Opco Mobilités entend être vecteur d’innovation et de synergies

Accompagner toutes les entreprises, y compris les start-up, dans l’évolution des compétences de leurs salariés et favoriser les coopérations inter-branches font partie des priorités de l’opérateur de compétences des métiers de la mobilité.

Par - Le 18 novembre 2019.

C’est à la Station F, lieu emblématique de l’innovation, que l’opérateur de compétences des métiers de la mobilité a choisi d’officialiser sa création et de présenter sa feuille de route à ses parties prenantes. En réunissant jeudi 14 novembre, 350 personnes au sein de ce campus de start-up qui accueille entre autres un incubateur consacré à la mobilité [ 1 ]Moove Lab, créé à l’initiative du Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) avec l’appui de Via ID, un investisseur spécialisé dans la mobilité, Opco Mobilités, opérationnel depuis le 1er septembre, affiche sa volonté d’innover pour aider les entreprises à recruter et à faire évoluer les compétences de leurs salariés.

Anticiper les mutations

Les entreprises opérant dans le transport de personnes et de marchandises sont particulièrement touchées par la transition écologique, la transformation digitale et les bouleversements économiques. « Un jeune qui s’engage aujourd’hui dans le secteur de la mobilité aura à se former tout au long de sa vie professionnelle. Il est essentiel que l’opérateur de compétences puisse accompagner les mutations à l’heure où les parcours linéaires sont déjà presque une exception », souligne Jean-Baptiste Djebarri, secrétaire d’État en charge des transports au ministère de la transition écologique et solidaire. C’est bien l’ambition affichée par l’organisme paritaire. « Notre responsabilité c’est de fournir les conditions nécessaires pour faire émerger les compétences dont auront besoin les entreprises », indique Patrice Omnes, directeur général d’Opco Mobilités. Faire en sorte « que les entreprises trouvent des salariés formés, que ces derniers soient sécurisés dans leur emploi et que les prestataires de formation aient les moyens de faire leur travail » font partie, selon lui, des enjeux auxquels doit répondre l’opérateur.

Accompagnement de toutes les entreprises

Jean-Louis Vincent, président d’Opco Mobilités ©Samuel Hervy-Opco Mobilités

Pour relever ces défis et devenir « l’opérateur de la mobilité sociale » comme le souhaite Jean-Louis Vincent, son président, l’organisme paritaire « doit être un lieu d’innovation et de recherche permanente ». Mais il doit aussi être « garant d’un équilibre entre toutes les entreprises », ajoute Jean-Louis Vincent. L’opérateur de compétences entend être à l’écoute de tous les employeurs, y compris les  start-up, et leur apporter un service à valeur ajoutée notamment en matière d’apprentissage. Cette mission s’avère en effet stratégique. « Avec l’apprentissage, vous avez maintenant la possibilité d’agir sur l’ensemble du champ de l’alternance, nous attendons beaucoup de vous en termes d’accompagnement des entreprises », rappelle Alain Druelles, conseiller à la formation professionnelle et à l’apprentissage au cabinet de la ministre du Travail.

Défi de l’apprentissage

Message entendu. Opco Mobilités vise une augmentation de plus de 15 % du nombre d’apprentis dans les trois prochaines années. Pour y parvenir, l’opérateur renforce ses équipes de conseillers en charge du développement de l’apprentissage dans les territoires et élabore une stratégie de promotion des métiers. Celle-ci passera par des « Villages de la mobilité » dans les manifestations locales et nationales et par une collaboration renforcée avec les Régions et l’Éducation nationale. Pour Bertrand Mazeau, vice-président d’Opco Mobilités, « il ne s’agit pas seulement de former plus d’apprentis mais de former mieux ». D’où l’accent mis sur l’amélioration de l’accueil des jeunes, le soutien à la formation des tuteurs, l’appui à la mobilité des apprentis et le suivi d’indicateurs : taux de ruptures de contrats, de réussite aux examens et d’insertion professionnelle.

Synergies entre branches professionnelles

Anticiper les futurs besoins en compétences tout en apportant des solutions concrètes aux entreprises qui font déjà face à des difficultés de recrutement fait également partie des priorités de l’opérateur. Le secteur de la mobilité compte actuellement 20 000 emplois non pourvus, rappelle Jean-Louis Vincent. Dès 2020, l’opérateur de compétences va augmenter son budget consacré à la préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC).  20 millions d’euros seront ainsi alloués au dispositif contre 16 millions en 2019.

L’opérateur de compétences entend aussi favoriser les synergies entre les branches professionnelles qu’il sert. « Tous les métiers vont devoir travailler ensemble. Des connections commencent déjà à se créer », souligne Jean-Louis Vincent. Un accord autour des métiers de la maintenance a ainsi été noué entre le Centre national des professionnels de l’automobile (CNPA) et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), précise-t-il. La coordination des politiques et des actions sera un enjeu de taille au sein de cet opérateur qui fédère 22 branches plus la RATP et représente 210 000 entreprises employant 1,6 million de salariés.

Notes   [ + ]

1. Moove Lab, créé à l’initiative du Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) avec l’appui de Via ID, un investisseur spécialisé dans la mobilité

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