopération territoriale, nécessaire à la construction d’ingénieries de parcours », a-t-elle insisté.

Coopération et coordination

Elle le souligne, si la loi Avenir professionnel a repris en grande partie les ambitions du CEP, une « impulsion différente » vient confier le CEP des actifs occupés à des opérateurs privés sélectionnés par France compétences pour un déploiement au 1er janvier 2020. Structurée à partir d’un opérateur régional, « qui peut être fondé sur un groupement », la commande publique s’inscrit dans le respect des compétences des autres opérateurs. Et dans le cadre d’un système qui laisse aux individus la liberté de choix de l’accompagnateur, la nouvelle donne requiert, là encore, de développer les coopérations. Ceci, d’autant plus que les opérateurs régionaux auront aussi à « rendre le service public régional d’orientation », souligne Véronique Dessen-Torres.

Pour Thomas Delourmel, directeur de l’emploi et de la formation à la Région Occitanie, il reste à préciser qui sera le responsable de « l’impulsion » et de la « coordination » de ces coopérations. Comme l’ancien responsable de l’Union nationale des Missions locales Michel Abhervé, il regrette que la loi n’a selon lui pas conforté la Région sur l’animation du CEP et redoute une montée en puissance du « tout marché » au détriment des coopérations territoriales. Pour autant et c’est Djamel Teskouk (CGT) qui le rappelle, le suivi de la mise en œuvre du CEP est désormais du rôle des commissions paritaires interprofessionnelles régionales (CPIR, voir notre article).

Outils partagés

Reste que, véritable fil rouge du nouveau cadre d’accompagnement, le renforcement des coopérations est également un enjeu pour le partage des outils. À cet égard, Patrice Guézou, directeur général de Centre Inffo, rappelle l’ambition de la communauté des utilisateurs du conseil en évolution professionnelle (Comcep), outil national collaboratif impulsé par la DGEFP en 2016 (voir notre article). Il est convaincu, que ce service au « carrefour des nouvelles postures » de l’accompagnement rejoint pleinement les enjeux du CEP rénové, en ce qu’il croise logiques professionnelles et enjeux de coordination territoriale.

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