TransCo bouscule les pratiques des acteurs de l’emploi et de la formation (événement d’actualité de Centre Inffo)

Dans le cadre de TransCo, les acteurs impliqués vont devoir travailler différemment. Territorial et co-construit, le dispositif les questionne sur leur capacité à se coordonner et coopérer. Premières pistes de réflexion avec des représentants d’opérateurs de compétences, d’AT Pro, du CEP et de la Direccte invités à témoigner lors de l’événement d’actualité de Centre Inffo du 30 mars dernier.

Par - Le 07 avril 2021.

Derrière le déploiement de TransCo se cache une petite révolution culturelle. Au service des reconversions professionnelles, le dispositif lance un défi à l’écosystème de la formation. Les différents acteurs vont devoir travailler en étroite collaboration et créer une nouvelle dynamique territoriale. Et, pour certains d’entre eux, sortir des sentiers battus. C’est un des enseignements livrés par l’évènement d’actualité organisé par Centre Inffo le 30 mars. L’instruction du 11 janvier cartographie le rôle des principaux opérateurs impliqués dans le dispositif TransCo tout en laissant chaque territoire s’organiser. Sur le terrain, les choses se mettent en place. Chacun cherche ses marques dans un dispositif expérimental et pragmatique. Les opérateurs de compétences sont très attendus sur le travail d’identification et d’accompagnement des entreprises.

 Accompagner les entreprises

Cette mission de proximité, déjà portée par la réforme de 2018, s’inscrit dans un contexte de crise inédite. « TransCo implique un travail d’anticipation de la part du salarié comme de l’employeur. Or, il est difficile dans cette période très incertaine de définir une trajectoire stratégique, notamment pour les plus petites entreprises », note Philippe Huguenin-Génie directeur général de l’Opcommerce. Les opérateurs de compétences peuvent intervenir dans le financement et la  mise en œuvre de la GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels), porte d’entrée du dispositif. L’instruction a prévu une procédure simplifiée pour les PME-TPE. « Dans le cadre de notre offre de services, nous réalisons de nombreux diagnostics RH qui se sont beaucoup développés avec la crise. C’est un point de contact intéressant et un premier état des lieux de la situation des entreprises », précise Arnaud Muret, directeur général de l’Opco EP. L’opérateur des entreprises de proximité va encore plus loin dans son implication dans l’expérimentation TransCo. Porteur de projet d’une plateforme territoriale, il a répondu à l’AMI (Appel à manifestation d’intérêt). « Cette démarche s’inscrivait dans le prolongement d’une enquête prospective réalisée par nos commissions paritaires régionales auprès de nos entreprises adhérentes et qui faisaient apparaître les mêmes problématiques que celles de TransCo », explique Arnaud Muret.

Accompagner les salariés

TransCo se déploie à l’initiative de l’entreprise et sur la base du volontariat du salarié. La réussite du dispositif repose donc sur cette articulation inédite. Les CEP (conseil en évolution professionnelle) et les AT Pro (associations Transitions professionnelles) y jouent un rôle clé. En Hauts-de-France, la Direccte et l’AT Pro de la région portent un projet de plateformes territoriales. « Nous avons travaillé très étroitement et en amont avec l’ensemble des acteurs, les onze Opco, Pôle emploi, l’Apec, les CEP ou encore le Conseil régional », précise Christophe Coudert, directeur général adjoint de la Direccte Hauts-de-France. Le projet TransCo implique des évolutions dans la façon de travailler. « C’est un nouveau métier pour nous auprès des entreprises et dans notre rôle de coordination. Un consultant sera entièrement dédié à TransCo et interviendra dans chaque territoire », explique Stephan Guenezan, directeur général de l’association Transitions Pro Hauts-de-France. Le CEP, lui aussi, devra adapter ses pratiques. « C’est un changement de posture pour nous. Dans TransCo, c’est le conseil en évolution professionnelle qui va vers le salarié lors de la réunion d’information dans l’entreprise à laquelle il doit assister et tout au long de son parcours », confirme Enis Saoudi, directeur de projet CEP au sein du groupement Evolution. Tous insistent sur la nécessité de faire de la pédagogie auprès des deux principales parties prenantes : l’entreprise et le salarié.

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